Quel avenir pour l'éducation routière en France ?

20 %
LA TVA à laquelle sont soumises les auto-écoles est de 20%.

Certains voudraient par exemple faire croire que les modèles d’auto-école en ligne sont contraires aux lois, alors que les autorités compétentes ont confirmé publiquement la légalité des auto-écoles nouvelles générations.

Ces personnes combattent l’innovation car elles refusent de voir la nécessité de moderniser le secteur de l’auto-école en France. Désigner un coupable permet d’éviter un débat de fond sur l’avenir de l’éducation routière.

Un secteur à bout de souffle

Le secteur de l’enseignement de la conduite en France est à bout de souffle. La faiblesse des marges détruit les entreprises et sacrifie toute ambition de véritable politique d’éducation routière. Les clients payent trop cher, pour des formations dont la qualité pédagogique est hétérogène. Les auto-écoles sont en difficulté car elles font face à des charges élevées : une TVA à 20% (contrairement à de nombreuses activités d’enseignement), des voitures à double-pédales, un loyer pour un local obligatoire, le carburant, les salaires du personnel enseignant et éventuellement les salaires du personnel administratif.

Du côté des candidats au permis de conduire, le pouvoir d’achat n’est pas au beau fixe. De nombreuses familles ne peuvent plus consacrer la somme nécessaire à une formation au permis de conduire de qualité. Le permis est-il cher ? NON, si l’on considère le montant des charges auxquelles font face les auto-écoles. Mais, OUI si l’on regarde le salaire moyen en France et les chiffres du pouvoir d’achat des jeunes. Personne ne peut prétendre que dépenser 1 800 € dans l’obtention d’un permis de conduire est indolore, surtout pour de candidats qui ont moins de 25 ans pour la plupart. C’est ce ciseau qui tue la profession : d’un côté des coûts importants pour former à la conduite et de l’autre des candidats qui souhaitent légitimement ne pas se ruiner pour avoir le droit de conduire.

La croissance impossible

Une stratégie que les auto-écoles pourraient adopter est celle de la croissance. En grossissant, des économies d’échelle sur les coûts seraient possibles, les marges pourraient se rétablir, permettant aux auto-écoles de retrouver de l'ambition pour la qualité des formations. Cependant la croissance est impossible car le système défaillant du passage de l’examen pratique, avec sa pénurie d’inspecteurs, condamne les auto-écoles à rester des petites structures. Comment former plus de candidats si on ne vous attribue que 5 places d’examen par mois ? Ces petites entreprises doivent survivre grâce aux avances de trésorerie à défaut d’être des entreprises profitables. C’est un gâchis pour tous les passionnés de l’éducation routière qui voudraient pouvoir gagner leur vie dignement.

Les principales victimes : les enseignants de la conduite

Les gérants des auto-écoles ne sont pas les seules victimes de ce modèle économique. Les enseignants de la conduite sont les grandes victimes du système de l’auto-école, probablement ceux qui souffrent le plus de la situation. En effet, certains gérants d’auto-écoles adoptent la stratégie suivante : ils maintiennent des prix hauts et font en sorte que les élèves fassent un maximum d’heures de conduite avant de passer l’examen. Du côté des coûts, ils maintiennent les charges de leur auto-école au niveau le plus bas possible, à commencer par les salaires de leurs enseignants de la conduite.

Précarisation des enseignants de la conduite

Comment justifier deux ans de formation pour obtenir le diplôme d’enseignant de la conduite, pour un coût total de formation souvent supérieur à 6 000€, si la seule perspective que nous pouvons leur offrir est une rémunération au niveau du plancher ad vitam aeternam ? Comment justifier des rémunérations au noir généralisées, les condamnant à ne pas cotiser ni à la sécurité sociale ni pour leur retraite ? Comment avoir de l’ambition pour la qualité des formations avec des conditions de travail si difficiles ?

