Conte : « Je veux être l'avocat qui défendra le peuple italien ! »

126 milliards €
Le coût des promesses électorales du M5S et de la Ligue a été évalué
par l'Observatoire italien des comptes publics à 126 milliards
d'euros.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Conte premier ministre ! Le programme de gouvernement de la coalition M5S et Ligue en Italie semble avoir été grandement édulcoré de ses mesures les plus contestées par nos européistes, du type la réduction de 250 milliards d’euros de la dette italienne ou encore la sortie de l’euro. Il faut dire que les pressions exercées sont violentes, comme elles ont pu l’être aussi bien sur Varoufakis ou Tsipras en Grèce, sans oublier le licenciement presque manu militari de Silvio Berlusconi lorsqu’il était Premier ministre par Sarkozy et Merkel. L’Europe ne veut pas mourir et n’hésitera pas à employer les grands moyens pour se maintenir.

Plus la situation deviendra tendue et complexe, plus économiquement les choses seront intenables et plus l’Europe qui ne veut pas mourir deviendra violente, répressive, autoritaire et dictatoriale.

L’Europe peut repousser l’échéance de son faire-part de décès, mais elle a déjà perdu depuis bien longtemps la bataille des cœurs et des âmes européennes. L’Europe, comme l’American way of life, sont deux idées, deux rêves qui se sont transformés en cauchemars sous la pression terrible du totalitarisme marchand mondialisé.

Il ne reste plus, pour tenir, que les manipulations, la propagande et, quand cela ne suffit plus, la violence « légitime » publique. Bienvenue dans ce nouveau monde effrayant.

Bienvenue à Globalia.

En attendant, si le petit village gaulois ne résiste plus (pour le moment, car Macron est en train de lasser grandement), les légions romaines, elles, tentent péniblement de se déployer.

Le premier discours de Conte, tout en ambiguïtés !

Le juriste Giuseppe Conte s’est adressé aux journalistes tout de suite après sa rencontre avec le président italien Sergio Mattarella, qui l’a désigné pour diriger le gouvernement, le 23 mai 2018 à Rome à sa sortie du Palais du Quirinal, l’Élysée italien.

Giuseppe Conte sait très bien que son gouvernement inquiète grandement partout en Europe tant ils sont considérés comme une union d’extrême droite et antisystème.

Ses premiers mots ont donc été prononcés dans un souci d’apaisement et à l’attention de ceux qui, en dehors des frontières italiennes, écoutent ce qui se passe aujourd’hui à Rome.

« Je suis conscient de la nécessité de confirmer la place de l’Italie en Europe et dans le monde »

Il a également parfaitement assumé sa participation à l’élaboration du programme commun présenté par la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, dit antisystème), un programme qui veut tordre le cou à l’austérité et énonce une volonté claire de renégociation des traités européens… ce qui sera évidemment refusé tout net par les instances bruxelloises, cela pouvant se comprendre tant il est compliqué à plus de 20 de réussir à trouver un accord quel que soit le sujet !

Conscience de la complexité de la situation

« Avec le président de la République, nous avons parlé de la phase délicate et importante que nous sommes en train de vivre. Là dehors, il y a un pays qui attend la naissance d’un gouvernement du changement et qui attend des réponses. »

« Mon intention est de donner vie à un gouvernement qui soit du côté des citoyens, qui garantisse leurs intérêts. »

« Je me prépare maintenant à défendre les intérêts de tous les Italiens devant toutes les instances européennes et internationales, en dialoguant avec les institutions européennes et les représentants des autres pays. Je veux être l’avocat qui défendra le peuple italien. »

Des déclarations tout en ambiguïtés. Il est pour le moment trop tôt pour dire ce qu’il va se passer. Nous n’avons pas de révolution immédiate à attendre ou à redouter en fonction de vos convictions.

Le gouvernement fera pschitt à la Tsipras, ou alors ce sera à la progressive, difficile, tendu, haché, comme peut l’être le mandat d’un Trump aux États-Unis. Enfin, il est probable que l’Italie et son nouveau gouvernement commencent par traiter le problème migratoire plus que le problème monétaire. Pour le reste il risque d’être un avocat dont la plaidoirie ne changera guère la sentence.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.