Vous êtes vous déjà demandé d'où vient le cuir de vos chaussures ?

Une paire de chaussures peut partir du Bengladesh avec un prix de
revient de deux euros...

Connaissez vous les filières de production du cuir ? Alors, revoyez le documentaire "Quand le cuir en veut à notre peau (ci-dessous)" qui a été diffusé sur France 5.

 

En général, les informations sont très limitées sur l'origine du cuir que nous portons parfois à même la peau. Pourtant on sait que le tannage du cuir au chrome fait partie des dix sources de pollution les plus problématiques dans le monde avec une population à risque de 1 848 100 personnes (World worst pollution problem report 2011).

Dans la série " nos chaussures nous empoisonnent ", c'est au tour des chaussures en cuir d'être pointées du doigt. A ce sujet, l'ECHA (European Chemicals Agency) a lancé en avril 2012 une consultation publique de six mois sur la restriction du chrome VI dans les articles en cuir "On sait que le chrome VI peut provoquer une dermite de contact allergique sévère chez les humains et susciter une dermatite même si sa concentration est très faible. En particulier, l'évaluation des risques démontre que le chrome VI présent dans des chaussures ou d'autres articles en cuir peut déclencher des allergies de contact. (...) Le chrome VI n'est pas délibérément utilisé dans la préparation de cuir à partir de peaux ni dans la fabrication d'articles en cuir mais peut se former au cours du processus en raison de l'oxydation du chrome III utilisé lors du tannage du cuir.(...) Toutefois, des études ont démontré que plus de 30 % des articles en cuir testés contiennent du chrome VI en concentration supérieure à 3 mg/kg, la limite de concentration proposée par les autorités danoises."

Pour alimenter l'enquête, dix paires de chaussures choisies parmi les plus célèbres fabricants et distributeurs français ont été analysées par un laboratoire de recherche pour y mesurer la proportion de chrome VI.

Nos chaussures nous empoisonnent

Human Rights Watch dans un rapport publié le 09/10/12 affirme que les ouvriers de nombreuses tanneries de cuir du quartier de Hazaribagh à Dhaka, la capitale du Bangladesch, tombent malades parce qu'ils sont exposés à des produits chimiques dangereux, et se blessent dans d'effroyables accidents du travail, parmi lesquels des enfants âgés d'à peine 11 ans. Les tanneries, qui exportent vers le monde entier du cuir destiné aux articles de luxe et rapportent des centaines de millions de dollars, inondent les communautés des environs de produits polluants.

Le rapport de 101 pages, « Tanneries toxiques : Répercussions sanitaires de l'industrie du cuir de Hazaribagh au Bangladesh » décrit la crise sanitaire et de sécurité liée au travail qui affecte les ouvriers des tanneries. Hommes et femmes confondus, sont exposés aux agents chimiques de tannage. Il dénonce des accidents qui obligent à des amputations de membres suite aux accidents lors de l'utilisation des machines de tannerie dans des conditions dangereuses. Les habitants des bidonvilles de Hazaribagh souffrent de maladies telles que fièvres, affections de la peau, problèmes respiratoires et diarrhées qui sont causés par l'intense pollution de l'air, de l'eau et des sols par les tanneries. Le gouvernement n'a pas protégé le droit à la santé des ouvriers et des habitants. Il a systématiquement négligé d'appliquer le droit du travail et de l'environnement à Hazaribagh, et ignoré les ordonnances de la Haute Court exigeant la décontamination des tanneries.

Les ouvriers de l'industrie du cuir gravement intoxiqués 


« Les tanneries de Hazaribagh inondent l'environnement de produits chimiques dangereux », a affirmé R. Pearshouse, chercheur senior auprès du département Santé et droit humains  de Human Rights Watch. « Alors que le gouvernement fait preuve de passivité, les habitants du quartier tombent malades et les ouvriers souffrent quotidiennement de leur exposition aux agents chimiques nocifs utilisés dans les tanneries. »

Des représentants du gouvernement ont indiqué à Human Rights Watch qu'ils n'imposaient pas aux tanneries d'Hazaribagh, qui représentent environ 90 pour cent des tanneries du Bangladesh, l'application de lois relatives au droit de l'environnement ou du travail. Ces tanneries emploient jusqu'à 15 000 ouvriers.

Selon les termes d'un haut fonctionnaire du Département de l'Environnement du Bangladesh, « On ne fait rien pour Hazaribagh. » Si le gouvernement fait preuve d'une telle inaction, c'est que le Département de l'Environnement considère de facto qu'il n'a pas à appliquer le droit de l'environnement à Hazaribagh. Ceci alors que le gouvernement prévoit de relocaliser les tanneries.

Cette inaction s'explique également par une Inspection du travail qui manque de ressources humaines et favorise en priorité les bonnes relations avec les dirigeants d'entreprises. Le droit international exige cependant du gouvernement qu'il prenne des mesures raisonnables pour protéger le droit à la santé de toutes les personnes qui vivent sur son territoire.

