Contrôle de l'accès aux sites porno : les Français sont contre

11 %
Seuls 11% des Français juge que c'est à l'Etat de contrôler l'accès
des mineurs aux sites pornographiques.

Mauvaise nouvelle pour le gouvernement qui aimerait bien que l’accès aux sites pornographiques soient mieux contrôlés, surtout pour protéger les plus jeunes (les mineurs n’ayant, théoriquement, pas droit de surfer dessus) : les Français sont contre. Ils n’ont en effet confiance en personne pour la gestion de leur identité, et surtout pas aux sites Internet diffusant du porno.

Une « atteinte à la vie privée »

En juin 2020, le Sénat a adopté une loi, portée par la députée LREM Bérangère Couillard, visant à réglementer et surtout renforcer le contrôle de l’accès des sites pornographiques. Actuellement, en effet, une simple bannière demandant à l’internaute s’il a « plus de 18 ans » est affichée sur les sites, ce qui n’empêche en rien les mineurs de cliquer sur « oui ». La nouvelle réglementation vise, elle, à instaurer un contrôle plus poussé, par carte bancaire par exemple ou par le biais d’un service de l’Etat.

Le site La Voix du X, qui traite de la pornographie, a demandé à l’institut de sondage iFop d’interroger les Français sur ce sujet. Du sondage, publié le 24 juin 2020, il ressort tout simplement que ces derniers sont plutôt défavorables à cette réglementation : pour 57% des interrogés, devoir décliner son identité pour consulter un site pornographique est « une atteinte à la vie privée ».

Or, cette perception s’accompagne d’un manque de confiance généralisé : seuls 44% des interrogés auraient confiance dans un « organisme privé agréé par l’Etat » pour l’âge lors de l’accès à un site pornographique. Une confiance qui chute à 31% concernant les FAI et même à 13% concernant les sites pornographiques eux-mêmes.

Blocage des sites porno : inutile et inapplicable

Si le gouvernement français, comme d’autres avant lui qui ont par la suite abandonné, veut faire la tour de contrôle, les Français sont seulement 11% à juger que c’est son rôle. La grande majorité, 63%, juge que ce sont les parents qui doivent gérer l’interdiction des sites porno aux mineurs, dont ils sont par ailleurs responsables.

Et, surtout, les Français ne sont pas dupes : la loi est inapplicable 59% des interrogés estiment qu’il est impossible de réellement interdire l’accès aux sites pornos aux mineurs. Un simple VPN suffirait en effet à contourner ce type de contrôle, pour ne pas parler du réseau TOR. C’est d’ailleurs là la principale critique qui est faite à la loi.

Et pour ce qui est du CSA, qui serait alors chargé de faire appliquer la loi aux sites pornos, ils sont 72% à juger qu’il ne serait pas en mesure de ce faire.


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