N'ayons pas peur de l'économie

30 000
30 000 enfants meurent chaque jour de malnutrition : l'un des poncifs
économiques les plus partagés.

Aux yeux de la plupart d’entre nous, l’économie est une discipline compliquée, dont la compréhension nécessite des connaissances de haut niveau. Ainsi subissons-nous régulièrement des débats plus ou moins abscons entre des « experts » discutant de sujets si pointus que nous renonçons vite à tenter de les suivre.

De même, écoutons nous d’une oreille distraite en refrénant nos bâillements, la longue litanie des cours de la bourse récitée sur nos médias par tel ou tel spécialiste si à l’aise avec son sujet que l’on ne peut qu’admettre sa supériorité intellectuelle sur nous, les non initiés. L’économie (on parle même de « Sciences » économiques !) est donc présentée comme complexe, quasiment inaccessible au commun des mortels, pour tout dire : obscure et nébuleuse. Soit. Pourtant, chacun d’entre nous, jour après jour, participe à son niveau au grand jeu mondial des échanges commerciaux. Même le sdf du coin de la rue manipule de l’argent, achète et parfois vend des « biens » quelconques.

Nous sommes tous acteurs de l'économie

Vous, moi, tout le monde, sommes non seulement des rouages, mais aussi des acteurs de l’économie planétaire. C’est si vrai que l’économiste britannique Alfred MARSHALL, l'un des pères fondateurs de l'école néoclassique, donne la définition suivante : "l’économie est l’étude de l’humanité dans les affaires ordinaires de la vie ; elle examine cette part de l’action individuelle et sociale qui est étroitement consacrée à atteindre et à utiliser les conditions matérielles du bien-être." Tiens, voici une notion intéressante : le « bien être ». Loin de la rigueur glacée de chiffres défilant sur des écrans à la vitesse de la lumière, selon des algorithmes dont la logique finit par échapper même à leurs concepteurs, l’économie serait donc directement en lien avec notre qualité de vie, donc avec nos petits soucis quotidiens. Ce point de vue présente le gros avantage de ré-humaniser cette « science », de nous la rendre plus abordable et donc de nous affranchir de l’enfumage savamment alimenté par les grands gourous de la finance mondiale.

L'économie des experts

Vous allez peut-être penser qu’« enfumage » est un terme un peu fort, considérant que la complexité des échanges monétaires internationaux, les subtilités de la bourse, de la balance des paiements, des régimes de taux de change… , et tout ce jargon sans grand rapport avec notre propre expérience quotidienne, le plus souvent proche de la « survie économique », requièrent des connaissances approfondies, hors de portée du citoyen lambda. Ce qui devrait sans doute nous inciter à la reconnaissance vis-à-vis de ces doctes personnes nous éclairant de leur savoir.

Certes. Toute cette « culture » liée à l’économie n’est pas simple à acquérir. Obtenir un doctorat peut prendre 10 ans. Mais s’imprégner de tout cela, même au niveau d’un prix Nobel, ne sert finalement qu’à comprendre, analyser et tenter (en vain) de maîtriser une création humaine complètement artificielle, un ensemble de « conventions » basées en réalité sur des rapports de force, dont le moins qu’on puisse dire c’est que ses résultats sont…mitigés.

Quelques faits économiques

Qu’on en juge par les faits :

Un MILLIARD d’êtres humains vit avec moins de 1,25 dollar par jour. Ces gens sont irrémédiablement condamnés à l’enfer sur terre. (Source : Observatoire des inégalités

Notre Eco Système est dévasté. Nul besoin d’illustrer, il me semble que ce n’est plus un débat mais un constat général.

Les guerres, meurtres, attentats sont notre quotidien, l’insécurité est quasi mondialement généralisée. Le plus souvent, ces conflits sanglants prennent leurs racines dans de basses questions de gros sous. Références : idem.

Les scandales politiques, sanitaires, sociétaux s’enchaînent à toute vitesse sur les médias « main stream » survoltés, avides de recettes publicitaires et de subventions gouvernementales. Références : idem. Hélas.

L’économie, puisque c’est le sujet, ou plutôt la macro économie, héritière hystérique de la révolution industrielle, nous inflige des crises mortifères à répétition avec leur lot de chômage, de violence, de misère physique et intellectuelle. L’austérité est imposée a de nombreux pays, tandis que d’autres sont clairement relégués au rang de fournisseurs inféodés dépossédés de tout réel pouvoir de décision. Pour bien comprendre comment fonctionne le système monétaire, je vous conseille vivement « l’argent dette », ce documentaire de Paul Grignon. Pour la plupart des gens qui l’ont vu, il y a un avant et un après

Trente mille enfants meurent chaque jour sur notre planète à cause de la malnutrition, du manque d’eau, des maladies, des mauvais traitements… Cela représente quasiment onze millions d’âmes chaque année (Source Planetoscope .com). 

L'économie objective

Devant cette horrible liste non exhaustive, on finit par se demander comment il est possible que les choses se passent globalement si mal et pourquoi on ne nous les explique pas, ou alors de façon si peu claire qu’on dirait presque un fait exprès. Serait-il possible que « certains » aient intérêt à envelopper la sacro sainte Economie d’un brouillard charabiesque destiné à égarer les plus pugnaces d’entre nous ? Nous cache-t-on les véritables ravages causés par un capitalisme mutant, devenu prédateur ? Dans quel but ?

Confronté à l’état chaotique du monde, on peut décider de tâcher de vivre une existence heureuse malgré tout, mais cela oblige pratiquement à « regarder ailleurs ». Si par contre on se sent impliqué par la destruction exponentielle en marche, il est bon de s’interroger par soi même sur ce qui ne va pas. Effectuer quelques recherches personnelles en dehors de circuits classiques d’information, permet très vite de comprendre comment une civilisation basée sur l’argent peut être mise en danger par son propre système de fonctionnement. Aucun spécialiste ne vous le démontrera mieux que vous-même. Savoir et comprendre ce qui se passe vraiment ne garantit à personne de pouvoir y échapper, ni de pouvoir contribuer à arranger les choses. Mais si l’on admet qu’« un homme averti en vaut deux », il devient clair que disposer des bonnes informations est un véritable atout en cette époque troublée.


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Eric Sancery

Eric Sancery est le créateur et le gérant de la Holding VTR, qui détient plusieurs sociétés  et marques commerciales, dont les principales sont VTR Voyages et Voyages Etudiants.Com.

Il a créé l'association ASP (Action Sport Passion) en 1992,  a été directeur commercial au sein de OTU Voyages, puis directeur associé de Tribu SA, société à l'origine de Travel Horizon.

Ces différentes expériences l'ont aidé à mettre en place des méthodes de management très personnelles qu'il applique aujourd'hui avec succès.