Crédit immobilier : la Banque de France recadre les banques

33 %
Les bonnes pratiques en terme de crédit demandent à ce que les
mensualités ne dépassent pas 33% des revenus de l'emprunteur.

Finie la période dorée des crédits immobiliers accordés à tout-va, avec des taux historiquement bas et des durées historiquement longues ? Peut-être pas encore… mais les autorités bancaires commencent sérieusement à s’inquiéter. Après le Haut Conseil de stabilité financière, c’est la Banque de France qui a recadré les banques françaises.

Les « dérives doivent s’arrêter »

Lors de ses vœux de début d’année, tenus le 14 janvier 2020, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, n’y est pas allé par quatre chemins pour définir la tendance de ces dernières années en termes d’octroi de crédit immobilier. Il a tout simplement parlé de « dérives » et il a appelé à ce que ces dérives s’arrêtent. « Des comportements doivent changer, vite. »

« L'adaptation à l'environnement de taux bas passe par une vigilance accrue en matière de qualité et de tarification des crédits. » Les banques doivent faire attention car le risque est systémique : avec des revenus tirés des crédits qui sont, aujourd’hui, minimes pour les banques, les taux dépassant tout juste 1%, la bulle n’est pas loin.

Le capital pourrait venir à manquer

Les vœux de François Villeroy de Galhau ne sont guère différents des recommandations de la HCSF de fin décembre 2019 : cette dernière avait demandé aux banques de n’octroyer que des crédits dont les mensualités ne dépassent pas 33% des revenus du ménage emprunteur et dont la durée n’est pas supérieure à 25 ans. Dans le viseur, en particulier, les ménages primo-accédants, de plus en plus nombreux à franchir le pas du premier achat mais dont la stabilité financière est, malgré tout, fragile.

La Banque de France prévient même qu’elle pourrait prendre des mesures et demander une « surcharge en capital pour les prêts non conformes », et elle rappelle les bonnes pratiques : « les marges doivent être suffisantes pour couvrir les coûts et les risques associés aux crédits immobiliers. »

Le secteur a donc du souci à se faire tandis que les emprunteurs avec un projet pourraient avoir plus de mal, en 2020, à obtenir un crédit. De quoi inverser la tendance du marché immobilier qui a battu de nombreux records en 2019 ?


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