Banques et assurances accélèrent le développement durable et créent le marché

7 %
Ne rien faire pour le climat coûtera 7 % du PIB mondial d'ici 2050.

Ne rien faire pour préserver la biodiversité d’ici 2050 coûtera 7 % du PIB mondial alors que le coût des actions de lutte contre la dégradation ne représentent que 1 % du PIB. Les Etats n’ont pas les moyens financiers d’agir pour répondre à ces défis.

Pour ou contre, les banques et assurances sont au cœur de la transformation. Par leurs capacités à être en contact avec les différents pays, des millions de clients, l’ensemble des secteurs d’activités et leurs forces financières à investir et à soutenir les initiatives sociales, environnementale et économique, les banques et assurances jouent donc un rôle central dans la mutation sociétale.

Pour quelles raisons les banques et assurances accélèrent la RSE ?

Après avoir tardés à se lancer dans des démarches RSE (Le Crédit Agricole est apparu dans les indices Down Jones Sutainability qu’en 2009) par rapport à leurs homologues anglo-saxon ou des entreprises des secteurs tels que l’électronique, l’industrie ou le bâtiment, au regard de ces chiffres banques et assureurs s’engagent désormais massivement dans le développement durable.

Réduire son empreinte écologique (papier, transport, consommation énergétique), avoir un impact « positif » et responsable » sur la société et l’environnement, tels sont les nouveaux enjeux du secteur.

La Banque Postale et le Crédit Agricole arrivent en tête du classement en en termes de stratégie RSE, selon l’étude de Xerfi, « La RSE dans la banque et l’assurance – Nouveaux produits et services, démarches écoresponsables, stratégies de communication : panorama des initiatives et scoring des banques et assurances françaises ». La première pour respecter la parité à tous les niveaux de l’entreprise et la deuxième pour gouverner avec l’ensemble des ressources de l’entreprise (du conseil d’administration aux caisses locales). C’est Allianz, pour les assureurs qui s’affiche en tête du classement depuis le panel de Xerfi grâce à ses investissements socialement responsables (ISR) et sa gamme de produits et services en faveur du développement durable.

La RSE réduit les coûts et dope les marges

Les bénéfices des démarches RSE sont importants. En interne, les établissements mènent des actions pour réduire leur empreinte environnementale et leurs coûts. Ces démarches constituent des leviers pour générer des opportunités pour mobiliser les collaborateurs, mais aussi rendre attractif leur entreprise pour recruter les potentiels, améliorer leur image ou encore accroitre les performances ou prévenir des risques ….

En externe, les besoins sont colossaux et se chiffrent en milliards de milliards d’euros. L’appui des mesures des gouvernements successifs provoque une accélération de la demande. Ainsi, les compagnies créent des outils de financements et des produits innovants pour favoriser la collecte et l’épargne de l’argent pour financer les activités qui permettront d’atteindre les objectifs de progrès humain, social et environnemental. L’ensemble des banques mettent en place des fonds de gestion dédiés.

Des innovations

De multiples nouveaux services naissent également et facilitent une transformation rapide par effet d’enrôlement. A titre d’illustration Allianz France, Covéa mais aussi Groupama ont mis en place des dispositifs d’alerte des clients par SMS en cas de risques d’inondations, tempêtes…. Le dispositif permet ainsi d’éviter ou limiter, les risques et dommages sur les personnes et l’environnement. Il permet également aux assureurs touchés par les conséquences du changement climatique de réduire les dégâts et versements d’indemnités liées aux catastrophes naturelles qui représentent une large part des indemnisations. En outre, ces initiatives répondent aux attentes des consommateurs. La problématique liée au développement durable est devenue une préoccupation majeure. Quant aux entreprises, associations ou institutions, l’étude de Xerfi montrent qu’elles y voient des opportunités.

Les démarches RSE opérées par les acteurs bancaires impulsent des innovations ou des synergies inédites jusqu’alors. BPCE, Crédit Mutuel CIC, BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole se sont regroupés au sein de Sepamail. Le système facilite les règlements aux tiers et évite les courriers papiers (factures, chèques, TIP …), de lourdes procédures, tout en permettant d’accélérer les encaissements et de faciliter des échanges et de proposer des services sécurisés. De telles démarches sont également un moyen de se différencier. Il s’agit également de consolider la place face à de nouveaux concurrents non issus des secteurs de la banque ou de l’assurance.

Un savant calcul payant  

Par ailleurs, banques et assureurs ont multiplié les prêts « verts » dans un contexte de baisse des crédits. Les assurances « écologiques » fleurissent. A titre d’illustration, les compagnies sont de plus en plus nombreuses à proposer des assurances à tarifs préférentiels aux détenteurs de véhicule « propre » pour encourager ces acquisitions. Les risques étant plus limités que pour un conducteur doté d’un véhicule traditionnel et souvent plus anciens, les économies sont en partie répercutées et les marges accrues pour les assureurs. La RSE est donc surtout une opportunité pour les banques et assurances, comme pour l’ensemble des secteurs, l’opportunité de mobiliser et fidéliser les « actifs » de l’entreprise, de marquer leur territoire (physique, territorial, marque, commercial et culturel) face à de nouveaux entrants, de fidéliser et de capter de nouveaux clients et d’accroître chiffre d’affaires et marges.


A découvrir