Eoliennes : Oligarchie à la Française ?

500000 EUROS
Démanteler une éolienne peut revenir à plus de 500.000 euros

OPINION

Des enquêtes découvrent régulièrement ces mystérieux milliardaires surgis comme des champignons dans le sillage du pouvoir. On les appelle les oligarques ou les princes rouges ou les nouveaux riches. Leurs fortunes insolentes s’étalent en yacht, villas de luxe, avions privés, clubs de football, du Maghreb à la Russie, de la Chine à la Bulgarie ou au Kazakhstan, de Panama aux Bahamas. Elles proviennent toujours d’une « proximité » amicale avec les dirigeants politiques du pays, sous leur protection. Les fortunes de ces oligarques proviennent toujours d’entreprises publiques, transformées en entreprises privées par des tours de passe-passe dont le contribuable a fait les frais sans le savoir. Les mines, le pétrole, la sidérurgie, les transports, les médias, sont souvent visés, ainsi que l’énergie : le gaz, l’électricité.

En France aussi ça existe.

En France, la multiplication des multimillionnaires des éoliennes, semble surpasser toutes les autres. Le secteur des éoliennes a la particularité de percevoir 100% de ses recettes en tarifs publics, impôts, taxes et subventions pour les remettre à des groupes privés qui les transforment sans retour et sans réel contrôle en immenses profits privés. A la tête de ces groupes, nombre de dirigeants sont ainsi devenus multimillionnaires en quelques années. Leurs noms sont connus et étalés dans la presse, mais les médias semblent ne pas faire le lien avec les Veyrat, Mouratoglou, Corchia, Germa, Pélissier,  Wobben, MacAlpine, etc... Bien pire, les banques se ruent pour les financer, puisque leur système est garanti par … le contribuable qui ne peut s’y soustraire. Et on y gagne sans risque avec des rentabilités à deux chiffres, même pendant la crise Covid. Comme le relève l'Institut Montaigne, malgré 5 à 8 milliards injectés par an dans les sociétés d'éoliennes, aucune activité industrielle n'a surgi en France. Le paradoxe est donc que ce système fiscal contribue au déficit commercial de la France, tout en enrichissant un noyau privé de spéculateurs grâce à des tarifs prohibitifs qui pénalisent les ménages. On peut difficilement faire pire pour notre économie.

Des circuits obscurs et tortueux

Et comme ça ne suffit pas, le tarif du courant éolien est fréquemment très supérieur au prix du marché officiel européen Spot et garanti des fluctuations pour 15 ans par des taxes payées par le contribuable et les ménages. Ce secteur vit à 100 % de ressources publiques très généreuses mais il  empoche 100 % de ses profits en marges privées.  Plus troublant encore: le mari d'une candidate aux élections présidentielles, Jerôme Pécresse,  est l'un des principaux acteurs du secteur éolien, dont les recettes sont entièrement publiques, y compris de l'époque où son épouse était Ministre du Budget. Pour  préserver sa rentabilité, il a même supprimé 800 emplois dans ce secteur qui prétend en créer. L'indépendance entre la candidate et son époux sera t elle garantie ? Leurs liens financiers sont ils étanches ? . 

Qui protège les millionaires oligarques de l'éolien ?

Alors que ce système ne devait durer que quelques années pour en faciliter le démarrage, il prospère de façon extravagante en « violant » (comme l’a qualifié publiquement une députée) les territoires en seigneur féodal. La Révolution Française est née à cause de cela, les privilèges ont été abolis en 1792, mais ils sont revenus. Les gilets jaunes sont sortis sur les rondpoints à cause de ces mêmes taxes sur l'électricité et l'essence.Malgré des centaines d’associations de défense, malgré le record absolu de contestation judiciaire avec 75 % des projets attaqués en justice, le Gouvernement ne voit rien et ne pense rien. Bien plus, un sous-ministre a imaginé un système d'exception qui empêche de poursuivre  les promoteurs éoliens en tribunal administratif, comme en Corée du Nord. Ce chiffre d'affaires payé par le contribuable part en achats de biens à l'étranger, moins chers et bien plus opaques.

Jusqu'à quand le contribuable sera saigné pour enrichir un noyau privilégié ?

Est il normal de voir un tel système féodal exister au XXIème siècle en France, pays des libertés et de la Révolution Française ? Les ménages les plus modestes apprennent que leurs fins de mois difficiles, après avoir payé des factures d'électricité de plus en plus lourdes, ont servi à engraisser directement un petit noyau de spéculateurs sans aucun retour. Les immenses profits dégagés par ce secteur des éoliennes doivent se souvenir de leurs bienfaiteurs, puisque leurs recettes sont généreusement décidées par le Gouvernement et quelques élus. Et pourtant la Cour des Comptes hurle depuis dix ans que ce système est aberrant. Et pourtant de nombreuses enquêtes démontrent à chaque fois que le contribuable est la vache à lait d'un noyau de promoteurs qui font fortune à ses dépens. Il serait intéressant de savoir qui sont ces bienfaiteurs et où ils se situent dans l’appareil politique et administratif. Comment sont ils remerciés ? Nul doute que la campagne des élections présidentielles 2022 contribuera à clarifier ce point.


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Ludovic Grangeon

Ludovic Grangeon a été partenaire de plusieurs réseaux d’expertise en management et innovation sociale de l'entreprise. Il milite à présent pour le développement local et l’équilibre des territoires au sein de différentes associations. Il a créé en grande école et auprès des universités  plusieurs axes d’étude, de recherche et d’action dans le domaine de l’économie sociale, de la stratégie d’entreprise et des nouvelles technologies. Il a également été chef de mission et président de groupe de travail de normalisation au sein du comité stratégique national Afnor management et services. Il a participé régulièrement aux Journées nationales de l’Economie, intervenant et animateur.

Son activité professionnelle a été exercée dans l'aménagement du territoire, les collectivités locales, en France et auprès de gouvernements étrangers, à la Caisse des Dépôts et Consignations, dans le capital risque, l’énergie, les systèmes d’information, la protection sociale et la retraite.