Essence contre éoliennes : comment reprendre cinq fois ce qu'on lâche...

75 %
Aujourd'hui, 75% des projets éoliens sont attaqués en justice.

Le suspense court sur la suppression de la taxe sur l'essence et pendant ce temps le gouvernement vient de profiter de l'agitation pour en passer cinq fois plus sur l'électricité sans que ça se voie !

Encore une provocation supplémentaire:  le Décret 2018-1054 du 29 novembre 2018, permettant de faire n'importe quoi pour les promoteurs éoliens, avec une large encoche sur les droits les plus élémentaires du citoyen, est paru en catimini au Journal officiel le 1er décembre, en pleines émeutes des Champs Elysées. Les gilets jaunes, et bien d’autres, ont été consternés par la réponse de Macron aux revendications sur la précarité, qui partait sur la transition climatique. D’aucuns auraient pu se dire qu’il recherchait un thème de consensus général. Cette réponse est passée complètement à côté des attentes actuelles. Mais elle est loin du hasard, et même du dernier cynisme.

Lâcher 650 millions d'euros pour reprendre quatre milliards en douce par les éoliennes

Ce qui est passé inaperçu, c’est l’épouvantable machination du gouvernement qui veut reprendre cinq fois ce qu’il lâche. Suivez bien : la revendication de base porte sur l’augmentation des taxes sur l’essence qui devait rapporter 650 millions allant on ne sait pas trop où. Mais il y a bien pire : ils annoncent un doublement des éoliennes en se figurant que personne n’y verra rien.

Les puissances de l'argent ont encore parlé avec les méthodes souterraines qui suscitent tant de rage en ce moment. .Si les gilets jaunes avaient bloqué les éoliennes au lieu des stations-service, ils auraient gagné cinq fois plus sur leur fin de mois. Des petits malins scrutent le journal officiel et s’aperçoivent que cette mesure est déjà dans l’air et que le gouvernement profite de l’agitation actuelle pour faire passer prochainement  des textes inouïs de cynisme et de rapacité. Non seulement la solution éolienne est un échec cruel avec seulement 4% de l'électricité nationale pour un coût trois  fois trop important, mais la majorité de ses promoteurs ont largement développé des techniques de défiscalisation sur ces investissements, ou bien pire de délocalisation dans des paradis fiscaux, tout cela à partir de taxes obligatoires payées par les ménages les plus modestes...

François de Rugy prépare le hold up du siècle sur les pauvres avec le doublement de l'électricité pour les ménages en deux ou trois ans.

Quand vous passez à la pompe à essence, vous voyez ce que vous payez et vous pouvez au moins choisir d’y aller ou pas. Avec les éoliennes c’est bien pire puisque vous payez de toute façon, que vous consommiez de l’électricité ou non. Et en plus, on vient chercher cet argent chez vous. Chaque fois que vous allumez l’interrupteur, que vous démarrez une lessive, que vous allumez la télé, une taxe vient prélever 35 % de ce que vous consommez pour alimenter les éoliennes et d’autres rubriques mystérieuses, que vous vous en serviez ou non. Il y a aussi les immenses réseaux qu’il a fallu construire  à travers le pays, qui coûtent une fortune et qu’on paie deux fois à la place des promoteurs. Et comme les gouvernements précédents ont masqué le vrai prix des éoliennes en ne remboursant pas à EDF ce prélèvement obligatoire, cette taxe, la CSPE, va doubler pour rembourser les arriérés. Qui se montent à 10 milliards supplémentaires. Misère supplémentaire: la CSPE était prévue pour l'aide sociale aux ménages qui ne peuvent pas payer l'électricité mais seulement 8 % y est affecté. 

L'impact des éoliennes frappe les ménages deux fois plus que l’essence

Chaque fois qu’une opération d’éoliennes s’implante, c’est un million de pouvoir d’achat en moins par an pour les ménages y compris non imposables. La précarité énergétique a doublé en France depuis l’apparition des éoliennes et frappe 15 millions de Français, sans compter les problèmes de santé et de salubrité. C’est aussi entre 4 et 5 emplois supprimés par éolienne plantée sur le territoire. Les créations d’emplois dans l’éolien sont annoncées bien plus haut que la réalité avec double ou triple compte, sans aucune confirmation des statistiques officielles. Les pertes d’emplois sont totalement occultées : agriculture, production, immobilier, bâtiment, tourisme. Le prix de l’électricité va doubler uniquement pour les taxes qui subventionnent à perte les éoliennes, et sans fournir de solution. Les éoliennes ne fournissent que 4 à 5 % de l’électricité en France malgré 50 milliards de dépenses payées par le contribuable. Les doubler ne portera ce chiffre qu’à 8-9 % en ayant dépensé 100 milliards.

Xavier Bertrand, Président de la région Hauts de France, où il y a le plus d'éoliennes, vient de déclarer : « Les éoliennes, ça coûte une fortune, et ça ne sert à rien »

Ni Liberté ni Egalité ni Fraternité

Par contre, les promoteurs qui profitent de ce système font tous fortune puisqu’ils ne prennent aucun risque et qu’ils sont payés à tous les coups grâce à un impôt. Ils produisent une électricité qu’ils vendent à 2,5 fois plus cher que le marché moyen, selon les statistiques de RTE et du marché spot Epex. Comme ça ne suffit pas, alors que la population n’est pas stupide et que 75% des projets éoliens sont attaqués en justice, des décrets sont prévus pour rendre quasi impossible la contestation et supprimer les enquêtes publiques.  Il paraît que la devise de la République Française est Liberté-Egalité-Fraternité.

Dans le cas des éoliennes, la liberté est de zéro puisque vous êtes obligé de payer les éoliennes par une taxe alors qu’il s’agit de profits privés très élevés par des opérateurs financiers qui gardent leurs bénéfices. L’égalité est de zéro puisque les éoliennes peuvent être implantées n’importe où au mépris des populations locales et vont se servir directement dans le portefeuille du contribuable. La fraternité est nulle puisque la Cour des Comptes souligne pourtant depuis des années qu’il est totalement injuste de faire payer ce système uniquement par les ménages y compris les plus modestes.


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Ludovic Grangeon

Ludovic Grangeon est expert conseil en assistance aux entreprises et services publics, partenaire de plusieurs réseaux d’expertise en management et innovation sociale de l'entreprise. Fondateur de l'axe «Entrepreneuriat de l'économie sociale» à l'ESDES Lyon, également membre du comité stratégique national Afnor management et services, il participe régulièrement aux Journées de l’Economie.

Il a successivement exercé dans l'aménagement du territoire, les collectivités locales, en France et auprès de gouvernements de pays émergents, Maghreb, Amérique Latine, Asie, puis à la Caisse des Dépôts et Consignations, direction générale Paris (affaires internationales et recherche) et en région, gérant de portefeuille industriel dans un groupe international de capital risque, ensuite Président et Directeur Général de sociétés Veolia/Dalkia énergie région Sud Est, expert inspecteur auditeur Afnor/Communauté Europénne, puis secrétaire Général du GIE Agirc Arrco.