Economie circulaire : une PME veut transformer nos déchets en matières premières

135 000
En France, le secteur de la gestion des déchets représente plus de 135
000 emplois.

Depuis le début des années 2000, on observe une nette diminution de la quantité de déchets produits par habitant. Tant mieux pour la planète ! Certaines entreprises veulent aller plus loin, et transformer nos déchets en ressources réutilisables. Un sacré pari, relevé par une entreprise de la région toulousaine, comme le raconte Libération

Boucler la boucle

Cler Verts est une société coopérative novatrice, à tel point qu’elle va recevoir la visite prochaine du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. Chaque année, elle récupère des dizaines de milliers de tonnes de bois et de déchets alimentaires auprès des déchetteries, hôpitaux, cantines ou restaurants situés dans la région. Elle les trie, les broie et les transforme en compost, en bois de chauffage ou en panneaux de particules, explique le quotidien.

Bientôt, elle parviendra même à produire de l’électricité et de la chaleur grâce aux déchets.

L’objectif de l’économie circulaire est de produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l’eau et des sources d’énergie. En somme, il s’agit de "refermer le cycle de vie" des produits, des services, des déchets, des matériaux, de l’eau et de l’énergie.

Faire de nos déchets des matières premières

En France, le secteur de la gestion des déchets représente plus de 135 000 emplois.

"L’économie circulaire, c’est faire de nos déchets des matières premières. C’est le seul système d’avenir" explique de son côté François-Michel Lambert, président de l’Institut de l’économie circulaire. "Et pour plusieurs raisons. D’abord, les prix des matières premières (les déchets) sont connus à l’avance. Ensuite, les impacts environnementaux sont d’autant moins coûteux pour les entreprises qu’elles revendent leurs déchets devenus des ressources pour d’autres. Enfin, ce système est créateur d’emplois locaux non délocalisables".

A l’occasion des Assises de l’économie circulaire organisées en 2014, une étude a été réalisée par le CREDOC sur la façon dont les Français évoluent – plus ou moins consciemment – dans leurs comportements et leurs aspirations, vers ce nouveau modèle économique. Il en ressort que les Français sont prêts à suivre le mouvement.

D’abord, on observe une nette diminution de la quantité de déchets produits par habitant depuis le début des années 2000. Les consommateurs cherchent à économiser les ressources ou à mieux utiliser les objets dont ils ont besoin, voire à en revendre, donner, prêter ou louer certains dont ils se servent peu. Ils le font surtout pour réaliser des économies, gagner de l’argent, contrer la hausse des prix, trouver des astuces pour maintenir leur qualité de vie malgré les pressions sur le pouvoir d’achat, mais cela ne veut pas dire que les considérations écologiques n’entrent pas en ligne de compte, puisque les comportements relevant de l’économie circulaire sont beaucoup plus fréquents chez les ménages ayant une sensibilité écologique marquée. 


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Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.