Financement des retraites : un français sur deux serait favorable à une hausse des côtisations

Les Français sont résignés à une nouvelle réforme du financement des
retraites. Cette résignation ne se ferait pas à n'importe quel prix :
s'ils sont davantages enclins à une hausse des cotisations (47 %),
plutôt qu'à une augmentation du nombre d'années de cotisation (42 %),
ils excluent une baisse des montants des retraites versées (9 %).

La chute de popularité du gouvernement en matière économique observée depuis le mois de juin 2012 paraît enrayée et connaît même un sursaut d'un point, passant de 34 % à 35 % d'opinions favorables en deux mois, d'après le sondage Tilder/LCI/OpinionWay de ce mercredi 23 janvier.

 

Ce frémissement est le résultat de la tactique de communication du gouvernement qui a consisté à ne pas se mettre en première ligne sur les dernières annonces à tonalité négative et à surcapitaliser sur les bonnes nouvelles :

Première bonne nouvelle : la réussite de la concertation sur le marché du travail qui a crédibilisé la méthode énoncée par le président de la République lors du sommet social.

Deuxième bonne nouvelle : l'annonce d'une commande importante qui sauve les chantiers de Saint-Nazaire et a revigoré le secteur industriel miné ces derniers mois par les annonces de plans sociaux à répétition.

Troisième bonne nouvelle : la cacophonie gouvernementale autour des plans sociaux a cessé donnant une meilleure lisibilité à l'action gouvernementale.


Toutefois, l'enrayement de cette chute doit être relativisé : le niveau de popularité reste très faible et cette faiblesse ne permet pas actuellement au gouvernement d'envisager des réformes structurelles d'envergure, comme une réforme du financement des retraites. Souvenons-nous de 1995, souvenons nous de 2003, souvenons nous de 2010. A chaque fois, ce fut tensions, manifestations, blocages… malgré les déminages communicationnels des différents ministres du travail à la manœuvre.

Si l'on ajoute à l'équation déjà compliquée de baisse démographique, d'allongement de la durée de vie et de différences de calcul des cotisations, la question de l'alignement des régimes publics et privés, la mission devient quasi impossible, tant les fronts d'hostilité sont nombreux. En communication, le seul moyen de franchir ce type d'étape repose sur deux méthodes : pédagogie et concertation.

 

Une chance pour le gouvernement, le sondage Opinion Way pour Tilder et LCI montre que les Français sont résignés à une nouvelle réforme. Cette résignation ne se ferait pas à n'importe quel prix : s'ils sont davantages enclins à une hausse des cotisations (47 %), plutôt qu'à une augmentation du nombre d'années de cotisation (42 %), ils excluent une baisse des montants des retraites versées (9 %).

Les Français sont donc prêts à payer plus, peut-être à travailler plus longtemps, mais surtout pas pour gagner moins. Pour ce qui concerne la concertation, elle est indispensable au gouvernement qui pourra s'abriter des critiques derrière les partenaires sociaux… mais cette concertation ne se fera pas sans heurts : le MEDEF ayant d'ores et déjà fait savoir qu'il militerait pour une augmentation du nombre d'années de cotisation. Le gouvernement à un moment donné sera obligé de sortir et de suivre une ligne de communication.

 

Se positionner sur une réforme des retraites quand on est à 35 % d'opinions favorables : attention danger !


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