Entreprises : les délais de paiement sont au plus bas

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En 2016, une entreprise française mettait en moyenne 13 jours à régler
son dû à son fournisseur.

Combien d’entreprises ont dû mettre la clef sous la porte, faute d’avoir été réglées en temps et en heure par leurs fournisseurs ? Des milliers. Mais cette situation dramatique tend à devenir exceptionnelle.

60,9 jours en tout

C’est bien simple : jamais les délais de paiement, c’est-à-dire le temps mis par une entreprise à régler ses factures, n’ont été aussi réduits en l’espace de vingt ans ! 

Selon le cabinet Altares, la durée des retards de paiement est passée au deuxième trimestre 2017 sous les 11 jours (10,9), en plus des 50 jours contractuels. Un record depuis 1997 ! Et une bonne nouvelle, car on sait que les retards de paiement entre entreprises sont responsables de 25 % des faillites.

Mieux, 43,4 % des paiements de facture ont été effectués sans aucun retard par rapport au délai légal, alors que ce chiffre n'était que de 36 % il y a deux ans, comme le souligne un article des Echos.

« Name and shame »

Pourquoi un tel zèle à honorer ses factures sans attendre des mois ? Tout simplement car les autorités ont mis en place un système de contrôles, avec des sanctions à la clef. De quoi dissuader les entreprises de repousser aux calendes grecques le règlement de leurs factures. 

Des amendes administratives peuvent désormais être infligées aux mauvais payeurs, et bientôt, une liste des entreprises sanctionnées sera publiée tous les trimestres. Cette médiatisation des boîtes qui ne jouent pas le jeu est inspiré du « Name and shame » anglo-saxon. Ecorner l’image de l’entreprise peut la dissuader de faire attendre de manière outrancière ses clients. 

Plusieurs entreprises ont d’ailleurs déjà été punies, dont des géants comme Alstom Information Systems, AXA Technology Services, Accor ou encore Pfizer, et ont dû s’acquitter d’amendes d’un montant à six chiffres. 

Selon une étude d'Altares datant de 2016, 38% des micro-entreprises payent à l'heure, alors que seules 23% des PME (10 à 250 salariés) le font, et seulement 8,5% des entreprises employant plus de 250 personnes. 

En tout, toutes entreprises confondues, ce sont 13 à 15 milliards d’euros qui manqueraient dans les trésoreries des entreprises, faute de règlement des factures en temps et en heure. Comme un petit trou dans la caisse...


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Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.