Déficit sous les 3 % en 2017 : le gouvernement n'y croit plus

4 MILLIARDS €
La Commission Européenne pourrait infliger une amende de 4 milliards
d'euros à la France.

La première année de l’ère Macron sera-t-elle celle de la sanction européenne pour la France ? Le risque est réel : le gouvernement ne semble plus convaincu de réussir à maintenir le déficit public du pays sous la barre des 3 % pour 2017, seuil qui ne doit pas être dépassé pour être en conformité avec le Pacte de Stabilité et pour éviter de risquer une grosse amende de la part de l’Union Européenne.

Edouard Philippe craint le pire et accuse Hollande

Mardi 13 juin 2017, interrogé sur France Info, Edouard Philippe n’a pas tenté de cacher la chose : le risque de voir le déficit public dépasser le seuil fatidique des 3 % est « extrêmement fort ». Des propos qui ne manquent pas de rappeler ceux de Bruno Le Maire, le nouveau ministre de l’Economie, qui, début juin 2017, craignait exactement la même chose.

La France doit toutefois réussir à tenir cet engagement pris avec la Commission Européenne : après deux délais successifs, Pierre Moscovici, Commissaire Européen aux Affaires Economiques et ancien locataire de Bercy sous François Hollande, a déclaré qu’il ne ferait pas de cadeau. Si la France dépasse les 3 % de déficit, l’amende de près de 4 milliards d’euros lui sera envoyée.

Or, pour Edouard Philippe cet engagement pourrait bien ne pas être tenu. Ce serait la faute aux équipes de François Hollande et, plus particulièrement, aux dernières décisions prises durant le quinquennat, soit celles prises durant le premier semestre 2017 avant l’élection.

Vers une amende européenne pour la France en 2017 ?

Alors que Michel Sapin, ancien ministre de l’Economie de François Hollande, clamait que le déficit de la France allait être de 2,8 % et qu’Emmanuel Macron s’était engagé à ne pas dépasser les 3 % (se laissant de fait un peu de marge de manœuvre), tout ça risque de relever de l’impossible.

Les équipes de Bruno Le Maire craignent que le dérapage du déficit public ne lui fasse atteindre 3,2 % tandis que l’opposition estime même qu’il pourrait être de 3,3 %. Mais ne serait-ce que 3,1 % suffiraient pour que la Commission Européenne puisse sanctionner la France. Et on sait qu’elle le veut : l’Hexagone a réussi à négocier deux délais pour rentrer dans les clous, ce qui ne manque pas de faire des jaloux au sein de l’UE.

Que va faire le gouvernement Philippe ?

Ce qui reste un mystère ce sera la décision du Premier ministre : que va-t-il préférer ?

Deux options s’offrent à lui et aucune ne peut faire que des heureux : soit il travaillera pour l’Europe mais devra revoir les réformes et baisses d’impôts à la baisse afin de dégager des crédits, soit il travaillera en conformité avec les promesses de campagne d’Emmanuel Macron mais risque de recevoir une belle amende de la part de la Commission Européenne.