Fitch abaisse la notation d'EDF après l'injonction de l'État

20 %
20% de la capacité de production nucléaire française est actuellement
hors service, pour cause de maintenance des réacteurs principalement.

L’agence de notation Fitch a abaissé la notation d’EDF d’un cran, de « A- » à « BBB+ » après que Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances, a annoncé son intention de demander à EDF de vendre davantage d’électricité aux fournisseurs alternatifs à prix réduit.

EDF contraint de rogner sur ses bénéfices

L’horizon financier s’assombrit pour EDF. En emboîtant le pas aux actionnaires, qui ont durement sanctionné EDF le 14 janvier 2022, l’agence de notation Fitch a fait le choix, le 17 janvier 2022, d’abaisser la notation de l’énergéticien : EDF n’est plus noté « A- » mais « BBB+ ». Par la même occasion, Fitch a également inclus EDF dans sa liste de sociétés « Rating Watch Negative », dont la sortie est conditionnée à une amélioration des perspectives financières.

Cet abaissement de la note survient après que Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances, a annoncé le 14 janvier 2022 son intention de demander à EDF de vendre davantage d’électricité à ses concurrents à prix réduit. Il faut savoir qu’aujourd’hui, EDF a l’obligation de vendre 100 TWh d’électricité aux fournisseurs alternatifs à un prix fixe, à savoir 42 euros le MWh. Le gouvernement compte demander à EDF d’en vendre 120 TWh. En plus, EDF remet à plus tard son projet d’une hausse lissée des tarifs, initialement prévue à partir de février 2022. L’objectif de toutes ces mesures est de tenter de contenir la hausse des tarifs d’électricité pour les consommateurs (particuliers et entreprises) à 4%, malgré la flambée actuelle des cours.

EDF :  1 réacteur nucléaire sur 6 étant à l’arrêt, la production est nettement amputée

Fitch estime que les finances d’EDF seront impactées d’une manière non négligeable par cette demande et que l’impact financier se fera sentir tout au long de l’année 2022. (Bruno Le Maire avait pour sa part estimé cet impact entre 7,7 milliards et 8,4 milliards d'euros.) Fitch fait remarquer qu’à l’heure actuelle, aucun mécanisme de compensation par l’État de ces pertes n’est prévu.

Fitch pointe également l’arrêt actuel de 10 des 56 réacteurs nucléaires d’EDF (pour cause de maintenance principalement), ce qui réduit la capacité de production nucléaire française de 20%. EDF avait lui-même annoncé une baisse prévue de production de 330-360 TWh à seulement 300-300 TWh. Au vu de ces deux facteurs, Fitch estime que le bénéfice d’EDF avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (Ebitda) s’élèvera à seulement 4 milliards d’euros en 2022, soit 75% du montant anticipé précédemment.


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