Le désastre de l'électricité en France... c'est maintenant

85 %
L'Etat détient 85 % d'EDF.

10 ans de surdité, ça fait beaucoup

Depuis 10 ans, la Commission de régulation de l’Energie répète inlassablement que les aides aux énergies renouvelables ont été très surévaluées. Jusqu’à cette année, la ministre pouvait se permettre de ne pas écouter cet avis autorisé et bizarrement, elle l’a systématiquement ignoré.  Par contre la porte était large ouverte à des milieux d’affaires. De mystérieux réseaux d’influence ont hanté pendant ces années les couloirs des ministères et de l’Assemblée, et curieusement leurs propositions ont souvent été reprises à la virgule près. A quel prix ? Pour qui ? Le Ministère de la Justice n’a pas hésité à écrire en 2015 que ce secteur était sans doute l’un des plus exposés à la corruption. (SCPC)

Le beurre…

Depuis autant d’années, la Cour des Comptes qualifie la politique de l’électricité de « chaotique ». Le Gouvernement a forcé EDF à subventionner à prix d’or sur fonds publics des investissements privés. C’est le beurre. Grâce à ces tarifs très généreux, des fortunes privées se sont constituées à plusieurs centaines de millions d’euros sur quelques années seulement. Tout cela a été payé par les ménages sur leur facture d’électricité, y compris les ménages qui ne paient pas d’impôt. L’Etat a même réussi l’exploit d’appliquer la TVA à cette taxe, la CSPE. C’est comme si on vous facturait la TVA sur la taxe d’habitation ou l’impôt sur le revenu... Alors que le tarif de gros pour une électricité toujours disponible était à 40€, ces énergies disponibles selon la météo et le doigt mouillé étaient payées  fermes de 82 à 200 €….au tarif de gros… ! Si ce tarif était entièrement appliqué d’ici trois ans, la note d’électricité deviendrait la dépense principale des ménages, à près de trois fois son montant actuel.

Et l’argent du beurre…

Non seulement l’Etat a perçu la CSPE, mais il a « oublié » de la rembourser à EDF qui était obligée d’acheter à prix d’or l’éolien et le solaire. Résultat, trou de trésorerie pour EDF jusqu’à 6 milliards et encore au moins 4 cette année, alors qu’EDF cherche justement 4 milliards pour boucler ses fins de trimestre en 2017. Entretemps, ces 6 milliards ont servi à masquer le déficit de l’Etat, aux frais des ménages les plus modestes. Ne parlons pas aussi de la pénalisation des actions d’EDF, fortement dégradées au tiers de leur valeur, et alors que des actionnaires privés côtoient L’Etat actionnaire au sein d’EDF. On appelle cela dans le privé une opération Madoff, avec 4 administrateurs de l’Etat au Conseil d’administration d’EDF ,…. ?

Et même la fermière…

La filiale EDF Energies Nouvelles, actuellement dirigée par Cahuzac, a été constituée pendant des années grâce au nom d’EDF et en tant que sa filiale. Et puis EDF a « racheté » sa filiale qui porte son nom au noyau de cadres qui la dirige, en versant une somme non révélée totalement, au profit privé de ces quelques cadres, estimée à 1 milliard et demi …au Luxembourg !!! paradis fiscal des sociétés, alors qu’EDF est possédée à 85 % par l’Etat français. Et cet investissement plombe maintenant la croissance d’EDF parce qu’il ne dépend que de subventions publiques… l’Espagne et le Portugal ont procédé de la même façon et ça s’est terminé par des désastres financiers de plusieurs milliards…


Ludovic Grangeon

Ludovic Grangeon est expert conseil en assistance aux entreprises et services publics, partenaire de plusieurs réseaux d’expertise en management et innovation sociale de l'entreprise. Fondateur de l'axe «Entrepreneuriat de l'économie sociale» à l'ESDES Lyon, également membre du comité stratégique national Afnor management et services, il participe régulièrement aux Journées de l’Economie.

Il a successivement exercé dans l'aménagement du territoire, les collectivités locales, en France et auprès de gouvernements de pays émergents, Maghreb, Amérique Latine, Asie, puis à la Caisse des Dépôts et Consignations, direction générale Paris (affaires internationales et recherche) et en région, gérant de portefeuille industriel dans un groupe international de capital risque, ensuite Président et Directeur Général de sociétés Veolia/Dalkia énergie région Sud Est, expert inspecteur auditeur Afnor/Communauté Europénne, puis secrétaire Général du GIE Agirc Arrco.