Covid-19 : vers une augmentation du prix du pass Navigo ?

90 %
Durant la crise du coronavirus, 90% des voyageurs ont déserté les
transports en commun.

L’Ile-de-France Mobilités (IDFM) fait face à de lourdes pertes financières, près de 2,6 milliards d’euros. Un gouffre qui pourrait être compensé par l’augmentation des tarifs Navigo. 

Une situation financière catastrophique 

Le constat n’est pas brillant pour l’autorité organisatrice des transports de la région. « Les pertes sont abyssales. ». L’autorité est « en cessation de paiement » et son déficit avoisine désormais les 2,6 milliards d’euros. Une des raisons principales de ce grand plongeon est la désertion des transports en commun durant la crise sanitaire, 90% des voyageurs ont arrêté de prendre ces transports. 

Un déficit qu’il va falloir éponger. Pour la présidente de région, il est inenvisageable que les usagers doivent supporter le poids du déficit. Cependant, cette décision mène automatiquement à une montée des prix du pass Navigo. 

Une forte augmentation 

Valérie Pécresse a cependant estimé que : « Pour rembourser 2,6 milliards de trou dans la caisse, il faudrait un impôt Covid sur les voyageurs de 20 euros par mois, une augmentation de 20 euros du pass Navigo! (…) Je m'y refuse résolument et absolument, ce serait totalement injuste ».

Une augmentation qui si elle a lieu pénaliserait les transports en commun et l’environnement. C’est en tout cas la position que tient Bernard Gobitz, vice-président de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports d’Ile-de-France qui déplorait sur BFM Paris «À une époque où on s'occupe beaucoup d'écologie, les transports publics sont les plus écologiques. Pénaliser ceux qui les utilisent serait une catastrophe ». 

Une réduction drastique de l’offre durant l’été 

Autre solution pour soulager le poids des pertes financières, la très forte réduction de l’offre durant la période estivale. L’IDFM n’ayant pas les moyens financiers nécessaires pour financer la RATP et la SNCF, l’offre pourrait réduire de 70% par rapport au service normal. 

Une réduction inimaginable pour la présidente de la région Valérie Pécresse « On ne peut pas réduire l’offre de transports dans une Ile-de-France qui doit se relancer ». Une autre solution envisageable : se tourner vers l’Etat. 

Une aide de l’Etat 

Afin d’éviter une hausse des prix et une réduction du service durant l’été, les associations de voyageurs et Valérie Pécresse ont décidé de se tourner vers l’Etat. Valérie Pécresse a été très ferme à ce sujet : « Je demande au gouvernement la compensation intégrale des pertes de recettes subies par les transports publics franciliens (...). Ce serait quand même assez paradoxal que l'État vienne renflouer le secteur de l'aéronautique, de l'automobile, et pas celui des transports, qui est populaire et écologique ».

Si une aide de l’Etat n’est pas apportée, le conseil d’administration d’IDFM craint un envenimement de la situation, ce qui « menacerait des centaines de milliers d’emplois en France ». 


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