Les feignasses françaises font en plus des heures sup non payées. Qui prévient le président ?

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Notre mamamouchi élyséen explique aux gueux qu’ils n’ont qu’à traverser la rue pour trouver du boulot, ce qui est parfaitement vrai et totalement faux…

Mais pour comprendre la complexité, notre phare élyséen devrait quitter les ors de la république pour faire l’économie appliquée, de l’économie de gueux.

Moi y en a expliqué à lui notre grande luminescence.

Quand pauvre gueux travaillé pour 1 200 euros par mois et traverse de trottoir pour trouver nouveau emploi, ça facile. Plus difficile quand nouveau boulot à 40 kilomètres avec horaires décalés genre de nuit et que les crèches sont fermées pour garder les gosses, ou qu’il faut faire 100 kilomètres aller-retour chaque jour, bref, si prix du gasoil en grosse hausse, intérêt de bosser en grosse baisse.

Du coup, comme gueux pas con et agent économique raisonnable lui faire calcul… travail + salaire – coûts pour travailler – prix de la gamelle – prix de la garde des gosses – prix gasoil – prix usure bagnole – prix des amendes – coûts des points perdus = gueux rester maison, demander RSA car plus rentable...

S’il y a évidemment des gens qui travaillent sans trop se fatiguer, l’un des grands paradoxes économiques de ce pays, est de bien trop rémunérer l’inactivité au lieu de récompenser le travail. Cela créé des trappes de pauvreté et d’inactivité. La bonne réponse n’est pas tant la baisse des minima sociaux, que la création d’un véritable droit opposable au travail en échange d’un vrai salaire permettant de vivre convenablement, mais c’est un autre grand débat !

Un autre paradoxe, est que les gens sont en réalité bien plus travailleurs qu’il n’y parait, et la productivité française est excellente…

Elle est excellente aussi parce que 6 gueux sur 10 font même des heures supp sans être payés… si ce n’est pas être « corporate » je ne sais pas ce que c’est !!!

Finalement en moyenne on est aux 35 heures, mais on travaille 40 heures pour le même prix.

Quelqu’un pour envoyer un fax au patron de la start-up nation et l’informer de ça ?

Qui sont ces Français qui font des heures supplémentaires non rémunérées ?

« Selon une étude menée par le groupe de gestion de ressources humaines ADP, près de six Français sur dix font régulièrement des heures supplémentaires non rémunérées. Si certains expliquent que ça ne les « dérange pas », d’autres aimeraient bien lever le pied.

Vous avez travaillé tard hier soir ? Vous faites peut-être partie des six Français sur dix qui font régulièrement des heures supplémentaires non rémunérées. En moyenne, ils travaillent cinq heures de plus que prévu chaque semaine, selon les résultats d’une étude menée par le groupe de gestion de ressources humaines ADP (Automatic Data Processing).

Sur les 1.410 salariés interrogés en France dans le cadre de l’étude The Workforce View in Europe d’ADP, 58% réalisent régulièrement des heures supplémentaires non rémunérées. Les Français exercent leur activité en moyenne 4h37 par semaine sans contrepartie. Ils sont même 12% à assurer travailler plus de dix heures sans rémunération supplémentaire »...

Comme quoi, Français pas si feignasses que cela !

Les Français sont même très courageux, bien qu’il semble que le courage, ou en tous les cas, la « motivation » à se faire exploiter gratuitement s’émousse avec une proportion inverse à l’âge.

Toujours d’après cette étude, ce sont les jeunes qui ne veulent pas faire d’heures sup non payées par rapport aux plus vieux.

« Quant aux plus jeunes, ils seraient beaucoup moins enclins à faire des heures supplémentaires non payées. Ce que confirme Ilhem, 24 ans : « C’est notre volonté. On a un temps de travail de 9h à 17h30, on fait nos horaires ».

Le travail ne doit se résumer ni à un salaire ni à des horaires !

Je sais, c’est facile à dire, mais globalement, les gens ne s’y trompent pas.

Travailler juste pour un salaire et sans intérêt ou passion est fort triste.

Travailler en regardant l’heure pour surtout ne pas donner 5 minutes de plus à son « patron » est tout aussi triste.

Une relation uniquement comptable à son travail, révèle en réalité une inadéquation avec son poste, et ce que l’on est.

Quand on est pleinement dans son travail, c’est-à-dire qu’il est aussi une forme de passion ou d’intérêt fort, les journées sont rarement trop longues. Elles sont trop courtes par rapport à ce que l’on veut faire, réaliser ou entreprendre.

Les discours sur l’emploi sont anxiogènes et les difficultés sont évidentes pour beaucoup, mais il est possible de les surmonter, ce que l’on explique en réalité rarement.

La formation tient une place très particulière dans les stratégies d’employabilité même après, surtout après les formations initiales. Il ne faut pas attendre les formations « employeurs », et ne jamais hésiter à faire ce que l’on aime.

« Fais ce que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie »

Dans tous les cas de réussite professionnelle on retrouve l’engagement de la personne et sa capacité de travail. C’est une constante de la réussite.

Le fait de ne pas travailler, est également de l’autre côté une constante de l’échec.

Avec 6 Français sur 10 qui font des heures sup sans être payés nous avons la double preuve que nos concitoyens sont prêts à beaucoup d’efforts pour réussir et que nous avons collectivement toutes les qualités pour le succès de notre pays.

Toutes les qualités sauf une. Nous avons des dirigeants sans vision et qui encore plus grave, ne croient plus du tout aux possibilités du pays.

Nous sommes dirigés par des capitulards.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.