Et à la fin, qui va payer ?

8,2 %
La Commission européenne s'attend à une récession de 8,2% pour la
France en 2020.

Au regard de la gravité et de la rapidité de l’épidémie, les Etats-Unis ont mis l’économie sous cloche – mais certaines statistiques démontrent que la situation a peut-être été surestimée.

Nous nous demandions hier si les mesures de confinement prises par le gouvernement américain en valaient la peine, face à la gravité supposée de la situation. Les épidémiologistes ont étudié des milliers de personnes en Californie : un groupe dans le comté de Los Angeles, un autre dans le comté de Santa Clara, non loin de San Francisco.

Ces Californiens ont été testés pour voir s’ils avaient développé des anticorps spécifiques au coronavirus. Les résultats semblent indiquer que le virus touche beaucoup plus de résidents que ce qu’affirment les chiffres officiels.

Le comté de Los Angeles abrite 10 millions d’âmes. 4,1% des personnes testées présentaient des anticorps contre le coronavirus. En estimant que le virus est distribué de manière uniforme dans tout le comté… l’étude a conclu qu’entre 221 000 et 442 000 adultes avaient déjà été infectés.

Dans le comté de Santa Clara, où des tests ont eu lieu au début du mois d’avril, l’étude a détecté entre 48 000 et 81 000 infections. Le chiffre officiel à la même époque était d’environ 1 000.

Voici la conclusion centrale de ces études :

« Les infections par le Covid-19 sont sans doute entre 50 et 85 fois plus nombreuses que ce qu’indiquent les chiffres officiels. »

« Attendez une minute », me direz-vous. « Si ces conclusions sont correctes, cela veut dire que le virus est beaucoup plus répandu que ce que nous avions imaginé ! C’est affreux ! »

Ah mais en réalité, la nouvelle est excellente.

Ces chiffres indiquent en fait un taux de mortalité drastiquement plus faible qu’attendu. Beaucoup des personnes infectées n’ont jamais été conscientes qu’elles avaient le virus… ou n’ont montré que de légers symptômes grippaux.

Le taux de mortalité du Covid-19 pourrait n’être que de 0,1%

Selon le Dr. John Ioannidis, épidémiologiste à l’université de Stanford, cette conclusion « est parfaitement cohérente avec le fait que le virus est très répandu, mais ne tue pas au rythme escompté ».

Le Dr Anthony Fauci, porte-parole non-officiel sur les questions liées au coronavirus, s’est penché dans le New England Journal of Medicine sur une étude médicale en provenance de Wuhan en Chine.

Il conclut :

« Si l’on suppose que le nombre de cas asymptomatiques ou présentant un minimum de symptômes est plusieurs fois plus élevé que le nombre de cas rapportés, le taux de mortalité pourrait être nettement inférieur à 1%. Les conséquences cliniques générales du Covid-19 pourraient donc, à terme, ressembler davantage à celles d’une grippe saisonnière grave (dont le taux de mortalité est d’environ 0,1%). »

La nation se morfond, enfermée chez elle, pour éviter une maladie dont le taux de mortalité est de 0,1% ?

Pourtant, c’est bien ce même Dr Anthony Fauci qui souhaite prolonger cet emprisonnement pendant des mois encore.

Les victimes invisibles du virus

En attendant, le chômage augmente – et chaque pourcent d’augmentation du taux de chômage pourrait équivaloir à 30 000 morts en raison de suicides, de consommation de drogues ou d’alcool ou d’autres manifestations mortelles du désespoir.

Le taux de chômage a augmenté de nettement plus d’un pourcent.

Ces vies valent-elles moins que celles des victimes du virus ?

Nous ne détournons pas le regard des souffrances humaines provoquées par le Covid-19. Un membre de notre famille élargie, âgé de 50 ans, a succombé à ce meurtrier invisible. Il était atteint de diabète.

L’une de nos connaissances, âgée de 51 ans, est décédée également. Le virus avait gagné d’avance : il était atteint de diabète, d’asthme, et d’une hypertension sévère.

Ces deux personnes avaient déjà de graves comorbidités.

Ne vaudrait-il pas mieux isoler les infortunés atteints de ce type de maladies – ainsi que les personnes âgées – et laisser les jeunes et les personnes plus solides retourner à la vie normale ?

Nous osons affirmer que si.

C’est le chemin qu’a choisi la Suède. Le pays semble plutôt bien s’en tirer.

Le PIB des Etats-Unis pourrait chuter de 14% en 2020

Selon certaines estimations, le virus pourrait coûter à la Suède entre 1% et 4% de son PIB cette année.

Le directeur économique d’Allianz, Mohamed El-Erian, estime quant à lui que le PIB des Etats-Unis pourrait chuter de près de 14%.

Il se peut qu’il se trompe, bien sûr. Mais nous pensons qu’il a plus de chance d’avoir raison que les économistes qui prévoient une reprise en « V ».

Cette dernière position n’est pas ancrée dans la réalité… en tous cas, pas dans la réalité que nous apercevons au travers des barreaux de notre cellule.

Les dommages sont trop élargis et trop profonds. Et n’oubliez pas que les factures finiront toujours par être envoyées…

Pour plus d'informations et de conseils de ce genre, c'est ici


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Brian Maher

Brian Maher est le directeur de la rédaction du Daily Reckoning. Il a consacré sa carrière à couvrir l’économie, la politique et les affaires sociales en tant qu’investigateur indépendant, notamment pour Asian Times. Il est titulaire d’un mastère Defense & Strategic Studies.