Dites au revoir à la carte SIM [BESTOF]

2 MILLIARDS
Germalto, fabricant mondial de cartes SIM, compte une production de 2
milliards de pièces par an.

Initialement paru le 20/07/15

Apple et Samsung cessent de se faire la guerre aux côtés de la GSMA afin de faire disparaître la traditionnelle carte SIM de nos téléphones. Elle pourrait être remplacée par une « e-SIM », une carte embarquée, intégrée directement dans les mobiles.
 

La carte SIM amovible pourrait bien disparaître

Apple, Samsung et la GSMA, le lobby des télécoms, y travaillent. La « e-SIM » serait « soudée » dans tous les mobiles d’Apple et Samsung. Le client n’aura plus à remplacer sa carte SIM, en cas de changement d’opérateur télécom. Ce nouveau standard pourrait être finalisé dès l’année prochaine. Les plus grands opérateurs télécoms soutiennent l'initiative : AT&T, Deutsche Telekom, Etisalat, Hutchison, Whampoa, Orange, Telefonica et Vodafone.

Pour Gemalto, fabricant de cartes SIM, ce n’est pas une bonne nouvelle. Ses actions ont chuté, jeudi, après l’annonce. « Ils risquent de perdre à la fois la carte SIM qu’ils vendent aux opérateurs (mais sur laquelle il ne font pas beaucoup de marges) et surtout, le système d’exploitation qui permet de connecter la carte SIM au réseau des opérateurs », explique Leslie Griffe de Malval, analyste chez Fourpoints. Mais Gemalto compte, au contraire, pouvoir profiter de ces évolutions, en participant « activement » aux discussions en cours.
 

Apple n’en est pas à son coup d’essai

Fin de l'année dernière, la firme à la pomme avait dévoilé ses nouveaux iPad qui embarquaient une SIM maison, la première d’Apple. Les télécoms redoutaient alors de perdre leurs précieuses cartes SIM qu’ils fournissent à leurs clients, et qui contiennent toutes les informations sur l’abonné afin de pouvoir l'authentifier. De nombreuses discussions ont été nécessaires à un accord entre les différents acteurs.

Dans le cas de « e-SIM », toutes les informations qu’elle contient seraient elles téléchargées, ce qui permettrait aux « telcos » de conserver les précieuses données. «Avec l’e-SIM, quand le client contractualisera avec l’opérateur, celui-ci téléchargera à distance les ’secrets’ de la carte pour que le téléphone puisse fonctionner avec l’opérateur », explique Philippe Lucas, directeur de la normalisation d’Orange.


Dans ce cas de figure, Apple ne piquerait pas le business des « telcos », comme ils le redoutaient au départ. Mais demain, « si Apple définit un standard, il peut ensuite essayer d’entrer dans les objets connectés avec carte SIM. Et demander à être rémunéré en royalties en le commercialisant», prévoit Tariq Ashraf, consultant chez Bearing Point. 

 


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Lea Pfeiffer

Née en 1994, Léa Pfeiffer débute des études en journalisme audiovisuel à l'ISCPA de Paris une fois sortie bachelière de l'Ecole Boulle. Elle écrit occasionnellement des articles pour Economie Matin et le Journal de l'Economie. En parallèle, Léa Pfeiffer a déjà réalisé deux documentaires : "Aveugles 2.0", et "Capitale Zéro Déchêts". 

@aloonontheweb