Coronavirus : pessimisme pour l'économie mondiale en 2020

0,1 %
La Banque de France ne s'attend plus qu'à une croissance de 0,1% au
premier trimestre 2020.

Il serait vain d’imaginer que cette épidémie du coronavirus n’ait pas un très fort impact sur l’économie mondiale et les marchés financiers. Les politiques ne pourront pas échapper aux débats. Il est difficile de prévoir aujourd’hui le développement du virus et les réelles conséquences en termes de santé. C’est cette incertitude, principal danger, qui est confirmée par les meilleurs spécialistes dans le monde, mobilisés pour combattre le coronavirus et traiter les maladies engendrées. Le constat est sans appel pour l’économie et la finance. L’ensemble des bourses mondiales, certes un peu hautes, a plongé et plus de 6000 milliards de dollars se seraient déjà évaporés à ce jour.

La Chine est à la fois à l’origine du virus, et aussi, en position de leader enclin à devenir le plus grand laboratoire pharmaceutique du monde ! Un paradoxe difficile à nier ! Cette ambition a été rendue possible grâce à la complicité de la plupart des pays de l’OCDE dont la France. Les États-Unis pour leur part se sont toujours tenus à l’écart. Mondialisation aidant, ça n’est pas le cas dans les domaines de haute technologie où le rôle de la Chine est essentiel, cette fois-ci pour « tous ». Mondialisation et délocalisation sans compter, toujours au nom du libre-échange, ne seront pas sans conséquences.

L’OCDE dans un rapport récent est très pessimiste. Allant même jusqu’à affirmer que les conséquences potentielles pour l’économie mondiale, accompagnées d’une crise financière, seraient identiques voire supérieures à celle de 2008 !

Deux scénarios sont envisagés pour estimer les prévisions

Le rapport de l’OCDE en précise les conséquences. Le premier scénario imagine un pic de l’épidémie qui pourrait être atteint à la fin du premier trimestre et une reprise progressive au second semestre. C’est d’abord le commerce mondial qui serait affecté avec une baisse spectaculaire de 1,4% jusqu’à l’été avec un ralentissement de celle-ci autour de 1%. Dans ce cas, l’ensemble de la croissance ne baisserait que de 0,5% par rapport à celle de 2019. On pourrait compter sur un taux de 2,4%.

Le second scénario est beaucoup moins optimiste si l’épidémie se transformait en véritable pandémie et que le virus se propage sans véritable contrôle. Cette option considère qu’aucune atténuation de transmission du virus n’est envisagée à l’arrivée des premières chaleurs. La croissance en Chine serait la première affectée. La baisse du PIB mondial se situerait autour de 1,4%. La plus grande partie du ralentissement économique serait ressenti en Asie, ne pas oublier que le Japon, la Corée du Sud et l’Australie font partie du lot asiatique. L’Amérique du Nord y serait moins sensible. Qu’adviendra-t-il du rapport sino-américain ? Les conséquences au plan européen seraient lourdes. Bien entendu, les échanges commerciaux pourraient diminuer de 3% au plan mondial.

Qu’en sera-t-il en Europe et en France ?

L’analyse des retombées en Europe et en France est faite en se basant sur l’hypothèse du premier scénario. C’est lui qui retient l’attention des économistes et des politiques. Les bourses ont dévissé. De leur côté, les Banques centrales affirment veiller au « grain » et pouvoir intervenir à grande échelle. Dans le monde entier des milliers de chercheurs et de spécialistes dans le domaine de la santé, mobilisés contre le coronavirus et contre sa propagation, restent réservés et se gardent d’être affirmatifs quant au choix du scénario, face encore à un certain « inconnu ».

Les répercussions de cette épidémie sont et continueront à être visibles dans le tourisme, les loisirs, le commerce de luxe, les transports maritimes et aériens, le monde automobile, etc. Peu de pays y échapperont. Les conséquences pour la France sont annoncées comme plus tardives mais tout à fait sérieuses. Ce sont les petites et moyennes entreprises qui en souffriront le plus. Si la France voit sa croissance encore diminuer, elle se situera à peu près dans la moyenne européenne à 0,9% au mieux. Il n’est pas exclu que certains pays dans la zone euro entrent en récession. Ce sera le cas de l’Italie fortement impactée et de l’Allemagne, déjà en difficulté et privée d’exportations. Les conséquences du Brexit se feront aussi sentir avec un Royaume-Uni en difficulté.

Le coronavirus confirme la passivité endémique de l’Union européenne

Le coronavirus pourrait-il être révélateur dans l’Union européenne d’une situation économique qui ne pourra plus se résumer à des comparatifs technocratiques de chiffres entre États ? Si la crise sanitaire tient les européens en haleine, le réveil sera difficile. Très vite, il ne faudra pas oublier qu’à l’Est, c’est la Grèce, aux frontières de l’Union européenne qui est en première ligne devant une pression migratoire accentuée par l’attitude permanente conflictuelle de la Turquie. Bruxelles ne peut se contente de réaffirmer sa solidarité, avec quelques « Frontex » pour calmer le jeu ! La contamination et la dissémination du coronavirus de son côté ne s’arrêteront pas aux confins de la mer Égée...


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Jacques Martineau

Après un long parcours scientifique, en France et outre-Atlantique, Jacques Martineau occupe de multiples responsabilités opérationnelles au CEA/DAM. Il devient DRH dans un grand groupe informatique pendant 3 ans, avant de prendre ensuite la tête d'un organisme important de rapprochement recherche-entreprise en liaison avec le CNRS, le CEA et des grands groupes du secteur privé. Fondateur du Club Espace 21, il s'est intéressé aux problèmes de l'emploi avec différents entrepreneurs, industriels, syndicalistes et hommes politiques au plus haut niveau sur la libération de l'accès à l'activité pour tous. Il reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre National du Mérite et pour l'ensemble de sa carrière, le ministère de la recherche le fera chevalier de la Légion d'Honneur.