La blague de fin d'année : la cryptomonnaie de Dieudonné

6422 EUROS
La valeur du Bitcoin, le 19 décembre 2019, était de 6.422 euros.

Ce n’est pas le premier avril, mais c’est tout comme : Dieudonné a annoncé le lancement de sa cryptomonnaie, le Sestrel (ce qui ne manque pas de rappeler le Sesterce, la monnaie de l’empire Romain). Un projet qui, s’il ne vous fait pas rire, doit attirer votre méfiance… les zones d’ombre sont légion.

Une annonce faite sur YouTube

C’est par une vidéo en ligne publiée le 18 décembre 2019 que Dieudonné M’Bala M’Bala a annoncé la création de sa cryptomonnaie, appelée le Sestrel. Une annonce qui est, d’ailleurs, un peu particulière par sa teneur. L’humoriste, adepte des théories du complot, y déclare en effet que « le Sestrel vient au secours de votre épargne que l'État français séquestre et s'apprête à saisir sous le prétexte d'une crise financière qu'il a lui-même orchestrée ».

Le projet est même à la limite de la mégalomanie puisque Dieudonné explique au magazine Capital que le Sestrel va se substituer à l’euro. Encore faudra-t-il convaincre Christine Lagarde, à la tête de la BCE, et tous les pays de la zone euro de l’adopter… le pari est loin d’être gagné.

Une potentielle arnaque à grande échelle ?

Le Sestrel est affublé de promesses grandioses, la première étant que la cryptomonnaie est annoncée comme « stable ». Or, aucune cryptomonnaie ne l’est à ce jour, la stabilité étant complexe car devant être indexée sur une valeur fixe qui évolue peu dans le temps. Même le projet Libra de Facebook, présenté comme stable car indexé sur un portefeuille de monnaies réelles, soulève des doutes. Alors une stabilité garantie par le fait que « ceux qui vont investir ne sont pas attirés par la spéculation et vont le gérer comme leur Livret A » est pour le moins étonnante, voire complètement absurde.

Mais une autre affirmation de Dieudonné doit mettre la puce à l’oreille concernant le risque d’arnaque : il garantit « une plus-value de 100% en moins d’un an », et ce par le simple fait que le Sestrel sera vendu la première année à 1,10 euros jusqu’au lancement théorique fin 2020 où le prix sera fixé à 2 euros. Une telle promesse de rendement a de quoi faire hérisser les cheveux sur la tête de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) qui rappelle régulièrement que des promesses de gains garantis ne serait-ce que de 10% ont toutes les chances d’être des arnaques.

Et doit-on vraiment analyser le site internet de cette cryptomonnaie ? Il n’y a pas, pour commencer, de Conditions Générales de Vente (CGU), alors qu’il est possible d’acheter des Sestrels… et le projet promet la liberté de publication des « recherches historiques sensibles » (le négationnisme ?) et de « faire éclater la vérité » grâce à l’anonymisation.


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