« L'échecophobie », gangrène de la société Française

En moyenne, 92 % des Européens ont un sentiment négatif sur l'avenir
de leur pays ou sur le sort de leurs concitoyens. Dans l'Hexagone, 97
% des ménages voient les choses en noir.

Ce que je dénomme par «  échocophobie » c'est la peur maladive de l'échec à la Française. En effet, cette véritable phobie de l'échec que nos concitoyens ont développé depuis une trentaine d'années méritait bien un nom !

De tous les pays dans lesquels j'ai eu la chance de vivre, de travailler ou tout simplement de voyager, la France est de loin, la championne toute catégorie en matière d'échecophobie.  Un récent sondage montre même que le peuple Français fait partie des peuples les plus pessimistes au monde ! Pourquoi ? Qu'est-ce-qui a bien pu se passer pour que nos concitoyens aient perdu à ce point foi en l'avenir et pour qu'ils aient développé une peur viscérale face à l'échec ?

Winston Churchill a dit un jour « le succès c'est d'aller d'échec en échec  sans perdre son enthousiasme».  Je fais partie de ceux pour qui l'échec n'est pas une fin en soi mais le début de l'étape suivante dans une suite d'événements que constitue la vie. J'ai probablement développé une vision très anglo-saxonne de la vie mais je ne pense pas que l'échec soit une expérience négative à partir du moment où un individu analyse les raisons de son échec de façon à corriger les erreurs qui lui ont empêché de remporter la victoire sur un défi qu'il s'était fixé.

Le problème en France c'est que dès notre plus jeune âge, dès l'école maternelle, le système nous inculque que l'échec c'est mal et qu'il faut l'éviter à tout prix. Un peu comme si à l'image des dieux, les hommes pouvaient tout réussir du premier coup. Tenons-le nous pour dit, c'est impossible ! C'est l'échec qui nous oblige à nous remettre en question régulièrement et donc à nous améliorer. Echouer aux Etats-Unis ou échouer en France n'a donc pas les mêmes conséquences. Un entrepreneur qui échoue aux Etats-Unis aura tendance à être vu comme un homme d'expérience qui ne commettra pas les mêmes erreurs à sa prochaine tentative. En revanche, un entrepreneur qui échoue en France sera vu comme un raté et il sera extrêmement difficile pour lui d'obtenir une seconde chance.

Inscrit dans notre ADN dès notre plus jeune âge, le Français a donc peur de se lancer vers l'inconnu car il sait que s'il échoue, il traînera cette casserole jusqu'à la fin de ses jours et il perdra toute sa crédibilité. Le résultat de cette mentalité nous amène donc à une société où personne n'ose rien faire, où l'innovation est en panne et où les citoyens voient l'avenir en noir au lieu de le voir comme une source infinie d'opportunités.

Il me semble donc que si notre pays veut renouer avec la croissance, l'innovation, le dynamisme et l'optimisme il faut absolument décomplexer nos concitoyens avec l'échec. Il faut donc encourager les enfants dès leur plus jeune âge à développer leur créativité et utiliser leurs échecs comme des opportunités d'apprendre et de s'améliorer. Combien de fois ai-je entendu des amis me dire «  je n'ose pas parler anglais parce que je fais plein de fautes ». Et alors ?! On ne se met pas à parler une langue couramment du premier coup. C'est en faisant des fautes que l'on développe la rapidité d'esprit nécessaire à l'apprentissage de cette langue. Le résultat de cette mentalité est sans équivoque. Les Français font partie des Européens qui sont les plus mauvais en langues étrangères...

En conclusion, j'insiste donc sur l'idée qu'échouer n'est pas une tare, c'est au contraire une opportunité d'apprendre et de faire mieux la fois suivante. D'ailleurs, l'histoire est pleine d'exemples de découvertes qui sont les résultats d' « échecs ». Alors, arrêtons de toujours voir tout en noir et échouons régulièrement de façon à devenir meilleur et à rendre ainsi à notre pays la place qu'il mérite sur la scène internationale.


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Alexandre Kolow

Alexandre Kolow est co-fondateur de la plateforme de recrutement koalajob.com. Un site de recrutement qui met l'accent sur l’évolution de carrière et sur la mobilité européenne des talents. Il donne également des cours d'économie internationale en France et en Europe.