Fibre optique : l'Arcep hausse le ton contre les « plats de nouilles »

10 MILLIARDS €
Les opérateurs ont investi 10 milliards d'euros dans le déploiement de
la fibre optique en 2019.

L’Arcep se lancerait-elle dans une campagne de dénigrement de la cuisine italienne ? Pas vraiment… En revanche, elle a décidé de hausser le ton contre une certaine pratique très décriée et qui concerne le déploiement de la fibre optique en France : les « plats de nouilles », comme ils sont appelés par les spécialistes du réseau.

Les sous-traitants des opérateurs pointés du doigt par l’Arcep

Lorsqu’un opérateur déploie la fibre optique, il peut le faire par le biais de ses équipes, mais, généralement, ce sont des sous-traitants, spécialisés dans les travaux publics, qui s’en chargent. Pour l’Arcep, le régulateur des télécoms, les opérateurs ne les ont pas assez surveillés ce qui a permis la mise en place de « pratiques de cochons », selon les termes utilisés par Sébastien Soriano, à la tête de l’Arcep.

Ces « dérives », comme il les appelle, inquiètent l’Arcep pour une simple raison : elles ralentissent le déploiement de la fibre optique en France… alors qu’on s’attend déjà à un ralentissement généralisé lié à la crise du Covid-19. Selon l’Arcep, la France prendrait un retard équivalent à un million de prises fibre optique en 2020.

Pourquoi les « plats de nouilles » sont-ils attaqués par l’Arcep ?

Un « plat de nouilles » ou un « sac de nœuds », c’est une armoire de branchement mal organisée où les fils s’entremêlent au point que les techniciens ne s’y retrouvent plus. Le « cable management » y est égal à zéro ce qui rallonge le temps de branchement et provoque, parfois, des erreurs : il n’est pas rare de voir sa connexion être coupée parce qu’un technicien l’a débranchée lors d’une opération pour un autre client. Et, du coup, c’est parti pour des heures d’appel au service technique de l’opérateur et plusieurs jours sans Internet.

L’Arcep a donc publié, le 16 juin 2020, de nouvelles recommandations pour « éviter que quelques brebis galeuses viennent saccager le travail extrêmement professionnel de l’essentiel des autres sous-traitants ». Une solution simple a été trouvée : le déréférencement des sous-traitants responsables des « pratiques de cochons ». Une décision que pourra prendre l’Arcep et qui empêchera les entreprises concernées d’obtenir ces marchés.


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