Chine : la déflation frappe le pays... comme en 2009

2 %
L'inflation jugée idéale pour les économies avancées est de 2% par an.

C’est une énième preuve que la crise économique vers laquelle se dirige le monde, liée à la crise sanitaire et les mesures mises en oeuvre pour endiguer la pandémie de Covid-19, sera malgré tout majeure. La déflation, bête noire de l’économie, a frappé la Chine en novembre 2009, du jamais vu depuis plus de 10 ans.

Le prix du « panier moyen » baisse de 0,5% en Chine

Le calcul de l’inflation et de la déflation dans un pays se base sur un « panier moyen » de biens et services : si son prix augmente, on parle d’inflation ; si celui-ci baisse, on parle de déflation. Et la déflation est la bête noire de l’économie, raison pour laquelle la BCE vise, pour la Zone euro, une inflation annuelle proche de 2%, niveau jamais atteint. La déflation risque en effet de tirer l’économie dans une spirale descendante : les consommateurs voyant que les prix baissent sont tentés d’attendre avant de faire leurs achats, faisant encore plus baisser les prix, et ainsi de suite.

Or, selon les données publiées par le bureau national des statistiques chinois mercredi 9 décembre 2020, en novembre 2020 le prix de ce panier moyen a baissé de 0,5% sur un an. Toutefois, l’inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte de produits et services volatils, est restée positive à +0,5% sur la même période.

Une première depuis… la crise économique de 2009

Si les pays européens sont habitués à avoir une inflation très basse tombant régulièrement dans le négatif, ce n’est pas le cas de la Chine : le pays n’avait en effet pas connu de période de déflation depuis onze ans, soit depuis la crise économique mondiale de 2008-2009 liée à la crise des prêts immobiliers américains, les subprimes.

Cette première déflation en 11 ans serait liée en particulier à la baisse du prix de la nourriture qui chutent, en novembre 2020, de 2% sur un an. En cause : la baisse du prix du porc, la viande la plus consommée dans le pays, qui a baissé de 12,5% entre novembre 2019 et novembre 2020.

Mais cette même baisse ressemble plus à une stabilisation du prix : en 2019, à cause de la grippe porcine africaine, le prix du porc avait explosé au quatrième trimestre. Ce n’est donc pas étonnant qu’un an plus tard le prix chute. La situation reste à surveiller.

Cette illustration a été réalisée par Your-Comics, agence graphisme Paris


A découvrir