L'État ne reprendra pas la dette des hôpitaux publics

30 MILLIARDS
La dette hospitalière s'établit à 30 milliards d'euros.

Le gouvernement prépare un plan de soutien aux hôpitaux publics, où la crise prend toujours plus d'ampleur. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a les coudées franches même si Bercy a posé une limite.

Pas question de reprendre la dette des hôpitaux publics, a averti le ministère de l'Économie auprès de l'AFP. Cette hypothèse était pourtant envisagée par la presse ces derniers jours. Le Journal du Dimanche évoquait ainsi que Bercy étudiait une reprise partielle ou totale de cette dette, qui se monte à 30 milliards d'euros. Un véritable fardeau qui empêche les établissements d'investir et de rester compétitifs face au secteur privé. Une renégociation de la dette pourrait pourtant permettre de dégager plusieurs centaines de millions d'euros, de l'argent frais mobilisable immédiatement. Mais ce n'est pas ce qui semble être sur la table du gouvernement.

L'État emprunte à des taux négatifs

La reprise de la dette hospitalière par les pouvoirs publics a pourtant un certain sens économique : quand l'État emprunte à des taux négatifs, ce qui lui permet de financer facilement sa dette, les hôpitaux publics subissent des taux d'intérêt de 2% à 4%. Ajoutant ainsi encore aux difficultés de l'ensemble du secteur. Mais pas de reprise du fardeau, à l'inverse de ce qui s'était décidé pour dénouer la crise au sein de la SNCF. Malgré tout, Agnès Buzyn devrait avoir quelques cartes en mina pour répondre au mouvement de grève dans les hôpitaux.

Coagulation des mouvements

TEXTEL'exécutif craint plus que tout une « coagulation » des mouvements sociaux, alors qu'une manifestation d'ampleur est programmée pour le 5 décembre contre la réforme des retraites. L'État pourrait ainsi activer plusieurs leviers pour soulager les établissements hospitaliers, comme la hausse des dépenses de santé. La ministre de la Santé devrait dévoiler ses solutions d'ici la fin du mois, avec une reprise rapide dans les textes, puisque la loi de financement 2020 pour la Sécurité sociale est en cours de discussion au Parlement.


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