Eoliennes : ces mystérieux investissements au bilan désastreux

5 %
L'énergie éolienne représente moins de 5 % de la production nationale
d'électricité.

Il ne se passe pas une semaine sans qu’on parle des énergies renouvelables, des emplois de demain par millier. A chaque fois on vous montre une éolienne à hélice pour illustrer ces investissements.

Problème : allez vous balader sur un site d’éoliennes et vous serez seul. Tout est télésurveillé à distance, quand ça marche. Un exploitant très connu : EDF énergies nouvelles, a mis trois jours pour réagir alors qu’une pale d’éolienne de plusieurs tonnes était tombée vers l’autoroute A10 en région parisienne.

Après 10 ans d’efforts et de promesses, dix milliards d’euros dans les éoliennes et une dépense de plus d’ 1.5 milliard par an , quel est le résultat ? A peine 5% de l’énergie nationale, soit dix fois moins que le résultat promis voici dix ans. En 2005 le Gouvernement annonçait 10% pour 2010 et nous sommes à 5% en 2015. En 2010 le gouvernement annonçait 21% pour 2015, et nous en sommes toujours à 5 %, soit à peine le quart des objectifs révisés !!! La part est si faible que l’éolien ne figure même pas dans les énergies significatives mentionnées sur les factures EDF. Et pourtant, les éoliennes mitent de plus en plus nos territoires de signaux de 180 m de haut qui restent … des symboles !... Dans le Massif Central, c’est même de l’occupation coloniale en profitant des faibles populations, et on ne découvrira les dégâts à l’environnement que plus tard.

Pourquoi ? Parce que les promoteurs en ont fait une froide machine à fric, qui leur permet de revendre leurs opérations une fois installées à des investisseurs qui recherchent des niches fiscales. On peut aujourd’hui parler des mercenaires de l’éolien , dont l’énergie renouvelable est le plus lointain souci.

Chaque fois qu’un équipement se profile, on fait miroiter les millions d’investissements, qui s’évanouissent dès la mise en service. Pas un emploi sur place, pas une seule retombée permanente, pas une seule contribution au développement local, des loyers dérisoires à quelques propriétaires locaux, quand ils ne sont pas parents avec le maire. Et même le bilan devient négatif avec des emplois détruits sur place.

Les syndicats de l’éolien racontent que ça crée des emplois. Ils en réclament 10 000. Problème : le seul document est une enquête commandée par eux et qui fonctionne par sondage et questionnaire. Aucun chiffre statistique officiel ne confirme. Bien au contraire, les agences immobilières, les chambres de l’artisanat connaissent bien les dégâts de ces opérations. Un électricien passe de temps en temps, une équipe d’entretien passe quelques jours par an, et c’est tout. Des économistes expérimentés n’ont jamais réussi à trouver plus que l’équivalent de 650 emplois permanents en CDI. Ca fait une grosse différence. Imaginez des projets locaux par dizaines, chacun de 15 millions, dans nos villages français sans créer un seul emploi sur place… Vous ne trouvez pas ça un peu bizarre ?

Ludovic Grangeon

Ludovic Grangeon est expert conseil en assistance aux entreprises et services publics, partenaire de plusieurs réseaux d’expertise en management et innovation sociale de l'entreprise. Fondateur de l'axe «Entrepreneuriat de l'économie sociale» à l'ESDES Lyon, également membre du comité stratégique national Afnor management et services, il participe régulièrement aux Journées de l’Economie.

Il a successivement exercé dans l'aménagement du territoire, les collectivités locales, en France et auprès de gouvernements de pays émergents, Maghreb, Amérique Latine, Asie, puis à la Caisse des Dépôts et Consignations, direction générale Paris (affaires internationales et recherche) et en région, gérant de portefeuille industriel dans un groupe international de capital risque, ensuite Président et Directeur Général de sociétés Veolia/Dalkia énergie région Sud Est, expert inspecteur auditeur Afnor/Communauté Europénne, puis secrétaire Général du GIE Agirc Arrco.