La réduction du déficit commercial français est-elle une bonne nouvelle ?

Le déficit commercial de la France se serait réduit de 7 milliards
d'euros en 2012.

La réduction du déficit commercial français est-elle une bonne nouvelle ? 

 

A priori oui. Pourtant un déficit c'est aussi une demande interne dynamique. Enfin bref. Une bonne nouvelle est que le déficit commercial de la France se serait enfin réduit de 7 milliards d'euros en 2012. Les chiffres des douanes montrent une baisse du déficit manufacturier. Le petit point d'achoppement à tout cela, c'est la légère hausse de la facture énergétique. On observe aussi un ralentissement de la croissance des importations nettement plus fort que le ralentissement des exportations. Il n'y a que les Etats-Unis qui n'ont pas connu de ralentissement des importations. Ce ralentissement étant général, on peut se demander si c'est un point positif franco-français. De plus, par rapport à la zone euro, le France connaît plutôt un creusement du déficit… Comment expliquer le ralentissement très fort de la croissance des importations ? Il tient d'après BNP Paribas Research et les chiffres des douanes au secteur automobile, à l'énergie, à l'informatique, au textile. 

Comment expliquer le ralentissement léger de la croissance des exportations ? 

 

Premier effet négatif sur le déficit commercial : par rapport aux pays de l'UE, on assiste à un recul des ventes de véhicules vers l'UE. Second effet positif : par rapport aux pays de l'UE, les secteurs clés de l'économie françaises restent sur une bonne tendance (aéronautique, santé, luxe). C'est donc dans le secteur automobile que le problème se pose. Par rapport aux pays hors UE comme les Etats-Unis et l'Asie : on assiste à une vraie progression de la croissance des exportations. Au final les seconds effets l'emportent et il y a bien croissance des exportations en raisonnement marginal et un ralentissement léger du fait des seconds effets positifs. En conclusion c'est le secteur automobile à l'intérieur de l'UE qui fait freiner la croissance des exportations.  

Que signifient ces chiffres par rapport à la situation de l'économie française ?  

Ces chiffres signifient une compression de la demande intérieure dans l'UE, seul axe stratégique proposé aujourd'hui par la politique économique et générant un peu partout de la récession et du chômage.   

Quelles perspectives d'avenir ? 

Deux points devraient nous permettre d'être optimiste : l'Allemagne repart et cela aura un effet bénéfique sur la France, le ralentissement de la récession en Italie et en Espagne est aussi un point positif surtout l'Italie qui est un partenaire stratégique de la France. L'année 2013 devrait consolider cette tendance. Il faut ajouter le pacte de compétitivité autre élément nouveau dans la politique économique structurelle et dont on espère tous qu'il portera ses fruits. Il y a donc des raisons d'espérer. De plus en 2012 la contribution à la croissance en pourcentage du PIB et en volume est de 0,7 pour le solde commercial alors qu'elle est de 0 % pour la FBCF et 0 % pour les dépenses de consommation des ménages (en 2012 d'après l'insee). 


A découvrir

Pascal de Lima

Pascal de Lima est un économiste de l'innovation, knowledge manager et Professeur à Aivancity proche des milieux de cabinets de conseil en management. Essayiste et conférencier français  spécialiste de prospective économique, son travail, fondé sur une veille et une réflexion prospective, porte notamment sur l'exploration des innovations, sur leurs impacts en termes sociétaux, environnementaux et socio-économiques. Après 14 années dans les milieux du conseil en management et systèmes d’information (Knowledge manager auprès de Ernst & Young, Cap Gemini, Chef Economiste-KM auprès d'Altran 16 000 salariés - dont un an auprès d'Arthur D. Little...), il fonde Economic Cell en 2013, laboratoire d’observation des innovations et des marchés. En 2017, il devient en parallèle Chef Economiste d'Harwell Management et en 2020, Professeur en économie de l'innovation à Aivancity.

Diplômé en Sciences-économiques de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (PhD), de Panthéon-Sorbonne Paris 1 (DEA d'économie industriel et de l'innovation) et de Grandes Ecoles de Commerce (Mastère spécialisé en ingénierie financière et métiers de la finance), il anime des conférences sur les métiers de demain dans les Universités et Grandes ecoles.

De sensibilité social-démocrate (liberté, égalité des chances first et non absolue, rééquilibrage par l'Etat in fine) c'est un adepte de la philosophie "penser par soi-même" qu'il tente d'appliquer à l'économie.