Croissance : le déconfinement va (aussi) coûter cher

8,2 %
La Commission européenne s'attend à une récession de 8,2% pour la
France en 2020.

Si les Français peuvent enfin sortir de chez eux et qu'en juin 2020, la deuxième étape du déconfinement va avoir lieu avec l’ouverture des bars et restaurants, la vie n’est pas encore tout à fait la même. Le déconfinement, en effet entamé le 11 mai 2020, va lui aussi avoir un impact négatif sur la croissance en France. Et c’est tout à fait logique.

Le déconfinement va coûter cher à la croissance française

Difficile d’estimer l’impact réel du confinement et du déconfinement, mais la Banque de France s’y est essayée : le 9 juin 2020, elle donnera ses nouvelles estimations de croissance pour la France pour 2020 et 2021. Pour l’instant, le consensus parle d’un PIB en chute de plus de 8% pour l’Hexagone en 2020, mais la situation pourrait être pire.

Dans tous les cas, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la BdF, n’a pas laissé place au doute : le déconfinement, cette période un peu étrange que nous vivons, va coûter cher à la croissance française. Lors d’un discours devant la Société d’économie politique à Paris, le 25 mai 2020, il a estimé le coût du déconfinement à près de la moitié du coût du confinement.

La raison ? La vie n’est pas encore la même et, surtout, la consommation, pourtant moteur principal de l’économie française. Certains magasins tardent à ouvrir ou ne sont pas encore ouverts, bars et restaurants sont encore fermés, le tourisme international risque d’être au point mort durant l’été 2020…

Confinement et déconfinement : -9 points de PIB en 2020 ?

Les déclarations de François Villeroy de Galhau ne sont toutefois pas différentes des estimations annoncées jusqu’ici. « Nous savons déjà que l'acte I (le confinement général) a coûté à l'économie française près de 6 points de PIB annuel, et que l'acte II pourrait coûter en supplément au moins la moitié ».

Au total, donc, peu ou prou une baisse de 9% du PIB, une estimation un peu pessimiste par rapport au consensus, mais qui ne tient pas encore compte de la reprise de l’activité au deuxième semestre 2020 et surtout au quatrième trimestre qui va être stratégique.

La grande inconnue reste l’évolution du virus ou encore la très redoutée deuxième vague… et les mesures que le gouvernement devra imposer le cas échéant.


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