Le marché des drones civils sur la piste de décollage

L'impact économique de l'intégration des drones au système aérien
serait au total de plus de 13,6 milliards de dollars au cours des
trois premières années.

Parmi les ruptures technologiques espérées comme productrices d'emplois, il en est une sur laquelle la France a pris une belle avance: celle des drones à usage civil.


Nous connaissons les drones le plus souvent dans leur configuration militaire, et notamment via leur usage souvent controversé par les forces armées et autres services de renseignement américains. Leur plus-value est certes manifeste sur le plan opérationnel, mais bien loin d'être achevée sur le plan économique.

 

Car même si les drones militaires fournissent un ascendant sur l'adversaire aux forces qui en bénéficient grâce à leurs performances (endurance, portée d'utilisation, capacité d'emport, précision de localisation, voire de frappe), leur coût d'exploitation à l'heure de vol reste très élevé (entre plusieurs centaines et plusieurs milliers d'euros) et ne laisse, à ce jour, pas la possibilité d'envisager leur utilisation à des fins commerciales.


Une autre approche du monde des drones peut se définir par le croisement de plusieurs technologies aujourd'hui accessibles au grand public : micro-informatique, robotisation, alimentation et motorisation électriques miniaturisées, télécommunications haut débit, imagerie de haute résolution.


C'est sur cette autre « souche » technologique, issue majoritairement de l'aéromodélisme, que se fondent les espoirs de développement économique des drones. En effet, les coûts de production et d'opération de tels systèmes sont devenus accessibles à des start-up dédiées à leur fabrication, et à leur exploitation à des fins de prises de vues aériennes.


Ainsi naissent actuellement de nouvelles sociétés dont l'activité est celle d'un opérateur d'une flotte de mini drones au service de donneurs d'ordres pour fournir des images dans des conditions de simplicité, de rapidité et de qualité devenues très concurrentielles par rapport aux systèmes de prises de vues traditionnels (satellites, avions, hélicoptères, équipes d'inspections opérant par nacelles ou encordées).


Pourquoi des mini drones ? Bien sûr en raison des coûts de fabrication des systèmes, mais aussi pour des raisons règlementaires puisque la DGAC (Direction générale de l'aviation civile) a, en avril 2012, autorisé l'exploitation des aéronefs télépilotés de moins de 25 kg sous réserve de satisfaire un certain nombre d'exigences techniques, de qualification des télépilotes et de scénarios d'emploi.


Ainsi, les conditions de décollage d'un marché prometteur sont-elles désormais réunies et bien plus favorables en France que dans la plupart des pays occidentaux du fait de l'existence même de cette règlementation, que les USA ne mettront en place qu'à compter de 2015.


Reste à « évangéliser » ce marché, et à créer une véritable filière de ces petits drones à usage industriel pour en tirer le meilleur parti. Alors seront-ils d'éminents acteurs du redressement productif français !


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Stéphane Morelli

Stéphane Morelli est un ancien officier de l'armée de Terre, chef de corps du 61e régiment d'artillerie (régiment des drones et de l'imagerie de l'armée de Terre).
En décembre 2012, il a rejoint le groupe Hold Azur pour y créer le département AzurDrones, opérateur de drones civils et fournisseur d'imagerie aérienne.