Après le Covid, y a plus qu'à !

11 %
Bercy table sur une récession en France de 11% en 2020.

Les réponses au sondage de Make.org auprès de 165.000 Français(es), réalisé par la Croix-Rouge française, le WWF France, le Groupe SOS avec Unis-Cité, le Mouvement UP, ne m’ont pas vraiment surpris mais tout de même fortement inquiété par la non prise en compte du financement de toutes ces idées et orientations.

 A quoi les français rêvaient-ils au sortir du confinement ? Ils ont répondu à la question : « Comment inventer tous ensemble le monde d’après ? ». Réponses qu’ils ont classées par ordre de priorité :

Consommer plus local et diminuer les importations en taxant le bilan kilométrique. Tendre vers une agriculture alternative, plus locale et moins intensive sans produit phytosanitaire. Limiter la production de déchets, éradiquer l’usage unique et favoriser le recyclage, le vrac, les matériaux biosourcés. Relocaliser les industries stratégiques de santé, alimentation et textile en France et en Europe. Repenser l’éducation en faveur de l’humain et de l’environnement, enseigner l’entraide et la coopération. Mettre l’environnement et le social au cœur des politiques publiques et de la fiscalité, taxer les pollueurs, récompenser les pratiques vertueuses. Progresser vers la ville durable en favorisant la construction écologique et la végétalisation. Favoriser les transports écologiques et diminuer le trafic aérien au profit du ferroviaire. Mieux traiter les métiers essentiels : enseignants, agriculteurs, caissiers, routiers, éboueurs, personnels soignants et les activités créatrices de valeurs sociales et écologiques. Augmenter la durée de vie des produits et faciliter la réparation, le recyclage, la réutilisation. Rendre plus attractifs les métiers de la santé et sortir les hôpitaux des logiques de rentabilité. Modifier en profondeur notre modèle économique pour tendre vers une économie responsable respectueuse de la nature, des ressources et de la dignité humaine. Protéger la biodiversité, les espèces et leur milieu au niveau national et européen. Améliorer le fonctionnement démocratique en donnant plus de poids à la participation des citoyens et en modifiant le statut et le train de vie des élus.

Avec la crise des gilets jaunes, celle du Covid-19, la propagande de Greta Grunberg, il n’était pas étonnant de voir nos concitoyens notamment les jeunes, basculer vers l’écologie, le développement durable, confirmés tout dernièrement par les résultats des élections municipales.

Ci-dessous un sondage effectué en novembre 2018 sur les priorités des Français.

Ces propositions si elles peuvent être très intéressantes et même utiles ont mis tous les sujets prioritaires antérieurs en sommeil. Ces derniers ont complètement disparu des radars, sauf bien sûr l’environnement qui était classé 5ème en 2018.

L’emploi et le chômage n’apparaissent plus alors que nous avons un nombre considérable de personnes sans emploi avec une prochaine accentuation des salariés en chômage, des entreprises en grande difficulté....

Les impôts et les taxes ne sont plus un problème dans la mesure où le gouvernement trouve facilement de l’argent !

 L’immigration a disparu des radars, la crise les a bloqués chez eux, même les problèmes liés à ceux qui sont déjà arrivés n’existent plus !

Diminuer les inégalités ? Le gouvernement va pouvoir, avec des milliards, les diminuer ou même les niveler !

Les déficits et dette d’état qui étaient en 6ème position ont disparu puisque l’état dispose d’une montagne d’euros. Il n’y a qu’à revendiquer pour que l’argent coule à flot, pourquoi se priver. De toute façon on ne remboursera jamais !

La sécurité qui a fait depuis longtemps la une des journaux, encore plus depuis les attentats et les diverses récidives, les gilets jaunes, les voitures brûlées, les banlieues : Envolée !

L’éducation tout va bien depuis qu’il y a Blanquer, le logement idem, plus de problème ou de sans abri dans la rue, il est vrai qu’il fait très beau.

D’ou vient cet argent qui arrive à flot ? Normalement l’état dispose de trois leviers pour se financer :

Faire des coupes budgétaires (pour baisser ses dépenses) ; Augmenter les impôts (pour accroître ses recettes) ; S’endetter auprès de créanciers disposés à lui prêter de l’argent.

Devant l’urgence c’est la dernière version qui a été privilégiée d’autant que les taux étaient à 0,047% voire négatifs quelques mois.

Il est intéressant de rappeler que les 5 politiques majeurs du budget sont

Éducation et Recherche : 100,9 milliards d’euros Défense et Sécurités : 64,5 milliards d’euros Politiques sociales : 52,8 milliards d’euros Développement durable : 11,2 milliards d’euros Justice : 9 milliards d’euros

En 2019, il a manqué 200 milliards pour boucler le budget, empruntés sur les marchés.

En 2020, la prévision est de 260 milliards, soit un déficit qui s’établirait à 11,4% et une dette qui se monterait à 120% du PIB.

Le Président avait bien tenté de réduire le déficit en dessous des 3% fatidiques, ce qu’il a réussi en 2017 à 2,8% puis 2,5% en 2018. Avec les gilets jaunes la courbe s’est inversée à la hausse et en 2020 ce sera catastrophique, du jamais vu sur une seule année.

Apparemment pour les français ce n’est plus important, seul compte l’établissement d’un nouvel environnement quel qu’en soit le coût !

Les productions seront françaises même s’il faut payer beaucoup plus cher. Nos chers français après avoir acheté asiatique ne se rendent plus compte du coût réel d’un produit fabriqué en France. Ce peut être 3, 4 à 5 fois plus cher. Devant le fait accompli, seront ils d’accord, leur porte-monnaie aura-t-il gonflé, par quel miracle, sachant qu’il y en a qui prônent les 32 heures, voire même 28 heures !

Tout le monde réclame plus, encore plus. Le personnel de santé, les policiers, les enseignants et j’en passe. Réclamons c’est le moment, l’argent arrive, un peu plus ça ne se verra pas. Par compte si ce sont des augmentations de salaires du public, ce ne sera plus la même chose, puisque tous les ans le budget va littéralement exploser. Adieu l’équilibre des comptes, les 3% !!!

Il ne sera vraiment possible de répondre à toutes ces demandes qu’en augmentant les temps de travail, pas des fonctionnaires, mais des salariés du privé. Le minimum serait les 40 heures. Cela sauverait la Sécurité sociale, la caisse du chômage, celles des retraites (sans faire de réforme autre que les 65 ans) et surtout cela relancerait l’activité en diminuant le chômage... Sans cela pas de salut. Ce sera l’enfoncement de la France vers les abymes, adieu l’écologie. Sans argent pas de politique, d’environnement et pas que.

Nota : Aux toutes dernières nouvelles le déficit estimé par la Banque de France devrait être de 9% et non plus de 11,4%.

www.danielmoinier.com


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Daniel Moinier

Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.

Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.