Coronavirus, confinement et télétravail, comment le e-commerce va devoir faire face à une situation hors normes

13 %
Le trafic global sur les plateformes de e-commerce en France a
augmenté de 13% depuis le confinement.

Alors que la plupart des commerces physiques non-alimentaires et non essentiels ont dû baisser leurs rideaux, les Français se tournent vers les sites marchands pour s’approvisionner. Travail à domicile, éducation, téléconsultation, moyens de communication ou encore loisirs, le e-commerce va devoir répondre, dans les prochaines semaines, à l’ensemble des besoins des Français, des plus ludiques aux plus essentiels. Pour cela, les entreprises du e-commerce s’efforcent de mettre en place des mesures d’hygiène fortes afin d’assurer la santé des salariés et ainsi que la continuité de l’activité.

Les mesures prises par le gouvernement pour endiguer la pandémie de Coronavirus en France se sont traduites par la fermeture de la plupart des commerces non indispensables. Une réduction drastique de l’offre que les Français pallient en se tournant vers le e-commerce, et notamment vers les principales plateformes en France, Amazon, Cdiscount, FNAC ou encore Darty. Dans ce contexte éminemment particulier, marqué par une mobilisation croissante des acteurs économiques hexagonaux pour répondre aux défis posés par la pandémie, de LVMH, à Tereos ou encore de Pernod Ricard qui mobilisent leurs collaborateurs et leurs chaînes de production pour produire en masse des gels hydro-alcooliques, en passant par les initiatives issues de PME et d’ETI qui, pivotant leurs activités, mobilisent leurs salariés pour faire face, jamais la raison d’être des entreprises n’a autant été confrontée à la réalité. Une évolution des finalités et des services proposés qui se cristallise également dans le secteur du e-commerce qui doit désormais suppléer à la quasi-totalité des besoins des Français.

Le e-commerce pierre angulaire du dispositif mis en place par le gouvernement pendant la séquence de confinement

Même si elle a été somme toute graduelle, esquissée et préparée, pour nombre de Français, l’entrée dans une séquence de confinement total et national, le mardi 17 mars dernier au lendemain d’un discours d’Emmanuel Macron traversé de part en part par une rhétorique martiale, a provoqué une forme de sidération. Il s’est agi, et ce processus est encore loin d’être finalisé, de s’adapter, de continuer à vivre et à travailler, tant pour les étudiants que les actifs, dans un cadre foncièrement restreint et limité. Dans ce contexte de rupture avec les activités habituelles et du monde extérieur, même si les activités dites nécessaires demeurent autorisées sous réserve de présenter une attestation, le gouvernement fait le pari du e-commerce pour répondre à tous les besoins qui se posent aujourd’hui aux Français. Dans un tweet publié dans la soirée du 16 mars, quelques heures seulement après le discours d’Emmanuel Macron,  Cédric O, Secrétaire d’État chargé du Numérique, a rappelé que la vente en ligne, sous réserve que les dispositifs sanitaires nécessaires et les gestes barrières soient respectés, demeurait autorisée tout au long de la phase de confinement dans laquelle entrent les Français.

Un pari, et une confiance surtout, de la part du gouvernement qui se matérialisent également par des actes concrets avec notamment un décret pris le vendredi 13 mars par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud afin d’autoriser le travail du dimanche dans les entreprises de la logistique pour permettre d’assurer l’approvisionnement en produits alimentaires et non-alimentaires nécessaires. Si l’approvisionnement des magasins alimentaires constitue, à n’en pas douter une priorité pour l’exécutif — d’autant que les images de ces derniers jours entre craintes d’une hypothétique pénurie et premières manifestations d’incivilités ont agi comme un électrochoc — il convient également, dans les délais les plus courts, d’équiper les Français afin qu’ils soient parés à affronter la situation. Dans cette optique, l’ensemble des salariés opérant sur la chaîne allant de la gestion des commandes en ligne, notamment sur la partie digitale avec des plateformes web et des serveurs plus que jamais sursollicités, jusqu’à la préparation et la distribution des colis, a un rôle majeur à jouer dans « l’économie de l’arrière », pour reprendre un registre en résonance avec les récents discours présidentiels.

Activité essentielle à la poursuite de « l’activité économique », les entreprises du e-commerce mettent en place des mesures pour protéger les salariés

Au-delà des entreprises, la crise sanitaire met en lumière des hommes et des femmes indispensables au bon fonctionnement de l’activité économique. Et cela qu’ils exercent, ou non, dans la liste des Opérateurs d’importance vitale (OIV). Particulièrement mobilisés dans ce contexte, ils émettent des inquiétudes légitimes concernant les risques encourus lors de leur activité professionnelle. Si plusieurs d’entre eux sont préoccupés par leur santé et celle de leurs proches, les entreprises s’efforcent de leur apporter des garanties via des mesures concrètes.

