#Covid_19 : 140 000 décès en Europe, la faillite d'un système ?

3,4 %
Le taux de mortalité du coronavirus a été estimé à 3,4% début mars
2020.

La pandémie du #Covid_19 fait encore rage de par le monde que de nombreuses questions se posent, pas que du seul point de vue médical.

Voilà quelques semaines que je n’ai pu reprendre la plume. Je suis longtemps resté partagé entre sidération médicale, état de choc face au personnel politique sensé nous représenter, et volonté individuelle de ne pas être atteint pas ce virus qui de « grippette » en février et en Chine et devenu « pericoloso » après être passé par la péninsule italienne.

N’étant pas maître en matière de virologie je vais donc m’abstenir sur les polémiques médicales à base de « yaka » et « faukon » qui fleurissent de part et d’autre à la fois sur le net…on en a presque, et malheureusement, l’habitude, mais désormais aussi sur les antennes de radios mainstream et autres plateaux TV. Le confinement m’a donc permis d’observer :

Uderzo s’est retiré…presqu’à temps 

Avec un brin d’humour, je dirais que la France a ainsi su rendre un hommage appuyé à l’œuvre d’Uderzo, papa d’Astérix et Obélix, parti le 24 mars dernier. Autour d’un problème mondial, on a vu ressurgir les personnages du forgeron et du poissonnier, quelquefois même avec le look idoine, en mode : « Quoi ? Elle n’est pas fraîche ma chloroquine ? »

Sans oublier l’unité nationale qui a duré …. 3 minutes. Après tout, les élections municipales ne sont pas terminées. Toute polémique est bonne à créer, entretenir et ses fruits à récolter !

Pour en terminer avec cette métaphore gauloise, je me permettrais de désigner comme barde du gouvernement Sibeth Ndiaye, la porte-parole, qui à ce jour est clouée au pilori à défaut d’être attachée à un arbre, pour sa communication cacophonique.

L’Europe c’est comme Capri… c’est fini

Ne lisez pas dans ce titre des mots d’un crypto anti européen convaincu, enfin fier de déverser sa bile crypto fasciste. Mais à l’épreuve des faits, cette pandémie virale, l’Europe démontre ses failles : tant économiques qu’en termes de solidarité. Cette crise sanitaire impacte tous les pays ; les conséquences dépassent le seul cadre médical et plonge notre continent dans un épisode de récession sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L’Europe avait alors l’opportunité de se montrer solidaire…. Et comment cela a débuté ? La République-Tchèque a détourné 110 000 masques chinois et des milliers de respirateurs destinés à l’Italie. La France a saisi le 5 mars dernier 4 millions de masques suédois qui transitaient à Lyon direction l’Italie et l’Espagne, rétrocédés depuis.

Bref, cette crise a révélé le caractère individualiste de chaque pays européen et son incapacité à répondre à une demande imminente de production, en coordonnant entre les 27 une commande globale. Et au final, le plus fort c’est que ces produits : masques et respirateurs viennent de Chine !

Cette crise a révélé que l’Europe du Nord et celle du Sud sont quasi égale devant la pandémie. La France et le Royaume Uni totalisent presque autant de décès que l’Espagne et l’Italie. D’ailleurs si le modèle allemand est toujours mis en avant par nos politiciens, rien sur la Grèce ou le Portugal…

L’Europe telle que construite jusqu’à maintenant va peut-être survivre, mais combien de temps, et quel idéal mettre en avant ?

La France, ses régions…ses départements et ses communes

Pendant que la France découvrait son abyssal manque de tissu industriel, et feignait de redécouvrir qu’un certain souverainisme industriel ne ferait pas de mal, elle en a profité pour à la fois se déchirer et éprouver sa solidarité.

Le cocktail : élections-crise-chaîne d’info en continu a bien pris. A l’instar d’une pina colada bien fraîche, puis d’une autre, puis… ce mélange a bien assommé. Les ultracrépidariens de tous poils sont intervenus doctement bien sûr. Les politiques savaient tout avant même de s’exprimer. Ces derniers eurent tous mieux fait de s’inscrire à la réserve civique ; après tout, si l’on prétend représenter tout ou partie des citoyens, aboyer c’est bien, agir auprès des mêmes citoyens ce n’est pas mal non plus !

Devant le manque de masques, même hors FFP2 (norme obligatoire pour cette pandémie), les français durant leur confinement ont trouvé des moyens de proximité pour tenter de pallier ce défaut. Pour remercier le personnel soignant, dans la grande majorité les habitants, chaque soir, à 20 heures sont sortis sur leur balcon, à leur fenêtre, pour applaudir et ainsi rendre hommage à ces soldats médicaux au front. Les restaurateurs, durement impactés, ont multiplié les dons de repas pour ce même personnel mis à rude épreuve. Bref la solidarité de proximité a joué. Le confinement durant ces 50 derniers jours appelle certainement à cette attitude. Quoiqu’il en soit de l’introspection ou pas que chacun a pu mener durant ces semaines, il en est comme nos gouvernants qui ont éprouvé toutes les difficultés du monde à tenir leur modèle centralisateur. La proximité n’a jamais été dans le logiciel macronien. Mais au travers de cette castastrophe covid_19, la France redécouvre ses mairies et ses départements. Il n’y a pas si longtemps, ces élus locaux étaient moqués ; l’ancien édile de Lyon, ministre de l’intérieur, mettait en avant son exemple rhodanien, en terme de « simplification » …  Aujourd’hui, la carte de déconfinement est basée sur les contours départementaux en hexagone.

Pour conclure, même si le souhait de beaucoup est de voir l’humain au centre des préoccupations, que chacun s’interroge sur son mode de vie, il y a fort à parier que ce qui va changer ce seront plus les interactions sociales que les intérêts économiques, et la place de l’humain en leur sein. Le système politique tel que nous le connaissons ne va pas bouger, mais ce qui est certain c’est que nos partenaires/adversaires géo économiques : l’Amérique de Trump ou la Chine de Xi Jinping mais aussi la Russie de Poutine, n’auront pas manqué de noter, durant cette période, la vacuité de l’Europe et donc notre extrême faiblesse !


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Philippe Bapt

Philippe BAPT est un communicant. Diplômé de Novancia Business School en management marketing digital et événementiel, il exerce sa passion comme chargé de communication et consultant chargé de projets.

Sa seconde passion la « chose publique » l’amène très tôt dans le champ associatif : social, culturel et sportif. Puis il sera élu local d’une commune de la première couronne de la ville rose de 2008 à 2014. Président de club de rugby, puis d’un groupement d’employeurs et administrateur d’un théâtre-centre culturel, ces différents postes lui confèrent  une expertise dans ces domaines.

Retiré du strict jeu politique, il n’en demeure pas moins attentif à l’évolution de l’actualité et devient éditorialiste dans divers médias locaux et régionaux, dès la rentrée 2014. Ses sujets de prédilection : le « jeu » politique, les répercussions économiques et sociales, la recomposition du paysage politique français.