Méprise sur les données économiques : simplifier le processus de transformation digitale

80 %
60 à 80% de tous les accords B2B sont réglementés ou garantis par des
contrats.

Dans le monde de la finance, la transformation digitale (DX) est apparue par nécessité. Sous l’effet des forces concurrentielles du marché, de la montée en puissance des banques concurrentes, des crypto-monnaies et de la blockchain, ainsi que des nouvelles attentes des clients, les institutions traditionnelles subissent d’énormes pressions pour investir dans des technologies radicalement transformatrices.

Comme l’indique Gartner, un tiers des DSI du secteur des services financiers ont classé le « numérique » parmi leurs priorités commerciales en 2019. À l’ère des bouleversements, ces nouvelles technologies émergentes sont au cœur de toutes les stratégies de DX ; l’intelligence artificielle (IA) est exploitée pour prendre des décisions « sans risque » pour la gestion de patrimoine, les applications sont conçues de manière à automatiser les transactions et les échanges, et les chatbots sont intégrés dans les services clients afin d’accélérer les temps de réponse.

Il est entendu que ces organisations nécessitent une refonte complète afin de rester compétitives ou de conserver toute leur pertinence. Bien trop souvent, les directeurs financiers assimilent la transformation digitale intégrale – la transformation ou l’automatisation complète de chaque département et de tous les secteurs de leur entreprise – au succès et au retour sur investissement. Même si cette assertion est vraie, elle peut, dans une certaine mesure, se révéler inexacte. En effet, la plupart des initiatives DX ne répondent pas aux attentes, voire échouent, faute d’une orientation clairement définie. Selon Gartner, seulement 25 % des entreprises parviennent réellement à mettre en place de meilleures méthodes de travail.

Comme l’indique McKinsey, l’une des principales raisons expliquant l’échec des initiatives de DX tient au fait que la plupart des organisations et des chefs d’entreprise ne saisissent pas parfaitement ce qu’est la DX ou ce qu’elle signifie, ni même comment l’intégrer dans leur structure opérationnelle existante. Cela implique que les initiatives DX sont trop complexes ou décousues – un manque de compréhension entraîne une mauvaise exécution et une orientation imprécise.

La transformation digitale devrait, en fait, être guidée par la connectivité et la simplicité. L’accent devrait être mis sur l’intégration complète des systèmes et l’automatisation des processus de base – avec l’intention d’économiser du temps et de l’argent. Malgré cela, les dirigeants financiers ne s’intéressent jamais aux éléments les plus fondamentaux des activités quotidiennes.   

DX 101 : données, documents et processus
Le secteur financier a considérablement évolué ces dernières années. Après tout, les organisations de services financiers doivent rester compétitives. Cependant, la recherche de la croissance et la domination numérique se sont accompagnées de bon nombre de négligences. De nombreuses institutions financières continuent de s’appuyer sur des systèmes rudimentaires ou « hérités » et n’ont pas encore entrepris la mise à jour des processus relatifs aux documents commerciaux ou aux contrats juridiques, bien que ceux-ci jouent un rôle essentiel dans les interactions commerciales de tous les jours.

Selon une étude de PWC, 60 à 80 % de tous les accords B2B sont réglementés ou garantis par des contrats. De son côté, Conga précise qu’une entreprise gère en moyenne entre 20 000 et 40 000 contrats, chacun ayant un cycle de vie moyen de 3,4 semaines. Pourtant, elles continuent de s’appuyer sur des processus manuels obsolètes, qui aboutissent souvent à des goulets d’étranglement dans leur organisation et ralentissent les progrès.

Qu’il s’agisse du non-respect des délais et des dates d’expiration, de paiements excédentaires erronés, de l’établissement d’états financiers ou de la saisie des données des clients dans des feuilles de calcul, il n’a jamais été aussi important de garantir la conformité et d’atténuer les risques, d’autant plus que les exigences réglementaires sont en constante évolution. Pourtant, des données vitales sont exposées à chaque étape du cycle économique. Le secteur financier a besoin de s’adapter en permanence, mais trop souvent, ces processus manuels ont une incidence directe sur les activités quotidiennes. En effet, des recherches ont révélé qu’une mauvaise gestion et un contrôle inadéquat des contrats sont la cause d’une grande majorité des échecs de projets, impactant leur chiffre d’affaire annuel.

La conformité revêt une importance croissante à mesure que les cycles de données globaux semblent déconnectés. Sans une totale visibilité, les données critiques de l’entreprise resteront verrouillées, empêchant l’analyse et la réflexion qui favorisent un changement significatif et génèrent des résultats. Étant donné que les états financiers ou les clauses financières sont établis manuellement, ou que les informations sur les clients et les accords confidentiels circulent entre les parties en suivant de multiples étapes et selon différents critères d’approbation, une erreur humaine peut se glisser dans l’équation. En outre, les processus commerciaux classiques entraînent souvent des retards, des blocages ou pire, dans certains cas, des dépenses supplémentaires ou des amendes. Dans les organisations susceptibles d’avoir développé une culture des données inadaptée, les workflows de validation inefficaces, les rapports inadéquats et la mauvaise gestion du cycle de vie des contrats (CLM) se répercutent systématiquement sur leur capital global et leur succès.

À l’ère de l’accélération des processus – la DX doit être simplifiée

Les institutions financières traditionnelles doivent investir dans une technologie qui promeut une culture du « digital-first », encourageant les employés à adopter des comportements plus positifs en matière de données. Les meilleures organisations doivent prendre conscience qu’une initiative de transformation digitale à l’échelle de l’entreprise est peut-être trop ambitieuse. Elles devraient plutôt chercher à faire évoluer les mentalités au sein de leur entreprise.

Ce n’est qu’en plaçant les données au cœur de tout projet de transformation que les organisations pourront garantir une connectivité sans faille et mettre en œuvre des stratégies efficaces, tant en interne qu’en externe. En unifiant les systèmes de registres avec les systèmes d’engagement, les entreprises pourront proposer une expérience unique et personnalisée à leurs clients et à leur personnel.

Les entreprises doivent également déterminer les éléments moteurs de leur initiative DX. Si les entreprises ont la volonté de mettre en œuvre des technologies innovantes, émergentes et pleinement transformatrices, elles doivent tout d’abord se préoccuper des processus les plus fondamentaux utilisés par leurs employés et dans leurs activités quotidiennes. Au vu de l’argent que le secteur financier perd parce que la gestion des documents se fait sur papier ou que les processus manuels sont inefficaces, un processus performant de gestion des contrats serait un bon début.

Pour tirer efficacement parti des nouvelles technologies, les entreprises de services financiers doivent déterminer les domaines dans lesquels celles-ci sont les plus utiles. Toutefois, et surtout, elles ne doivent pas compliquer les choses outre mesure. Les dirigeants devraient commencer par segmenter leur processus de DX, en déterminant pourquoi ils procèdent à une transformation et ce qu’ils transforment – ils devraient se fixer un objectif final clair. Ce n’est qu’en simplifiant la DX que les entreprises financières pourront tirer parti des avantages qu’elles ont à offrir.


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