Le Bengladesh, l'usine mondiale du cuir

Au cours des dix dernières années, depuis 2002, la valeur des exportations de cuir du Bangladesh a connu une croissance de 41 millions de dollars US par an en moyenne. Entre juin 2011 et juillet 2012, le Bangladesh a exporté pour environ 663 millions de dollars US de cuir et d'articles en cuir, notamment des chaussures. Ce cuir est exporté dans près de 70 pays du monde mais principalement en Chine, en Corée du Sud, au Japon, en Italie, en Allemagne, en Espagne et aux Etats-Unis.


Des ouvriers ont expliqué à Human Rights Watch que la plupart des tanneries ne fournissent ni équipement de protection ni formation appropriés ou suffisants pour travailler avec les produits chimiques nocifs et les machines vieillissantes. Certains responsables refusent congés maladies et indemnités aux ouvriers qui tombent malades ou se blessent sur leur lieu de travail, en violation du droit bangladais.

Les eaux usées qui ruissellent sur le sol des tanneries et dans les égouts à ciel ouvert d'Hazaribagh, jusqu'au fleuve principal de Dhaka, contiennent, parmi d'autres substances, des chairs animales, de l'acide sulfurique, du chrome et du plomb.

Le gouvernement estime qu'environ 21 000  mètres cubes d'effluents non traités sont rejetés chaque jour à Hazaribagh. Des responsables du gouvernement et des représentants de l'industrie de la tannerie ont dit à Human Rights Watch qu'aucune tannerie de Hazaribagh ne disposait de station d'épuration pour retraiter ses rejets, qui peuvent atteindre plusieurs milliers de fois le taux de concentration légalement autorisé en produits polluants.

« Dans les faits, les tanneries de Hazaribagh mènent leurs activités dans une zone franche, et le gouvernement ignore les unes après les autres les dates butoirs fixées pour régler le problème », a conclu Richard Pearshouse. « Les entreprises étrangères qui importent du cuir produit à Hazaribagh devraient s'assurer que leurs fournisseurs ne violent pas les lois en matière de santé et de sécurité, ni ne contaminent l'environnement. »

Ensuite ces produits sont proposés aux consommateurs.

Le titane pourrait remplacer le chrome pour traiter le cuir

Les chercheurs de TILEATHER, dirigés par le Technological Institute for Footwear and Related Industries (INESCOP), ont eu l'idée d'utiliser du titane en tant qu'alternative au chrome. Comme le chrome, le titane produit un cuir léger et solide, mais contrairement au chrome, il est biocompatible avec les tissus humains : inoffensif, hypoallergénique et biodégradable. Ce nouveau procédé élimine complètement le chrome, un élément trace métalique toxique, tout en produisant du cuir avec des propriétés similaires.

 

TILEATHER a déjà produit et vendu plus de deux millions de mètres carrés de cuir SANOTAN, suffisamment pour fabriquer plus d'un million de paires de chaussures.

Les partenaires du projet déclarent être parvenus, en deux ans, à éliminer 25,5 tonnes de composés de chrome du processus de tannage tout en réduisant les émissions de CO2 de 35 tonnes.

Ces résultats permettent au cuir SANOTAN de se conformer aux exigences du label écologique de l'UE, une norme environnementale qui pourrait aider à renforcer son attractivité sur le marché.

Certains cuirs sont issus du tannage végétal : il sont transformés grâce à des extraits végétaux, notamment des écorces de Mimosa.

Le tannage végétal est plus respectueux de l'environnement mais aussi de la peau. Plus lent pour réaliser des cuirs, il est moins rentable.

Ahhh ! Économie ...


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Laurent Hunault

Alors qu'il a 16 ans il est victime d'un accident de la route qui le laisse gravement handicapé. Obligé d'abandonner les études techniques d'expert comptable qu'il suivait, il suit des cours du soir.

Il entre dans l'administration en 1980. Muté à Lille il passe avec succès le concours de rédacteur. Il est chargé de la gestion des personnels vacataires : médecins, techniciens de surface évoluant pour le conseil général (Protection maternelle et infantile).

En 2000 il souhaite aborder d'autres horizons et demande à s'occuper des subventions allouées aux associations de personnes âgées ou handicapées. Ce nouveau poste lui donne la possibilité de rencontrer bon nombre de situations et de personnes qui solliciteront ses compétences comptables et rédactionnelles. C'est là , en effet, qu'il rédige des écrits techniques appuyés par des rapports financiers à l'attention des élus du département du Nord. Comptes rendu que les responsables politiques utilisent pour prendre des décisions dans le cadre de leurs compétences administratives et les limites de leurs budgets pour favoriser, voire pérenniser, les association du département.

En 2012 il choisit de quitter l'administration pour ouvrir un cabinet d'écrivain public.