Syrie, FED... Que de funestes prévisions !

Une correction de 90 % des cours des actions est désormais envisagée
par les plus grands acteurs sur les marchés financiers.

Avant de vous parler de ces funestes prévisions – pas les miennes qui, comme chacun le sait, sont empreintes d'un optimisme béat –, non celles des autres, qui sont encore pires que les miennes, eh bien je vous propose un petit détour par la Syrie.

Oui, je sais, on vous en parle à longueur de journée. C'est vrai. Aimant appuyer là où ça fait mal, moi je veux vous parler de la Syrie vue de façon contrarienne !

« Pierre Piccinin libéré : « Malgré les épreuves subies, je vais bien »
L'enseignant belge de 40 ans, qui a été libéré dimanche après une détention de cinq mois exactement en Syrie, est déjà rentré en Belgique, ce lundi à 5h40. Il a confié au Soir ses impressions. »

Pierre Piccinin otage en Syrie enfin libéré !

Pierre ? Nous ne t'oublions pas ! Ha non, ça lui, il n'y a pas eu droit, et pour cause. Remarquez, il était retenu en otage en Syrie par les forces d'un horrible dictateur, un vrai méchant de chez méchant jusqu'au bout des ongles et même que quand vous le voyez avec ses petits yeux tout rouges couleur diable vous savez que vous avez à faire à la réincarnation du « malin » personnifiée... Bref, après 50 jours dans les geôles d'Assad, eh bien le type en question, journaliste sérieux d'un grand journal, a enfin été libéré par les vrais gentils, nos alliés, ceux que l'on arme avec l'argent de vos zimpôts levés dans une économie en forte croissance comme chacun sait.

Un instant... oui... ha... quand même... ne pas en parler ? Ha bon ? Mais pourquoi ? Ha oui, vu comme ça c'est gênant... Non rien mes chers amis, laissez tomber cette histoire de journaliste belge travaillant pour un journal italien, enlevé en Syrie (vive la mondialisation). C'est vrai, il est pas vraiment journaliste c'est un prof belge qui est parti en Syrie avec un copain journaliste italien.

Bref, ce qui est super drôle c'est que ces types-là ont été pris en otage par les supers grands gentils rebelles qui luttent contre le grand méchant loup Bachar... et ces deux ex-otages qui reviennent de là-bas ont commencé à raconter à quel genre de vraiment supers grands gentils ils ont eu à faire pendant quelques mois. Non, des gens charmants semblent-ils ! Bon en plus le type belge là, le « Pierrot », prof super à fond sur la beauté des révolutions et tout le machin (on voit déjà son profil psychologique tendance bobo-intello-gocho), eh bien il dit lui-même que : « C'est devenu trop dangereux pour les étrangers. L'ALS est en déliquescence. De nombreux groupes rebelles sont très radicaux, anti-occidentaux, antichrétiens même. La révolution n'est plus ce qu'elle était... » !

Faut dire que les supers méga gentils à qui on refile des zarmes avec l'argent de vos zimpôts, je le redis sinon ce n'est pas drôle, eh bien ils ont essayé par deux fois quand même de lui tirer une balle dans la tête, et quand il s'est évadé, il a passé un très mauvais quart d'heure après s'être fait reprendre... Avec une telle thérapie de choc, c'est vrai qu'il y a de quoi ébranler même les convictions les mieux ancrées de toutes nos belles âmes qui s'émeuvent de la guerre civile en Syrie que nous autres, occidentaux, ne cherchons en aucun cas à attiser (vous savez avec les zarmes livrées avec l'argent de vos zimpôts).

Pour votre tranquillité et la mienne, je ne vous ai évidemment rien dit car le scénario de notre leader Kim Jun-Il (dont le portrait, béni soit son nom et ses visions de grand leader, éclaire de sa grandiose majesté ce modeste papier) doit pouvoir se dérouler sans problème. C'est pour cela que la presse n'en parle pas ou peu. Évidemment, ce n'est pas moi qui vous donne le lien pour en savoir plus vers un odieux journal conspirationniste belge du nom du Soir... D'ailleurs, je vous interdis formellement de lire cet article subversif... N'oubliez pas que Kim Jun-Il là-haut « is watching you »... Il y a aussi cet article du Monde, histoire de dire « on vous l'a dit » et à la conclusion admirable de politiquement correct et en parfait décalage avec le reste de l'article. Au moins, on se marre.

Bon, revenons aux choses sérieuses. L'économie !

C'est un remarquable papier qui aurait échappé à ma sagacité sans l'aide précieuse de l'un de nos camarades contrariens qui m'a refilé l'information ce matin ! Un grand merci à lui pour ce petit trésor dont je vais vous faire profiter et qui vaut que je passe une bonne partie de ma journée et de ma soirée à traduire pour vous et surtout à vous en faire une synthèse (les vrais anglophones me pardonneront mais en gros, l'idée est là) !

