Expériences et chimères

Lundi 14 octobre, le Prix Nobel d'économie a été décerné à trois
professeurs.

Les nouveaux Prix Nobel d’économie ne sont pas convaincants – et pour cause : l’économie n’est pas une simple série de tuyaux…

La semaine dernière, les Prix Nobel d’économie ont été annoncés.

Le prix est allé à trois professeurs – dont un couple de benêts. L’une est française… l’autre est indien… ils travaillent tous les deux au Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis, sont mariés et, hélas, se sont reproduits.

Voyons d’abord les nouvelles du monde de la finance. Ensuite, nous reviendrons aux académiciens ignares…

Humeur optimiste

Les investisseurs dans leur ensemble sont d’humeur optimiste. L’accord commercial avec la Chine « avance très bien », a affirmé le président des États-Unis. Larry Kudlow, son conseiller, a également fait savoir que les taxes douanières de décembre pourraient être repoussées si les discussions se poursuivent.

La vraie raison de l’optimisme des investisseurs, cependant, c’est qu’ils savent que la partie est truquée. Le site FX Empire rapporte :

 « Plus de 30 banques centrales dans le monde ont réduit les taux d’intérêt cette année, dans un contexte de guerres commerciales, de ralentissement économique et d’inflation modérée. La Fed a réduit les taux directeurs à deux reprises cette année, de 25 points de base à chaque fois. »

Nous avertissons les lecteurs, toutefois : on n’entre pas au paradis sans mourir. Les marchés grimpent et baissent.

Après 10 années de hausse… M. le Marché commence probablement à s’ennuyer. Il va plus probablement se retourner que continuer longtemps sa course vers le haut.

Quant au glorieux Valhalla où les cours grimperont éternellement, il n’existera jamais.

Revenons-en donc au cœur obscur du monde universitaire… le département d’économie.

Là, les professeurs sont obligés et déterminés à arrêter le flux naturel des marchés et des économies.

Pour eux, une baisse boursière est un problème à éviter grâce à d’adroites politiques gouvernementales.

Et pour la récession… ils ont une solution. Lorsque cette dernière causera de nouveaux problèmes encore plus graves… ils inventeront une autre solution !

Assouplissement quantitatif ? Taux négatifs ? Fausse monnaie ? Liquidités pour les repos ? Politique budgétaire… politique monétaire ? On pourrait continuer encore longtemps…

Allons-y au déboucheur !

Selon Paris Match, Esther Duflo, qui fait partie des nouveaux Prix Nobel, conseille aux économistes de se considérer comme des « plombiers ». Pour elle, l’économie mondiale est simplement affaire de tuyaux.

« Des pauvres, vous en aurez toujours autour de vous », a dit Jésus-Christ. Pas si le professeur Duflo et son mari, Abhijit Banerjee, peuvent l’empêcher. Ils utiliseront du déboucheur !

Comme Paul Samuelson, qui a remporté le Nobel pour avoir apporté une rigueur pseudo-scientifique à la profession, les deux lauréats les plus récents prétendent non seulement donner leur avis sur les causes de la pauvreté, mais aussi les étudier – comme un réseau sanitaire – et aider les gouvernements à installer plus de tout-à-l’égouts.

Notre fils Henry nous en dit plus :

 « L’une des études les plus fréquemment citées en lien avec Mme Duflo ne montrait que ce que nous savons déjà : les gens – même professeurs – réagissent à des incitations pécuniaires. 

Elle a convaincu l’école locale d’une région rurale d’Inde de faire un test. L’idée consistait à verser une prime aux enseignants pour chaque jour travaillé au-delà de 20 jours par mois. À l’inverse, s’ils ne venaient pas, ils étaient pénalisés de la même somme.
Les enseignants prouvaient qu’ils étaient bien venus en se prenant quotidiennement en photo avec leurs étudiants, grâce à un appareil spécial indiquant la date et l’heure. 

Surprise ! Une fois le système mis en place, le taux d’absentéisme des enseignants a chuté et les performances des étudiants se sont améliorées. »

Henry continue en remarquant que les incitations pécuniaires ne sont pas exactement une nouvelle idée révolutionnaire. « On reçoit ce pour quoi on paie », comme le disait Milton Friedman.

Le duo ne s’est pas arrêté là. Ils ont également réalisé une étude montrant que des villageois sont plus réceptifs à un discours enregistré par une femme si le village en question a été dirigé par une femme par le passé.

Hmmm…

Ils ont mené 80 de ces « expériences ».

L’une d’entre elle a révélé que le tutorat pouvait aider les élèves qui avaient du retard. Autre découverte : lorsqu’ils reçoivent de l’argent supplémentaire, les pauvres ne l’utilisent pas forcément pour acheter plus de nourriture ou des aliments de meilleure qualité ; ils ont aussi d’autres désirs – comme une télévision ou la radio.

Une solution à tout

En plus de ces idées vertigineuses, M. Banerjee propose aussi une solution au ralentissement de l’économie mondiale : augmenter les impôts !

Oui : en laissant les riches garder leur fortune, « vous donnez des incitations [à ceux] qui ont déjà des tonnes d’argent ».

Que lui est-il passé par la tête ? Les riches ne sont pas des gallinacés, assis sur leur argent comme une poule qui vient de pondre.

Non, l’argent est placé dans des banques et des bons du Trésor… prêté aux gouvernements pour faire les excellentes choses que les gouvernements sont censés faire. Ou bien il est investi dans le monde de l’entreprise, où les sociétés embauchent, construisent des usines, augmentent la productivité et créent plus de richesse.

C’est du moins le principe de base. Ce qui se passe en réalité est bien trop complexe pour que les économistes puissent le comprendre… et bien trop nuancé pour qu’ils puissent l’imaginer dans leurs rêves chimériques.

Ce doit être délicieux, d’être aussi simplet. Et aussi vaniteux.

On en vient à penser que les problèmes de l’espèce humaine – réels et imaginaires – peuvent être réglés avec une clé à molette. Et il se trouve que vous en avez justement une en main !

Pour plus d'informations et de conseils de ce genre, c'est ici et c'est gratuit 


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