Le coronavirus sera pire que la crise de 2008 (mais pas longtemps)

0,6 %
La crise économique de 2008 avait fait reculer le PIB mondial de 0,6%
en 2009.

C’est la comparaison qui est faite régulièrement, car ce sont les deux dernières crises économiques majeures de l’histoire : le coronavirus fera-t-il plus ou moins mal que la crise de 2008 ? Le Fonds monétaire international (FMI) donne une réponse : ça fera plus mal, mais moins longtemps. Et c’est tout à fait logique.

Attendez-vous à une récession mondiale en 2020

C’est désormais admis : il va falloir faire une croix sur la croissance mondiale en 2020. La France s’attend à une récession de 1%, l’Allemagne, beaucoup plus pessimiste, prévoit au moins 5% de récession pour le pays, la BCE se range plutôt du côté de la France… bref : personne ne sait vraiment à quoi s’attendre, d’autant plus qu’on n’a pas exactement les chiffres de l’impact en Chine et que les États-Unis n’en sont qu’au début de leur crise.

Pour le FMI aussi, la croissance mondiale sera totalement à l’arrêt. Sur l’ensemble du monde, l’économie sera bien en récession en 2020, selon les déclarations de la directrice, Kristalina Georgieva. Mais le FMI ne s’essaye pas à l’exercice de savoir de combien l’économie sera en récession. Elle sera en récession, et c’est déjà suffisant.

Pire que la crise de 2008 ? Oui, mais…

Le FMI va plus loin, toujours sans estimer la récession mondiale, en disant que la crise du coronavirus aura un impact bien pire que celle de 2008. De fait, on peut tenter de faire une comparaison.

Selon les chiffres du FMI, en 2009 l’économie mondiale était en récession de 0,6%, une récession qui a frappé bien plus durement les pays développés (3,16%) et surtout la Zone euro (4,08%). Il semblerait donc que les estimations de l’impact de la crise données par l’Allemagne soient bien plus réalistes que celles du gouvernement français.

Mais le FMI se veut optimiste : « nous nous attendons à une reprise en 2021 » a déclaré le 23 mars 2020 Kristalina Georgieva. Et la raison est assez simple, en fait.

Une crise sanitaire, pas monétaire…

La crise de 2008 était intrinsèquement liée à la crise des subprimes, les prêts immobiliers toxiques américains. Ce qu’il s’est passé est assez simple à comprendre : les Américains se sont retrouvés en faillite personnelle à cause des malversations bancaires. Ils ont acheté une maison avec de l’argent qu’ils n’avaient pas et, surtout, qu’ils ne pouvaient pas se permettre. Lorsque les taux d’intérêt ont explosé, ces familles n’ont pas pu rembourser le prêt, les banques ont fait faillite et la crise s’est ensuite étendue au reste de l’économie. Mais le point de départ est bien un crédit, donc de l’argent inexistant.

La crise du coronavirus, au contraire, est sanitaire : elle aura clairement un impact sur l’économie mondiale, mais il ne peut qu’être temporaire. Les gens ont toujours de l’argent (même plus puisqu’ils ne dépensent plus que le strict minimum pendant le confinement), et auront exactement les mêmes besoins après la crise. Les chantiers vont reprendre, la consommation aussi. Tout est mis « entre parenthèses » durant quelques mois.

Il faudra certainement du temps pour que la situation revienne à la normalité, et probablement les habitudes de consommation auront un peu changé, mais les besoins restent les mêmes.


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