La date et l'heure de l'Armageddon boursier ? (2/2)

1600 EUROS
L'once d'or vaut plus de 1.600 euros.

Lisez la première partie de ce texte ici : http://www.economiematin.fr/news-armageddon-boursier-risque-ceack-danger-economie-maher

La crise boursière ne s’est pas – encore – produite parce que les autorités trichent. Mais d’autres critères montrent que tout ne va pas si bien dans le meilleur des mondes…

Dans le match ours-taureau que nous décrivions hier, la Réserve fédérale n’est pas un arbitre impartial. Bien au contraire : elle conspire activement avec le taureau.

Comment parvient-elle à influencer le résultat ?

Avant la rencontre, elle leste les gants du taureau avec une bonne quantité d’acier… et une fois le match commencé…

Si le taureau frappe sous la ceinture, s’il mord son adversaire, s’il continue de donner des coups après que la cloche a sonné…

Notre arbitre dévoyé est soudain frappé de cécité. Il ne voit rien.

Si l’ours met le taureau KO, et attend que l’arbitre commence son décompte ?

Ce juge corrompu compte si lentement que le bovin étourdi a le temps de se redresser… et de reprendre ses esprits :

« Uuuuuuuun… … … …  deuuuuuuuuuux… … … … troiiiiiiiiiiis… … … … » et ainsi de suite, jusqu’à dix.

Que l’ours soit à peine effleuré par un coup de poing mal contrôlé, en revanche, et l’arbitre le déclare perdant : KO technique, il doit s’incliner, victime d’une baffe magistrale.

Nous n’assistons donc pas à un combat équitable à un contre un, mais à une parodie à deux contre un.

Le pauvre ours n’a pas la moindre chance de l’emporter. 

F?at j?stitia ruat caelum

Oui, la foule hurle sa joie. Même notre lecteur, bien qu’il soit conscient que cela n’est pas bien, applaudit à contrecœur devant ce sacrifice de la justice.

Après tout… lui aussi a parié sur le résultat.

Nous devons l’avouer : un résultat différent nous serait plus sympathique.

Il existe une voix, tout au fond de nous, un désir fondamental d’équité – qui exige une solution juste.

Difficile de ne pas prendre naturellement le parti de l’outsider contre le grand favori qui ne respecte rien.

Dans ce cas précis, l’ours semble mériter notre soutien. 

« F?at j?stitia ruat cælum » crions-nous donc rageusement : « Que la justice soit faite, même si le ciel doit s’effondrer. »

Peut-être nous tombera-t-il un jour vraiment sur la tête… Combien d’injustices l’ours peut-il encore supporter ?

Nous demandons qu’on lui donne sa chance. Comment, sinon, savoir qui est le vrai vainqueur ?

Nous devons cependant contredire très clairement notre lecteur sur un point…

« Enterrer votre argent avec zéro rendement… » vraiment ?

Si les gens nous écoutaient, affirme notre lecteur, « ils enterreraient leur argent avec zéro rendement, alors que les marchés continuent de monter ».

Nous n’avons jamais encouragé personne à enterrer ni son argent… ni sa tête dans le sable.

Chaque édition de La Chronique Agora contient des liens vers des recherches financières instructives. Elles ne visent qu’à une chose : vous aider à profiter des marchés aujourd’hui, que le jeu soit égal ou pas.

Une petite partie de ces recommandations – par l’impénétrable grâce divine – est parfois couronnée de succès.

Oui, c’est vrai : nous vous avons recommandé d’acheter de l’or. Qui n’offre aucun dividende… et encore moins de grand frisson.

Mais si vous avez investi votre argent dans de l’or plutôt que dans des actions… l’avez-vous pour autant enterré ?

Bill Bonner, fondateur de la Chronique, préfère voir le marché boursier au travers d’un prisme doré.

Le marché est libellé en dollars US. Mais le dollar, aujourd’hui – par rapport au dollar pré-1971, lorsque l’étalon-or était encore en place – est un actif en perdition, guère plus qu’un tas de sciure de bois.

Utilisons donc l’or comme unité de mesure. Nous découvrons alors que les gains nominaux du marché en dollar sont nettement moins spectaculaires que ce que l’on suppose habituellement.

« Le marché boursier vaut moins de la moitié de ce qu’il valait il y a vingt ans »

Selon Bill :

« En termes d’argent réel (lié à l’or, en dollars pré-1971) les actions perdent du terrain depuis le début du millénaire…

Toute la hausse du marché, de 2009 à 2019, par exemple, est une mascarade… une blague… une pantomime organisée par les banques centrales. 

Oui, les cours ont beaucoup augmenté en dollars. Mais en termes d’argent réel – en or – le marché haussier des dix dernières années ressemble simplement à un petit rebond pendant une baisse.

Mesuré en or, le Dow n’a fait que récupérer la moitié de ce qu’il a perdu. En janvier 2000, vous pouviez acheter le Dow avec 40 onces d’or. En janvier 2011, les actions du Dow 30 ne vous coûtaient plus que huit onces.

En d’autres termes, les investisseurs boursiers avaient perdu 80% de leur argent. Après la hausse qui a suivi – alimentée par des mesures complètement extravagantes pour faire enfler le prix des actifs – le ratio Dow/or a atteint les 22. A ce stade, les investisseurs boursiers avaient récupéré à peu près la moitié de ce qu’ils avaient perdu – un rebond typique sur un marché baissier.

 Aujourd’hui même, [l’or] nous montre que le marché boursier vaut moins de la moitié de ce qu’il valait il y a vingt ans. »

Est-ce vraiment possible ?

De ce point de vue, l’argent « enterré » dans l’or, a grandi, prospéré… et a été très bien utilisé. Dans le même temps, le marché boursier a bien du mal à récupérer le terrain perdu.

Y parviendra-t-il un jour ? Hélas, non.

L’Armageddon financier est inévitable – à l’heure, au jour et à la minute qu’il lui plaira.

Pour plus d'informations et de conseils de ce genre, c'est ici et c'est gratuit 


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Brian Maher

Brian Maher est le directeur de la rédaction du Daily Reckoning. Il a consacré sa carrière à couvrir l’économie, la politique et les affaires sociales en tant qu’investigateur indépendant, notamment pour Asian Times. Il est titulaire d’un mastère Defense & Strategic Studies.