Les marchés vont s'effondrer et les milliardaires sont déjà en train de prendre la poudre d'escampette !

Il y a en gros deux parties dans cet article.

La première est assez descriptive et démontre que certains milliardaires, et non des moindres, sont tout simplement en train de fuir les marchés boursiers américains comme européens. Bref, ils se retirent !
Parmi eux, que des très grands riches très connus, type Warren Buffet, John Paulson, Georges Soros. Il s'agit de garçons très sérieux ! Si eux s'en vont, je vous conseille vivement de vendre vos dernières actions si vous avez encore !

Ils revendent tout, mais alors tout et surtout ce qui est considéré comme de très belles valeurs comme Intel, Johnson & Johnson, Procter & Gamble et Kraft Foods, Sara Lee ! Ils se débarrassent également comme de la peste de tous leurs titres sur des valeurs bancaires comme JP Morgan, Goldman Sachs etc. !

La deuxième partie de cet article est plus économique, même clairement économique et tente d'expliquer comment une correction de 90 % (vous avez bien lu) des cours des actions est désormais envisagée par les plus grands acteurs sur les marchés financiers !

C'est un analyste du nom de Wiedemer qui explique son scénario sur lequel, d'après cet article, repose la fuite de nos grands milliardaires.


Que nous dit Wiedemer ?

Tout commence avec la stratégie imprudente de la Réserve fédérale qui a imprimé une quantité massive d'argent à partir de rien pour tenter de stimuler l'économie. Ce sont les fameux « quantitative easing » dont on vous rebat les oreilles depuis presque 5 ans désormais.

Pour lui, « ces fonds ne sont pas allés dans l'économie mais sur les marchés. Mais il y a une certitude mathématique. Tout cet argent finira par passer tous les barrages et l'inflation fera un bond ».

« Dès que vous atteignez une inflation de 10 %, les obligations du Trésor à 10 ans perdent environ la moitié de leur valeur. 20 %, leur valeur aura quasiment disparu. Les taux d'intérêt vont augmenter considérablement, et cela causera l'effondrement des valeurs immobilières. Conséquence de ces problèmes, les marchés actions connaîtront leur chute la plus redoutable. »

Mais ce n'est pas tout...

« Les entreprises devront dépenser beaucoup plus d'argent en raison de coûts d'emprunt très élevés, or en face il n'y a ni croissance forte ni une expansion du chiffre d'affaires ce qui conduira à une baisse très significative des marges, des dividendes beaucoup moins élevés, moins d'embauche et beaucoup plus de licenciements. »

Pour ceux qui parlent l'anglais ou le comprennent à peu près, vous pourrez regarder une vidéo qui mérite le détour si vous ne l'avez déjà vue.

En résumé

Que faut-il retenir de tout cela ? Que nous sommes à l'aube d'un krach boursier colossal, d'un krach obligataire phénoménal et d'une nouvelle étape de la crise qui a commencé en 2007, à savoir la crise obligataire et monétaire.

Soit la FED poursuit ses injections de monnaie sans résultat vraiment probant et de toute façon tôt ou tard cela déclenchera un épisode hyperinflationniste mondial, soit la FED arrête progressivement ses QE comme elle semble vouloir le faire et à ce moment-là les taux d'intérêt s'envoleront vers des sommets qui vont asphyxier purement et simplement tout le système économique.

Le baril de pétrole est à plus de 115 dollars, ce qui va largement diminuer la croissance économique mondiale. Les taux d'intérêt restent bas uniquement parce que les banques centrales rachètent massivement les obligations d'États en créant de la fausse monnaie. Sans cette aide massive, les taux vont bondir. Plus aucun acteur de l'économie ne pourra emprunter ni se financer. Les États surendettés, les ménages pour l'immobilier qui s'effondrera et bien sûr les entreprises.

Si les taux montent, personne n'a d'intérêt ni à acheter de l'or ni à acheter des actions mais uniquement des obligations d'États... Sauf que cette règle est vraie dans un contexte où les États seraient solvables. Or avec l'endettement cumulé, plus aucun économiste sérieux ne croit à la solvabilité des États (en tout cas en privé).


Conséquence logique : les marchés vont s'effondrer, les actions également, l'or pourrait baisser dans un premier temps avant que sa valeur ne se reprenne pour prendre en compte le risque majeur d'insolvabilité généralisée... Dès lors, son cours n'aura plus de limite, tout le monde ne voudra plus que ça... puisqu'au bout du compte, seul l'or passera cette étape finale de la crise. Nous y arrivons.

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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