Le dialogue social : un mythe ou une réalité ?

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Selon l'Insee, la crise des Gilets Jaunes aurait coûté 0,1% de PIB à
la France.

Il ne peut y avoir de dialogue social efficace que si les différentes parties autour de la table de négociations sont suffisamment fortes et représentatives. Est-ce le cas aujourd’hui ? La réponse est non. On passe très vite de l’information à une communication excessive. Les « éléments de langage » qui se succèdent dans tous les médias s’apparentent très vite à de la propagande mal ficelée. Après la consultation, la concertation individuelle permet de recueillir quelques avis et réactions auprès des différents partenaires sociaux pour prouver que le gouvernement écoute afin de sauver ses arrières, vis-à-vis de l’opinion. Il parle de dialogue social ?

La négociation s’impose sur les problèmes de société

Sur des sujets importants, cette approche est insuffisante. La négociation doit entrer en jeu. Mais négocier est une autre affaire qui peut déboucher sur des compromis ou remettre en cause les propositions pour dégager d’autres solutions. Cela nécessite de rassembler un minimum de partenaires sociaux, de syndicats représentant une majorité de salariés et les principales composantes du patronat. Dans ce cas, le gouvernement ne peut plus se contenter d’un rôle d’arbitre, ni de chercher à imposer son point de vue sans accord.

Au niveau de l’État, cette dernière étape essentielle, n’a jamais été franchie. C'est probablement l'une des raisons pour lesquelles le dialogue social n'est pas prêt à s'engager sur le fond, alors que, en oubliant la réforme actuelle des retraites focalisées sur les régimes spéciaux et en pleine confusion, les sujets de préoccupations et les chantiers, dans le public comme dans le privé, ne manquent pas. Ils devraient être abordés à l’initiative ou pas du gouvernement.

Une conclusion évidente : le dialogue social actuel est un mythe

Ceci signifie qu’aucune consultation, à l’initiative de l’ensemble des partenaires sociaux, ne peut avoir lieu par anticipation à propos d’un simple projet de loi ou en cas de risque de conflit majeur. Le dialogue social avec concertation est rare. Quant à la négociation, c’est un mythe. L’ignorer par obstination, par autosatisfaction ou par intérêt politique ne peut qu’entraîner à terme des contestations qui se transforment en mouvements sociaux pouvant aller jusqu’à d’importantes grèves, non exemptes de violences. Le résultat est à la hauteur du manque !

À des degrés divers et pour des raisons multiples qui leur sont propres, force est de constater que ni l'État, ni le patronat, ni les syndicats de salariés, ne sont en position de force pour parvenir à des accords.


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Jacques Martineau

Après un long parcours scientifique, en France et outre-Atlantique, Jacques Martineau occupe de multiples responsabilités opérationnelles au CEA/DAM. Il devient DRH dans un grand groupe informatique pendant 3 ans, avant de prendre ensuite la tête d'un organisme important de rapprochement recherche-entreprise en liaison avec le CNRS, le CEA et des grands groupes du secteur privé. Fondateur du Club Espace 21, il s'est intéressé aux problèmes de l'emploi avec différents entrepreneurs, industriels, syndicalistes et hommes politiques au plus haut niveau sur la libération de l'accès à l'activité pour tous. Il reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre National du Mérite et pour l'ensemble de sa carrière, le ministère de la recherche le fera chevalier de la Légion d'Honneur.