Elections : près d'un Français sur deux juge qu'aucun programme n'est crédible

41 %
C'est le programme d'Emmanuel Macron qui ressort comme le plus
ambitieux (41%), le plus innovant (24%) et le plus crédible (20%).

La désillusion envers la classe politique a rarement atteint de telles sommets. Comme l'illustrent les résultats d’une enquête exclusive “Les Français et les programmes des candidats à l’élection présidentielle”, réalisée par l’institut OpinionWay pour le Printemps de l’économie.

 

Emploi, protection sociale, pouvoir d'achat

Dans cette période électorale, les Français ont été interrogés sur leur connaissance des programmes et leur adhésion aux propositions économiques des candidats, et aussi sur la capacité des candidats à les mettre en œuvre s’ils étaient élus.

Parmi les résultats marquants de l’enquête, on observe que d’après les Français, les trois principaux enjeux sur lesquels un candidat à l’élection présidentielle doit les convaincre sont : l’emploi (59%), la protection sociale (51%) et le pouvoir d’achat (48%).

Concernant la connaissance des programmes : celui de François Fillon bénéficie de la plus grande notoriété parmi les différents candidats : 58% des Français jugent qu’il connaissent bien son programme contre 56% pour Marine Le Pen, 51% pour Benoît Hamon, 44% pour Emmanuel Macron et 43% pour Jean-Luc Mélenchon.

En majorité, les Français doutent que les candidats appliquent leur programme économique (47% de confiance pour François Fillon au maximum contre 34% pour Jean-Luc Mélenchon).

Les propositions fortes ? Ils n'y croient pas

Aucune des propositions fortes des candidats n’est jugée crédible par une majorité de Français à l’exception du plafonnement des hauts salaires qui est plébiscitée.

La campagne est décevante puisque près d’un Français sur deux estime qu’aucun programme n’est innovant ou ambitieux et plus d’un Français sur trois pense que les programmes ne répondent pas à leurs préoccupations.

Le programme d’Emmanuel Macron ressort comme le plus ambitieux (41%), le plus innovant (24%) mais aussi le plus crédible (20%).

 

Le Pen tape dans le mille 

Mais c’est le programme de Marine Le Pen qui répond le mieux aux préoccupations des Français (32%) bien qu’il soit perçu comme moins crédible (17%).

De plus, 39% des Français considèrent que les programmes de François Fillon et Marine Le Pen ne sont ni ambitieux, ni innovants, ni crédibles et ne répondent pas à leurs préoccupations ; contre 36% pour Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, et 30% pour Emmanuel Macron.

Concernant les sources d’information privilégiées sur les programmes : La télévision reste le média préféré des Français pour se renseigner sur les programmes des candidats. Les trois premières sources d’informations sont les journaux télévisés (48%), les débats télévisés (31%), les émissions télévisées où sont invités les candidats (28%).

Concernant la lecture des programmes des candidats : 68% des Français déclarent lire les programmes des candidats à l’élection présidentielle. Parmi eux, 33% le font la semaine du vote, et 60% ne les lisent pas en détail. À l’inverse, 31% des Français et 50% des 18-24 ans déclarent ne jamais les lire. 40% des Français ne lisent que les titres des mesures phares proposées par les candidats.


Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.