Les Français fêtent cette semaine le jour de libération fiscale !

Selon l'OCDE l'ensemble des dépenses publiques françaises atteindra,
pour 2012, 56,1 % du Produit Intérieur Brut.

L'État, les collectivités locales et les administrations de sécurité sociale dépensent chaque année plus de la moitié de la richesse créée par les Français...

 

Rapporté au nombre de jours d'une année, il faut 205 jours travaillés pour régler la facture publique.
Ce n'est donc qu'à partir du 24 juillet 2012 que les Français seront libérés du poids de la dépense publique. L'année dernière, d'après les mêmes sources, le jour de libération fiscale tombait un 22 juillet, et au vu des réformes en cours, le jour de libération fiscale de 2013 devrait tomber encore plus tard.

Gaspillages, inefficacité, corporatisme, fraude, concussion, etc.… Autant de causes expliquant que l'argent des contribuables soit aussi mal employé par la classe politique. Ainsi, la place de la France se détériore lentement dans le palmarès des pays de l'OCDE.
Elle est désormais à la deuxième place des administrations les plus dépensières, derrière le Danemark et juste devant la Finlande.

Ceci traduit une absence totale de maîtrise des pouvoirs publics sur les finances de la Nation depuis plus de 30 ans, là où nos voisins sont plus vertueux. Les Français travaillent ainsi en moyenne plus de 50 jours par an de plus que les pays de la zone euro pour payer leurs dépenses publiques. Les Allemands, par exemple, sont libérés le 16 juin. En effet, la part des dépenses publiques est passée en Allemagne de près de 55 % du PIB en 1995 à 45 % cette année.

Pendant la même période les dépenses publiques de la France augmentaient de 2 points. Pour la seule rémunération de leurs fonctionnaires, les Allemands dépensent 6 % du PIB de moins que la France ! Si les dépenses de l'État et des administrations centrales représentent 65 jours de dépenses publiques, ce sont les administrations de sécurité sociale qui pèsent le plus lourd, avec l'équivalent de 89 jours de richesses consommées par an.

Bien évidemment, ces dépenses non maîtrisées doivent être financées par une fiscalité parmi les plus lourdes d'Europe. D'autres instituts - l'Institut Molinari - calculent d'ailleurs le jour de libération fiscale en mesurant le poids moyen des prélèvements pour un salarié. Le résultat est analogue : il tombe à 2 jours du nôtre.

Trop de dépenses publiques par rapport à nos voisins, ayant pour conséquence une fiscalité et des charges sociales beaucoup trop lourdes.
La France est bel et bien devenu un enfer fiscal, et donc aussi un enfer économique et social.


Alain Mathieu

Alain Mathieu est président de l'association Contribuables Associés (200 000 membres). Polytechnicien et docteur ès sciences économiques, il s'intéresse depuis plus de 10 ans au fonctionnement de la société française et a publié deux ouvrages : « Le modèle anti-social français », en 2008, et « Ces mythes qui ruinent la France », en 2011.