Fonds de solidarité, prêt garanti par l'Etat... Et après ?

7 %
On estime à 7% la part des PGE qui pourraient ne pas être remboursés.

Le fonds de solidarité et le Prêt garanti par l’Etat sont deux des mesures phares du plan de soutien à l’économie mis en place par le gouvernement.  

S’il est vrai que les entreprises d’autres pays nous envient ces dispositions, cela n’empêche pas les nôtres de naviguer à vue, dans un contexte extrêmement confus.

Entre incohérences, manque de clarté sur la catégorisation des secteurs d'activité, changements permanents des règles d'attribution (par exemple concernant la prise en considération du click & collect dans le CA pour calcul des indemnités) et autres modifications extrêmement courantes des législations, la profession des experts comptables est contrainte de naviguer à vue, ce qui met en porte-à-faux nombre d'entre eux vis-à-vis de leurs clients. Dans un contexte où ces clients se retrouvent souvent face au mur, les experts comptables déplorent le manque de positions suffisamment claires et précises du gouvernement pour les aider.

D'autre part, la question du montant des aides se pose également: le fonds de solidarité, s'il semble adapté dans certains cas, est-il suffisant pour les entreprises de taille moyenne ? Il représente en effet entre 1500 et 10 000 € de manière générique, ce qui peut être suffisant pour couvrir les charges fixes courantes. Mais suffit-il à compenser le manque à gagner en termes de revenus pour les dirigeants, qui ne sont pas couverts par l'assurance chômage ? 

Nombre d'entre eux sont contraints de puiser dans le PGE, lorsqu'il a été accordé, pour la rémunération des dirigeants: mais il s'agit là d'une véritable bombe à retardement.

Prévu pour être remboursé au terme d'une année sans intérêt, les banques ont aujourd'hui la consigne de différer d'un an le remboursement, qui s'étalera sur 4 à 5 ans. Mais ces banques imposeront des intérêts. 

On peut légitimement se demander: comment une entreprise qui redémarre pourra-t-elle générer suffisamment de chiffre d'affaires pour revenir à son niveau d'avant crise, et en parallèle rembourser son PGE avec intérêts (ce qui nécessitera de dégager 5% de marge supplémentaire).


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