FIAC, MOMA, Camille Henrot, l'art contemporain à la fête à Paris

77 %
La Fiac accueille 77 % de galeries étrangères.

Paris reste une grande capitale de l'art contemporain, spécialement en cette semaine de la Fiac.Tour d'horizon.

Paris demeure l'une des grandes capitales de l'art contemporain, la Fiac en témoigne (au Grand Palais jusqu'à dimanche). Il n'est pas évident de maintenir une grande foire internationale au top niveau, et pour y parvenir cela passe par une forte internationalisation, une capacité à attirer les grandes galeries internationales. Le problème, si toutes les foires d'art contemporain font de même, c'est d'aboutir à une uniformisation. La Fiac accueille 77% de galeries étrangères (contre 52% en 2005), Art Basel en Suisse atteint 91%, Frieze à Londres monte à 76%, mais on retrouve souvent les mêmes galeries ! Art Basel et Frieze ont 32,4% de galeries communes, Fiac et Frieze 22,1%, Fiac et Art Basel 43,2% (chiffres 2015 du Journal des arts nº 486, du 6 au 19 octobre 2017, page 6 du cahier spécial). Le cosmopolitisme mène à l'uniformité... Et les clients risquent de se lasser, pourquoi parcourir des foires différentes à travers l'Europe si c'est pour voir les mêmes galeries ?

Quoi qu'il en soit cette édition de la Fiac est réussie et assez enthousiasmante par les découvertes qu'on peut y faire, des peintures de Pieter Schoolwerth (figuratives et colorées, ce qui est assez original pour la Fiac il faut bien le dire, mais tant mieux), les textes multicolores (encore !) de Mel Bochner, les elfes revisités de Raqib Shaw, les toiles peintes sur du sable de Kim Tschang-Yeul, les peintures mêlant style Renaissance et vision SF de Laurent Grasso. On ne manquera pas de faire un tour au Grand Palais.

Parmi les autres salons, le "off" si l'on peut dire, on signalera Art Elysées sur les Champs-Elysées, YIA Art Fair au Carreau du Temple, Asia Now au 9 avenue Hoche et aussi le très intéressant Outsider Art Fair, consacré à l'art brut, à l'Hôtel du Duc, 22 rue de la Michodière. Tout ça à voir d'ici dimanche !

On aura plus de temps pour se rendre à la Fondation Louis Vuitton qui frappe encore un grand coup en accueillant 200 œuvres du célèbre MOMA de New York. On y verra quelques grands classiques (Klimt, Cézanne, Signac, Magritte), des Warhol et des Lichtenstein, et une partie contemporaine moyennement convaincante, trop démonstrative (l'identité, le Sida) ou anecdotique (les premières émoticônes). Mais on termine en apesanteur avec l'installation sonore de Janet Cardiff qui diffuse sur des haut-parleurs disposés en cercle un motet du XVIe siècle chanté par le chœur de la cathédrale de Salisbury. Plus très "art contemporain" pour le coup !

On prendra aussi le temps de passer au Palais de Tokyo totalement pris en main par l'une des artistes françaises les plus connues internationalement, Camille Henrot. Elle y construit un parcours sensible de dessins, de sculptures, de références littéraires, d'objets du quotidien (une salle consacrée aux emails !), le tout découpé dans les sept jours de la semaine.A la fois apaisant et stimulant.

Pour continuer dans la même ambiance, on ira voir la Palme d’or à Cannes, The Square, du suédois Ruben Ostlund, qui sort cette semaine, il s’agit d’une comédie qui se moque de l’art contemporain !


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.