La Deutsche Bank va-t-elle faire faillite et faire sombrer l'Europe ?

800 MILLIARDS
Le bilan de la Deutsche Bank a baissé à 800 milliards d'euros.

N’ayez pas peur… facile à dire n’est pas avec un tel titre !

La Deutsche Bank va-t-elle faire faillite et faire sombrer l’Europe ?

Car lorsque l’on regarde sur Internet, quand on lit ce qu’on lit, et que l’on entend ce que l’on entend sur la Deutsche Bank il y a quelques bonnes raisons d’être inquiet.

Alors essayons d’apporter quelques réponses non pas rassurantes, mais les plus objectives possibles. Tentons de partager quelques éléments de compréhension et de réflexion pour mieux comprendre ce qu’il se passe et la réalité des risques auxquels nous sommes confrontés.

La Deutsche Bank en chiffres !

Le bilan de la Deutsche Bank baisse considérablement en passant de 1 200 milliards (en gros) à 800 milliards d’euros (en gros aussi). A ces niveaux on ne compte pas !

Les activités de trading pour compte propre sont gérées en extinction et baissent de 600 à 300 milliards d’euros.

Le risque maximum est estimé pour la Deutsche Bank à 1.515 milliards d’euros. Je vous passe les 414 millions qui ne sont plus significatifs vu les sommes en jeu.

Une structure de défaisance a été créée pour y loger les actifs pourris… soit 75 milliards d’euros pour la première phase. Il y en aura vraisemblablement d’autres.

Enfin les produits dérivés s’élèvent à… 45.000 milliards d’euros en gros… Oui, aucune erreur dans le chiffre: quarante cinq mille milliards d’euros et quelques poussières !

Alors, oui, il y a de quoi être inquiet, mais pas de quoi être terrifié !

Pourquoi ne faut-il pas être terrifié ?

Ce n’est que ma simple opinion et mon analyse, mais, si le chiffre de 45 000 milliards peut sembler colossal – ce qu’il est – c’est un montant en « notionnel » et cela ne représente pas du tout le risque final financier encouru par cette banque. Je vous explique tout dans la vidéo.

Lorsque l’on regarde l’exposition maximale au risque de 1 515 milliards d’euros, nous sommes dans des sommes, dans des montants qui sont à la portée de la BCE, la Banque centrale européenne dont le bilan est déjà de 4 000 milliards d’euros. Alors, dans le pire des cas, y rajouter 1 500 milliards de plus ne changera fondamentalement strictement à rien à la situation macroéconomique. L’euro baissera de 10 % par rapport au dollar.

Donald Trump couinera, et si ce n’est pas lui, nous entendrons les couinements de son successeur, qui demandera à la FED (la Banque centrale américaine) de laisser filer un poil plus le dollar et les choses se passeront… Elles continueront d’aller dans le même sens.

Quel est ce sens ?

Celui de la crise monétaire ! On remplace les crises économiques, les crises boursières, ou obligataires par un gonflement de tous les actifs, ce qui forme la bulle de tout. Les banques centrales sauveront toutes les banques qui vacilleront pour éviter l’effondrement. Au bout du compte, la monnaie s’érode, car pour éviter le pire, il faut chaque jour plus de monnaie. Plus de billets tout neufs.

Nous marchons donc vers une crise monétaire qui sera l’étape ultime de cette crise qui dure depuis 10 ans.

Voilà pour le scénario favorable.

Pour les autres, en cas de problème, en cas d’accident, en cas d’impuissance des banques centrales, ou pire encore, en cas d’explosion de l’euro, de la zone euro et de retour en catastrophe aux monnaies nationales, les choses peuvent mal se passer évidemment.

Pour le moment, il n’y a pas de raison malgré ses fragilités monumentales, malgré les cadavres financiers cachés par milliards d’euros dans les placards de la Deutsche Bank, que la banque allemande s’effondre, car elle sera sauvée pour éviter le pire. Cela ne veut pas dire que des clients ne perdraient pas d’argent. Mais la Deutsche Bank serait sauvée. Toutes les explications et l’analyse du bilan de la Deutsche Bank dans cette vidéo. Partagez, et abonnez-vous à la chaîne Youtube.

Pour télécharger le rapport financier complet de la Deutsche Bank: Annual_Financial_Statements_and_Management_Report_of_Deutsche_Bank_AG_2018


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.