Les médecins libéraux en action contre les déserts médicaux

30 %
On parle de désert médical quand la densité de médecins par rapport à
la population est de 30 % inférieure à la moyenne nationale

Jérôme Marty, médecin généraliste, président de l’UFML (Union Française des médecins libéraux) toujours  moteur des actions de mobilisation depuis trois ans. Après avoir mobilisé la « base » des médecins, l’UFML n’étant pas un syndicat, après avoir écrit le livre « Résiste » pour témoigner des actions et proposer le « New deal », après avoir publié plusieurs manifestes dont le dernier « Fichez nous la paix » fait aujourd’hui encore la une du monde de la santé.

En effet, prenant à témoin ses confrères après l’action provocatrice du maire de La Roche Derrien en Bretagne, maire qui avait proposé un druide pour résoudre son problème de désert médical, Jérôme Marty se rend aujourd’hui avec quelques membres du bureau de l’UFML, dans cette commune Bretonne. Pourquoi se rendre dans un désert médical, même le plus médiatisé de France, alors que l’état peine a trouver des solutions ? L’UFML par l’intermédiaire de ses responsables l’explique de la façon suivante :

Les politiques de santé désespérantes depuis plus de 30 ans ont crée les déserts médicaux (entre autres mauvaises actions). Il est impossible a ceux qui ont créé le problème de le résoudre. C’est en ces termes que Jérôme Marty s’exprime et c’est sur cette constatation qu’il construit ses actions. Aller à La Roche Derrien aujourd’hui, dit-il, ce n’est pas pour apporter des solutions toutes faites mais pour dialoguer avec le maire et les habitants. C’est pour réfléchir ensemble sur les pistes possibles de résolution des problèmes de désertification, c’est enfin donner la parole a ceux qui pratiquent et qui utilisent ce que n’ont jamais fait les politiques.

Jean Louis Even, le maire de cette petite commune de Bretagne a bien entendu ce message, sa réponse immédiate fut d’organiser ce Mercredi 27 Avril une réunion ouverte à tous ceux qui veulent, ensemble, trouver ces solutions. Les solutions existent, ajoute Jérôme Marty, pour les trouver il est nécessaire de « casser le logiciel » politique qui ne fait qu’ajoute les difficultés aux difficultés, a plusieurs nous sommes plus intelligents que seuls.

Le projet de l’UFML et de son président s’appelle « 30 jours pour tout changer. » Pas question de politique, pas question d’échéances électorales, de primaires et autres balivernes politiques, seules comptent les solutions intelligentes qui sortiront de cette rencontre. Une première réunion ce Mercredi soir à La Roche Derrien dans la salle de  la maladrerie (la bien nommée) la parole sera libre de circuler et toutes les bonnes volontés seront les bienvenues. Puis réunion tous les trente jours entre les acteurs de terrain, générateurs de solution pour élaborer « la solution » spécifique à ce territoire. Solution qui ne sera pas reproductible a d’autres lieux, seules les solutions innovantes et adaptées à chaque site sont les bonnes.

« 30 jours pour tout changer » c’est renverser la pyramide, la base étant toujours beaucoup plus large que la pointe, les idées qui en sortent seront nécessairement plus nombreuses. Le leader de l'UFML suggère ainsi que se réunissent, tous les 30 jours, les personnes touchées par la désertification médicale : professionnels de santé et élus locaux, dans un premier temps, la population, les associations et le tissu économique, dans un deuxième temps, puis les sénateurs… « Chaque échelon de discussion nourrit le prochain », explique-t-il, souhaitant que l’expérimentation bretonne soit menée, en parallèle, dans quelques autres territoires.

Une affaire à suivre, soutenue par Alexandre Jardin, qui ne peut qu’être d’accord avec ce type d’initiative citoyenne. Initiatives qui pour cet écrivain sont les seules qui peuvent redonner vie à notre pays.


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Patrick Crasnier

Patrick Crasnier est diplômé en sciences humaines 3eme cycle en psychopathologie, après de longues années passées en cabinet libéral comme psychanalyste, blessé lors d’un attentat terroriste cesse cette activité en 1995. Continue comme photojournaliste, journaliste radiophonique (activités menées conjointement avec celle de psychanalyste depuis 1983) puis comme journaliste rédacteur au journal Toulousain et à l’écho des entreprises. Actuellement photojournaliste correspondant pour l’agence de presse panoramic, participe ponctuellement comme éditorialiste a sud radio et rédacteur dans plusieurs revues.