9 Français sur 10 sont stressés, dont 35 % pour des raisons financières

55 %
Pour diminuer leur stress, 55 % des Français font du sport.

Le mal de dos serait le « mal du siècle » entend-on souvent, ce serait plutôt le stress si l’on en croit une récente enquête d’Opinionway.

Commandée par la Fondation Ramsay Générale de Santé et dévoilée lors du Festival de la Communication et de la Santé qui s’est tenu à Deauville les 24 et 25 novembre, un sondage d’Opinionway* fait le point sur le stress.

Les principaux points de l’étude montrent l’ampleur du problème dans la population : près de 9 Français sur 10 (89 %) sont stressés et près de 4 sur 10 (38 %) ont vu leur stress augmenter sur les trois dernières années. Un Français sur deux se considère comme assez (40 %) ou très (10 %) stressée. Les catégories plus stressées sont les femmes (60 %) et les 25-34 ans (57 %).

Les pathologies que les Français associent au stress sont des troubles de la santé mentale à 56 %, le diabète et le surpoids à 13 %, les troubles musculosquelettiques à 7%, les troubles digestifs à 5 %, et tous ces liens sont tous médicalement prouvés*.

À court terme, le stress génère des répercussions sur le sommeil pour 54 % des Français, sur le comportement (nervosité, énervement) pour 40 % d’entre eux, et sur la vie de famille et de couple (disputes, moins d’attention) pour 26 % d’entre eux.

Les causes du stress sont la vie professionnelle (36 %), les problèmes financiers (35 %) et la vie personnelle (33 %), les problèmes de santé (31 %), l’insécurité (26 %), la difficulté à concilier vie professionnelle et vie personnelle (21 %), et les transports (12 %).

Quelles solutions apportent les Français pour répondre au stress ? En premier vient le sport (55 %), ensuite la relaxation, le yoga ou la méditation (45 %), la consultation d’un professionnel de la santé que ce soit un médecin ou un psychologue (34 %), le recours à des médecines parallèles (29 %), et en parler avec son entourage (28 %).

Le problème du stress est donc massif, mais les Français se prennent en charge pour tenter d’y répondre. Cependant, il faut encourager une plus grande prise de conscience des institutions médicales, le stress est un vrai problème de santé publique !

Parmi les autres sujets évoqués au Festival de la Communication et de la Santé, on citera l’accent mis sur l'intelligence artificielle et la santé connectée. On a notamment pu assister à des ateliers et la présentation de projets mettant en avant la digitalisation du parcours patient (grâce au big Data et au data crunching), qui permet au patient de co-construire son parcours de soin grâce à l'amélioration du diagnostic à distance, l'assistance robotique à l'hôpital, les agents conversationnels, encore appelés chatbots, permettant de rompre l'isolement du patient ou d'assister le médecin dans la gestion du dossier de son patient, ou encore l'amélioration de l'hébergement des données de santé à caractère personnel, permettant une meilleure optimisation des systèmes d'information en hôpital. (Orange Healthcare)

Concernant ce dernier point, on ne mesure pas encore tous les bouleversements à venir en matière de circulation des données de santé et coordination des systèmes de santé, ce qui va permettre à l'avenir d'aider à un diagnostic plus rapide.

Le Challenge Pierre Fabre a également permis de bien comprendre en quoi l'archivage et le traitement d'un grand nombre d'images médicales, ici dans le cas d'analyse de mélanomes bénins et malins sur des grains de beauté grâce à l'intelligence artificielle pouvait aider à résoudre des cas patients.

Cependant, si les objets connectés ne remplacent pas le diagnostic du médecin, ils ont toute leur utilité dans les cas d'aide à l'observance d'un traitement, notamment dans le cas de pathologies chroniques, d'outils motivationnels pour le patient, de surveillance d'un patient par un professionnel de santé, ou encore comme on l'a vu précédemment d'aide à la gestion du stress.

On peut citer les trackers d'activité comme outils motivationnels aidant au suivi des patients ayant un problème cardio-vasculaire, ou encore l'auto-tensiomètre (tensiomètre connecté) qui permet un meilleur suivi des femmes qui ont une grossesse à risque. Dans ce dernier cas, la prise de tension à domicile et la transmission des informations aux centres de soin permet aux infirmiers, grâce à un algorithme de traitement des données, d'être alertés en cas de données préoccupantes et d'intervenir rapidement.

Des plateformes de gestion, telles Tactio Virtual Santé, permettent aujourd'hui d'évaluer quantitativement et qualitativement ces outils connectés et les nouvelles pratiques qu'elles induisent en milieu hospitalier. De plus, le Score SUS, questionnaire informatisé de retours d'expériences adapté aux dispositifs de santé, permet de mieux percevoir leur utilité réelle pour les professionnels de santé et les patients.

Parmi les projets mêlant nouvelles technologies et santé ressort également le fameux Schyzo Lab, déjà récompensé l'an dernier, qui se démarque en montrant en quoi la réalité virtuelle peut se mettre au service d'une meilleure compréhension des pathologies psychiques. Les professionnels de santé peuvent en effet grâce un casque de réalité virtuelle se mettre dans la peau d'un schyzophrène et mieux comprendre grâce à des mises en situation visuelles et auditives le quotidien de leurs patients.

Voici pour les quelques projets qui méritent une attention particulière et qui sont prometteurs de nouveaux usages en santé dans le futur.

(Article écrit avec la collaboration d'Alice Léger)

*Note : sondage Opinionway réalisé en ligne du 4 au 6 octobre 2017 suivant la méthode CAWI auprès d’un échantillon représentatif de 1017 personnes représentatives la population française âgée de 18 ans et plus, et d’après la Cartographie médicale du stress réalisée avec Kap Code et la Fondation Ramsay Générale de Santé prenant en compte 10 ans d'observation des conversations sur le sujet sur les réseaux sociaux et 10 ans de publications de recherches médicales sur le stress.


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Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com