Tendances socio-économiques et évolution du travail : ce qui nous attend

83 %
83% des salariés sont toujours à la recherche de meilleures
technologies.

Ce début d’année est à nouveau marqué par le Covid, avec la cinquième vague qui a pris de l’ampleur au cours de ces dernières semaines. Outre cette crise sanitaire qui s’accompagne de mesures pour encadrer l’environnement de travail, il faut s’attendre à ce que le modèle hybride reste pour beaucoup le régime privilégié en raison du succès qu’il a rencontré en 2021. Selon le dernier Observatoire de la Digitalisation, 24 % des actifs français alternent entre présentiel et télétravail, soit 10 points de plus en un an seulement.

Cette transition, à plus long terme, induit de nouvelles répercussions sur d’autres domaines de la vie et de l’existence, ainsi que sur le travail lui-même.

À terme, les villes ne seront plus les centres urbains rassemblant un grand nombre de salariés comme elles étaient auparavant. Du fait de la généralisation des modèles de travail hybrides, qui devrait se poursuivre, les villes n’auront plus besoin de fournir simultanément des ressources à tous leurs occupants, car la plupart d’entre elles répartiront la présence des travailleurs sur une partie de la semaine. De plus, le redéploiement des salariés en dehors des villes, déjà observé pendant la pandémie, alors qu’ils cherchent à acquérir des espaces plus grands dans des lieux plus attrayants, va se poursuivre. En effet, selon une étude Ipsos pour Petites villes de demain, un programme national visant à revitaliser les communes comptant moins de 20.000 habitants, un quart des Français estime qu’une installation dans une petite ville est probable, dont 34 % chez les 25-34 ans. Par ailleurs, 42 % des actifs interrogés indiquent aussi que la compatibilité de leur emploi avec le télétravail serait un facteur qui pourrait les inciter à faire ce choix.

Face à ces changements, nous devrions également observer une incidence positive sur l’environnement, car la réduction de la densité de population dans les grandes agglomérations et autour de celles-ci entraîne une diminution de la pollution dans ces zones. Enfin, les rues commerçantes et les centres-villes traditionnels devront être repensés et reconvertis pour s’adapter aux changements sociétaux et aux exigences des habitants, sous peine de disparaître.

Du côté de la croissance économique des zones rurales ou moins denses, ces dernières devront accroître leurs ressources pour desservir une population de plus en plus nombreuse à mesure qu’elle se répartira de manière un peu plus équilibrée sur l’ensemble du territoire en France. En outre, ces régions enregistreront un afflux de consommateurs, avec davantage de travailleurs à distance pendant au moins une partie de la semaine, qui voudront recourir à un nombre croissant de services, qu’il s’agisse de magasins, de bureaux de poste, de stations-service ou de encore de cafés. De plus, il faut s’attendre à ce que les besoins en logements s’éloignent progressivement des centres-villes pour répondre à la nouvelle demande, à mesure que la tendance se confirmera au cours des prochaines années.

Il faut par ailleurs s’attendre à un mode de travail entièrement repensé. En raison de la pandémie, de nombreux salariés en télétravail ont dû redéfinir leur journée pour faire face à d’autres pressions, telles que le partage d’un espace à la maison avec d’autres personnes, la garde d’enfants ou d’autres facteurs qui ne sont pas habituellement présents au bureau physique. Cette situation a fait naître le besoin d’une journée de travail flexible, loin du traditionnel « 9 heures-17 heures », et cette tendance devrait se poursuivre. Par ailleurs, les employeurs ont dû se montrer plus souples et moins inflexibles dans leur évaluation de la productivité en fonction du temps passé derrière un ordinateur ou à un bureau, et privilégier l’évaluation fondée sur les résultats. Pour bon nombre d’individus, une approche axée sur les résultats peut souvent se traduire par une responsabilisation et une motivation accrues et, en fin de compte, par de meilleures performances.

À l’ère du travail hybride, le bureau devra sans doute être repensé afin de tirer le meilleur parti de l’activité de groupe, par opposition à l’activité individuelle traditionnelle qui était la norme. Les espaces de collaboration ouverts peuvent favoriser une plus grande créativité et une communication d’équipe plus ouverte. En outre, les employeurs qui, traditionnellement, étaient rassurés par la nécessité de voir les collaborateurs travailler dans un bureau physique, doivent assouplir leur position et instaurer une culture davantage fondée sur la confiance, en ne cédant pas à la tentation d’utiliser les outils numériques pour surveiller les employés ou exercer un contrôle intensif.

Enfin, si les outils numériques destinés à l’environnement de travail se sont relativement répandus, une étude révèle que 83 % des salariés sont toujours à la recherche de meilleures technologies et d’un soutien accru de la part de leurs employeurs pour les aider à vivre et à travailler selon les nouvelles méthodes. Les organisations qui ont fait l’acquisition de technologies selon une approche fragmentée, plutôt que dans le cadre d'une suite ou sur la même plateforme, doivent revoir et réviser leur stratégie à long terme. C’est en effet le seul moyen qu’elles auront pour faciliter l’intégration, le travail en continu et le partage des données dans l’ensemble de l’entreprise, de manière à générer le maximum de valeur et à accroître efficacement leurs performances. Enfin, et non des moindres alors que les cybermenaces sont omniprésentes, les pratiques en matière de sécurité sur le lieu de travail et de confidentialité des données doivent être revues et corrigées. Il est en effet crucial qu’elles soient adaptées aux nouvelles méthodes de travail et protègent les entreprises, leurs clients et leurs employés. Ceci est particulièrement important si les appareils utilisés sont à la fois professionnels et personnels.


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