La feuille de route de Jean-Pierre Farandou, futur patron de la SNCF

35 MILLIARDS
L'État a repris les 35 milliards d'euros de dette de la SNCF.

Jean-Pierre Farandou a été choisi par Emmanuel Macron pour succéder à Guillaume Pepy à la tête de la SNCF. Le patron de Keolis passait son grand oral devant les députés et les sénateurs.

Durant ces séances de questions-réponses, Jean-Pierre Farandou a tracé les grandes lignes de sa feuille de route pour la SNCF pour les prochaines années, qui risquent d'être tumultueuse. Pas question de reconstituer la dette, alors que l'État a accompli un « énorme effort » pour reprendre les 35 milliards d'euros de dette de l'entreprise. Il vise l'équilibre financier en 2022, ce qui passera non seulement par l'augmentation de la clientèle (et donc par l'attrait de l'offre de la SNCF), mais aussi par un plan de productivité d'un niveau « peut-être jamais vu ». Pour y parvenir, Jean-Pierre Farandou a décrit quelques pistes, qui toutes devront au préalable avoir été discutées avec les salariés et leurs représentants.

Dénoncer les accords locaux

Le futur patron de la SNCF entend « co-construire » le chemin vers l'évolution de l'entreprise. Les salariés feront toujours les 35 heures… « mais il faut vraiment les faire », a-t-il souligné avant de dénoncer les accords locaux qui ont « sédimenté au cours des décennies ». C'est pourquoi il veut avoir un dialogue « respectueux » avec les syndicats, mais aussi « clair et lucide ». Jean-Pierre Farandou explique également qu'à son entrée dans l'entreprise, en 1981, les cheminots « étaient beaucoup plus polyvalents : le même cheminot dans une gare faisait la circulation des trains, vendait les billets et passait même un coup de balai, et cela ne choquait personne ! ». C'est ce qu'il aimerait retrouver via une réorganisation du travail interne qui a spécialisé les cheminots : « Il faut les dé-spécialiser, notamment sur les petites lignes ».

Utilité sociale et environnementale

Celui qui se présente comme un « enfant du service public » veut donner la priorité au ferroviaire, « colonne vertébrale des mobilités », tandis que le chemin de fer est utile socialement et environnementalement parlant. Il n'oublie pas la dimension économique de ce service public : « On doit rendre ce service au coût le plus ajusté pour la collectivité, car l'argent public est une denrée rare ».


A découvrir