Pour preuve, les entreprises du e-commerce, dans une démarche de promotion des gestes barrières, revoient l’organisation du travail au sein des entrepôts. En ce sens, Cdiscount a mis en place un plan de continuité d’activité afin de préserver la santé de ses collaborateurs. Si les salariés du siège social sont invités à faire du télétravail, dans les entrepôts le travail est profondément modifié. Dans cette optique, le e-commerçant a développé dans ses 10 sites logistiques des mesures d’hygiène et de « distanciation sociale » draconiennes : désinfection systématique, port de gants, marquages au sol pour les distances de sécurité, étalement des pauses et fermeture des espaces collectifs.

Les personnels les plus à risque ou ceux qui doivent garder leurs enfants peuvent donc être exemptés de travail. En dépit du contexte, et dans un souci de limitation de la densité dans ses entrepôts, de respect des gestes barrières et de distanciation sociale, Cdiscount ne procède pas à des recrutements massifs. Un moyen pour le e-commerçant de garantir une faible densité de personnel au sein de ses entrepôts. Activité essentielle dans cette période de crise, le secteur du e-commerce doit donc composer avec des règles sanitaires strictes qui entrent parfois en conflit avec les méthodes de travail habituelles. Mais le secteur, dans un souci de préserver la santé des salariés, en développe de nouvelles.

Une activité qui nécessite l’engagement des salariés

Deuxième site marchand le plus visité en France derrière Amazon avec plus de 20 millions de visiteurs uniques par mois et 12 000 vendeurs sur sa Marketplace, Cdiscount devrait connaître une croissance de sa fréquentation. L’activité du site marchand français, propriété du groupe Casino, ne devrait pas fléchir dans les prochaines semaines. Entre les besoins en matériel de bureautique pour le télétravail, en matériel électronique ou encore en biens de toute sortes, le e-commerce s’est imposé comme un maillon essentiel pour l’approvisionnement des Français en ces temps de confinement.  

Néanmoins, pour les semaines à venir, plusieurs acteurs du e-commerce ont annoncé prioriser leur offre de produits essentiels. Une façon de concentrer les ressources sur la réponse aux besoins les plus élémentaires. Ainsi, bien que Cdiscount continue par exemple à expédier toutes les commandes effectuées par les clients, l’accent est principalement mis sur les produits de première nécessité. Le e-commerçant français donne en effet la priorité à l’expédition des produits de l’alimentation, de l’hygiène, de l’animalerie, de la puériculture, ainsi qu’à l’informatique et la téléphonie. De cette façon, Cdiscount souhaite contenir le volume des commandes pour limiter les recrutements et éviter une densité de salariés trop importante. Un choix qui est motivé par le respect de la distanciation sociale dans les entrepôts du groupe.

L’économie des plateformes à l’heure d’une crise sans précédent

Si ces derniers mois certains observateurs, chercheurs ou encore acteurs politiques, questionnaient notamment la pérennité et l’utilité de l’économie des plateformes qui, et pour résumer à grands traits, se caractérisent par une logique d’agrégation de services afin d’accroître mécaniquement leurs nombres de clients, avec la disparition, momentanée certes, de tout un pan du commerce non alimentaire physique, ces plateformes, et la diversité de services qu’elles proposent, n’ont jamais revêtu un intérêt aussi stratégique. Hier nous parlions de les démanteler, aujourd’hui elles participent, avec l’ensemble de leurs collaborateurs, à “l’effort de guerre” pour faire face à la pandémie. Les leaders, sur le marché français, que sont Amazon et Cdiscount l’ont d’ailleurs bien compris, puisque, avant même que l’entrée dans le confinement ne soit effective, ces acteurs se sont adaptés au nouveau contexte social et sanitaire.

Accent mis sur les produits de premières nécessités (pâtes, conserves, produits d’hygiène et de la maison), de bureautique (ordinateurs, souris et clavier) pour équiper les écoliers, étudiants et les professionnels contraints de travailler à domicile, de papeterie (stylo et papiers afin de réaliser les attestations, notamment pour ceux ne disposant pas d’imprimantes) ou encore de loisirs (pour occuper et divertir notamment les enfants dans des contextes troublés), Amazon et Cdiscount ont très vite pivotés leurs service pour répondre à ces nouveaux besoins. Une évolution stratégique qui s’est également accompagnée de la priorité donnée aux salariés. Des mesures pour gérer leurs inquiétudes face au risque sanitaire, en passant par la pérennité du lien social pour les télétravailleurs, les entreprises se mobilisent en faveur de celles et ceux qui constituent la force de travail.


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