Les Etats-Unis au bord du gouffre budgétaire

Le mur budgétaire qui a été voté à l'été 2011, pour éviter une
banqueroute de l'Etat fédéral a pour objectif la réduction du déficit
de 1200 milliards de dollars sur 10 ans à partir de 2013

L'économie va s'imposer comme l'enjeu principal du second mandat de monsieur Barack Obama. La collaboration politique pourrait permettre d'améliorer la situation économique. En clair, il faudra dans un premier temps tendre la main aux Républicains, majoritaires à la Chambre des représentants pour éviter le « fiscal cliff » généralisé aux différents Etats américains à partir du mois de janvier 2013. Le mur budgétaire (« fiscal cliff » en anglais) qui a été voté à l'été 2011, pour éviter une banqueroute de l'Etat fédéral a pour objectif la réduction du déficit de 1200 milliards de dollars sur 10 ans à partir de 2013. Ce mur fiscal prévoit une hausse des impôts de 20% pour tous soit 2000 dollars supplémentaires par an pour les ménages de classe moyenne. 90% des contribuables américains seraient touchés. Les foyers les plus riches verront leur revenu après impôt diminuer le plus. Ceci nous rapproche d'un vrai projet social-démocrate qui touche toutes les catégories de la population. Il s'agit alors d'améliorer la situation de tous selon leurs attentes, en variation, et en respectant les principes de l'égalité des chances, des libertés de base pour tous et l'attention, en variation, à la situation des plus démunis.

Pour l'heure, si démocrates et républicains ne parviennent pas à un accord, plusieurs centaines de milliards de dollars de coupes budgétaires automatiques interviendront dès le 1er janvier 2013 frappant tous les postes budgétaires dont la défense. Les dépenses de l'Etat fédéral pour 2013 seraient réduites de 109 milliards de dollars de coupes budgétaires automatiques. Cette baisse ajoutée à la hausse de l'impôt ramènerait le déficit budgétaire à 641 milliards de dollars. Soit 4% du PIB (contre 7,6% en 2012). En revanche coté taux de chômage on risque de s'attendre à une nouvelle hausse 9,1% en 2013, contre 7,8% en septembre, selon le bureau du budget du Congrès.

On craint l'avenir à Washington. Cette nouvelle pression fiscale, un peu comme en Europe d'ailleurs, risque de faire replonger une bien difficile reprise économique. Le FMI a déjà annoncé paradoxalement qu'avec ce type de mur budgétaire, les EU pourraient perdre 4 points de croissance et retomber en récession, ce qui pourrait entrainer le reste de l'économie mondiale et en particulier la zone euro.

 

Du coté de l'accord politique, Barack Obama reste optimiste pour pouvoir s'accorder avec  les républicains qui contrôlent la chambre des représentants au sein du congrès, sur la question de la réduction du déficit public. Accord certes, mais il faudrait éviter le précipice budgétaire et de ce coté apparaissent alors les antagonismes. Il est clair que la catégorie de population cible de Barack Obama est les plus riches. Il pourrait même adresser son veto à tout accord si celui-ci ne prévoit pas une augmentation des impôts des plus riches. En même temps le projet est global et la contribution pèsera sur tous les ménages selon leurs attentes légitimes avec au cœur du projet social-démocrate la courbe de Laffer bien connue par catégorie de la population.


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Pascal de Lima

Pascal de Lima est un économiste de l'innovation, knowledge manager et Professeur à Aivancity proche des milieux de cabinets de conseil en management. Essayiste et conférencier français  spécialiste de prospective économique, son travail, fondé sur une veille et une réflexion prospective, porte notamment sur l'exploration des innovations, sur leurs impacts en termes sociétaux, environnementaux et socio-économiques. Après 14 années dans les milieux du conseil en management et systèmes d’information (Knowledge manager auprès de Ernst & Young, Cap Gemini, Chef Economiste-KM auprès d'Altran 16 000 salariés - dont un an auprès d'Arthur D. Little...), il fonde Economic Cell en 2013, laboratoire d’observation des innovations et des marchés. En 2017, il devient en parallèle Chef Economiste d'Harwell Management et en 2020, Professeur en économie de l'innovation à Aivancity.

Diplômé en Sciences-économiques de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (PhD), de Panthéon-Sorbonne Paris 1 (DEA d'économie industriel et de l'innovation) et de Grandes Ecoles de Commerce (Mastère spécialisé en ingénierie financière et métiers de la finance), il anime des conférences sur les métiers de demain dans les Universités et Grandes ecoles.

De sensibilité social-démocrate (liberté, égalité des chances first et non absolue, rééquilibrage par l'Etat in fine) c'est un adepte de la philosophie "penser par soi-même" qu'il tente d'appliquer à l'économie.