Covid : un manque de coopération des assurances

2,2 milliards €
Les assureurs automobiles enregistrent un excédent de 2,2 milliards
d'euros du fait de la baisse des accidents liée au confinement.

Une fois n’est pas coutume, je vais décerner aujourd'hui un carton rouge à un secteur qui ne joue pas le jeu pendant la crise ; je cite à la barre : les assureurs.

Aucune flexibilité de la part des assurances

Bien sûr, ils sont sursollicités depuis plusieurs mois, avec des demandes de prise en garantie affluant de toutes parts. Mais, jusqu’à preuve du contraire, c’est exactement leur métier : garantir des événements exceptionnels, pour lesquels nous versons tous des cotisations, et pas un peu. Si vous comptez bien le nombre de contrats d’assurance dont vous êtes clients, entre les obligatoires, les complémentaires et les noyés dans la masse avec d’autres services, on dépasse très facilement la dizaine par foyer.

Si je sors le carton rouge, c’est bien évidemment parce que les assureurs n’ont en aucune mesure assoupli leurs procédures, alors que tout le monde a dû s’adapter à la situation exceptionnelle que nous vivons depuis maintenant bientôt neuf mois.

Une indemnisation compliquée

Prenez par exemple la garantie annulation voyage : si vous sollicitez l’assurance, c’est bien parce que vous avez été empêché de voyager, par exemple, par un test Covid positif. Alors, oui, vous êtes couvert, tout va bien. Mais pour pouvoir être remboursé, il faut demander des tas de justificatifs à des entreprises qui ne sont tout simplement pas en état de vous les fournir, alors qu’elles sont au bord du dépôt de bilan ou tout simplement fermées.

Les compagnies aériennes ont placé les 3/4 de leur personnel au chômage partiel. Les hôtels ne rouvriront pas avant l’an prochain, au mieux, du moins pour ceux qui peuvent rouvrir. Résultat : énormément de temps et d’énergie perdus, un sentiment d’injustice, et l’impression surtout que l’on espère décourager les demandes de prises en charge. En résumé : vous êtes peut-être assuré, mais pour être indemnisé, c’est plus difficile. Retenez bien la leçon.


A découvrir

Jean-Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.

Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. 

En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.

Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.

En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. 

Il a également été éditorialiste économique sur SUD RADIO de 2016 à 2018.

 

Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).