Faillite géante. La chute d'Evergrande menace-t-elle la Chine et le monde entier ?

260 MILLIARDS €
La dette d'Evergrande est de 260 milliards d'euros.

Ceux qui me suivent depuis de nombreuses années maintenant, savent que je ne me cache jamais derrière mon petit doigt pour ne pas évoquer les risques économiques et financiers auxquels nous sommes confrontés. N’ayant pas franchement de conflits d’intérêts personnels et jouissant d’une immense liberté de ton et de parole liée à l’indépendance me me confère le soutien de mes lecteurs, lorsque je vois arriver des nuages sombres à l’horizon je peux vous les signaler sans trop de crainte !

Et côté nuages sombres, nous en avons quelques-uns du côté de nos amis Chinois avec leur numéro 2 de l’immobilier en Chine, rien que ça, qui est en train de vaciller sous le poids des dettes que ce groupe n’arrive plus à honorer.

Avant de vous dire si vous devez vous ruer aux abris, retirer l’argent de vos banques et courir vers le premier supermarché (sans pass sanitaire) à votre disposition pour faire le plein de boîtes de raviolis bio de chez Carrefour (surtout les végétariens qui sont exquis), revenons sur ce qu’il se passe dans l’Empire du milieu.

China Evergrande : En Chine, le risque de crise de liquidité chez Evergrande se précise

« HONG KONG (Reuters) – Les autorités de Pékin ont averti plusieurs grandes banques du pays qu’Evergrande Group ne pourrait pas honorer les intérêts dus le 20 septembre sur un emprunt, a rapporté Bloomberg mercredi, ajoutant ainsi aux craintes d’une crise de liquidité du numéro deux chinois de l’immobilier.

Le ministère du Logement et du Développement urbain et rural a informé les banques lors d’une réunion organisée cette semaine, précise l’article, qui cite des sources proches du dossier. Il ajoute qu’Evergrande poursuit ses négociations avec ses banques créancières sur la possibilité d’étaler ses remboursements ou de prolonger la durée de certains de ses emprunts.

Numéro deux de l’immobilier en Chine, Evergrande affiche une dette d’environ 1 970 milliards de yuans (près de 260 milliards d’euros) et beaucoup craignent de le voir contraint de se déclarer en cessation de paiement, ce qui pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du système financier chinois.

Mardi, Evergrande a déclaré avoir mandaté des conseils pour étudier différentes options financières et mis en garde contre des risques de défauts liés à la chute des ventes immobilières et aux difficultés qu’il rencontre pour céder des actifs. »

Vous pouvez laisser les raviolis dans les rayons…

Vous pouvez en acheter (c’est une parabole qu’il faut comprendre de façon plus large) des bocaux, car avec l’inflation actuelle, mieux vaut détenir trois boîtes de raviolis qui prennent 10 % que conserver son argent sur un livret A à 0.5 % par an. Anémique.

Mais revenons à nos moutons chinois.

Evergrande est le numéro deux de la construction en Chine, vous avez des milliers de familles dans tout le pays qui attendent la livraison de leurs logements, et la priorité de Pékin atoujours été la stabilité sociale.

Il y a donc de très fortes raisons de penser que face au risque systémique et social que présente cette faillite annoncée, les autorités de Pékin vont sauver l’entreprise, ou à tous le moins ses chantiers et les banques exposées pour éviter pire danger.

Vous avez donc assez peu de raison de paniquer, et d’ailleurs si les marchés s’inquiètent, ils ne tremblent pas.

C’est le fameux adage boursier que j’ai concocté et que je résume par un « plus c’est grave, plus c’est bien ». Plus c’est grave, plus les autorités sont obligées d’intervenir pour sauver la situation, donc plus c’est grave, plus c’est bien car il ne se passera rien et au bout du compte c’est le contribuable qui paiera.

Cette faillite devrait donc accoucher d’une souris.

Devrait.

Cela peut toujours dégénérer.

Les autorités peuvent toujours perdre le contrôle de la situation.

Mais, il n’y a pas de quoi aller chercher la clef de votre abri antiatomique.

Quelques centaines de milliards de dollars fraîchement imprimés n’auront aucun mal à venir à bout de cette situation.

Il n’y a de problème véritable que lorsque l’on s’interdit de battre monnaie.

Quand on s’autorise à imprimer autant de monnaie que les problèmes le nécessitent, alors ces derniers s’envolent à court terme, et vous reviennent quelques mois après sous forme d’inflation et de dévalorisation monétaire.

Mais, à chaque jour suffit sa peine.

En revanche, si j’étais le patron d’Evergrande, ou au Comité de Direction, je tenterais de prendre la poudre d’escampette rapidement, car il y a quelques têtes qui risquent de tomber, et en Chine, quand elle tombe c’est au figuré, mais surtout au propre, ce qui est une expérience toujours désagréable pour celui qui doit la vivre.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.