Comment pouvons-nous avoir de l’ambition pour l’éducation routière et pour la sécurité routière, en acceptant des conditions indignes pour les enseignants de la conduite, en leur demandant d’effectuer toujours plus d’heures de conduite pour « faire du chiffre » au détriment de la qualité de la formation ? Nous avons pu échanger avec des milliers d’enseignants de la conduite, qui regrettent la difficulté de leur métier malgré la passion qu’ils ont pour la formation et la sécurité routière. Ce métier demande rigueur, discipline et attention de tous les instants. Nous pensons qu’il est important que tous les professionnels de la sécurité routière bénéficient d’une meilleure situation financière et d’une plus grande souplesse dans l’organisation de leur travail.

Vous comprenez pourquoi cette profession d’enseignant de la conduite est sacrifiée et sans aucune perspective. C’est une réalité : le modèle économique des auto-écoles traditionnelles ne permet pas d’offrir des conditions acceptables aux enseignants de la conduite. Et sans enseignants valorisés, aucune éducation routière de qualité n’est possible.

Les auto-écoles en ligne proposent des solutions pragmatiques

Beaucoup de détracteurs accusent les auto-écoles en ligne de paupériser les enseignants avec le statut d’auto-entrepreneurs, alors qu’ils n’ont jamais proposé de solutions pour revaloriser ce métier. Depuis 30 ans, le métier d’enseignant de la conduite est celui qui compte le turn-over le plus important, toutes professions confondues. Le modèle d’Ornikar permet à des enseignants de la conduite ambitieux d’améliorer significativement leurs revenus. En proposant une formation au code de la route à un prix très agressif, nous pouvons assurer aux enseignants de la conduite un flux d’élèves pour remplir leurs plannings.

Beaucoup de membres de la profession pensent qu’Ornikar n’est qu’une plateforme de mise en relation et qu’elle ne se soucie pas des conditions de travail de ses partenaires. C’est tout le contraire : nous continuerons à nous battre pour que les enseignants de la conduite diplômés puissent exercer leur métier de formateur dans les meilleures conditions et bénéficier d’une compensation financière à la hauteur de leurs compétences. Nombre d’enseignants de la conduite voient les auto-écoles en ligne comme un tremplin pour évoluer dans leur carrière.

Réformer le secteur

La seule solution est une réforme d’ampleur, aussi bien économique que politique, pour redonner du souffle au secteur de l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière ; pour sauver nos ambitions pédagogiques. Il faut reconnaître que les vrais professionnels de l’enseignement de la conduite sont les enseignants eux-mêmes. Il est donc urgent de :
- Favoriser l’exercice de leur métier en tant qu’indépendant ;
- Réformer le système de l’examen pratique pour faire sauter ce « bouchon », qui constitue la racine du mal du secteur. La réforme de l’examen du code de la route montre la voie ;
- Baisser la TVA pour les auto-écoles, afin d’aligner ce secteur sur les autres activités d’enseignement. Cette mesure donnera un bol d’air frais à l’ensemble de la profession et permettra une cohabitation saine entre les modèles en ligne et les acteurs traditionnels.
- Continuer à reconnaître qu’une formation de la conduite ne peut qu’être assurée par des vrais enseignants diplômés.

En avant !

Ornikar, avec d’autres, se bat depuis 4 ans pour faire émerger un nouveau paradigme de l’enseignement de la conduite en France. Nos deux piliers, qui sont les enseignants indépendants et le candidat libre, permettent de répondre de manière pragmatique aux difficultés : rendre le permis plus accessible à nos concitoyens tout en permettant aux enseignants de mieux gagner leur vie. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir et de choses à construire, mais la route est toute tracée pour redéfinir en profondeur l’organisation de l’éducation routière en France grâce à la puissance des nouvelles technologies et ainsi moderniser la formation au permis de conduire. Il est temps de s’unir, auto-écoles traditionnelles et auto-écoles en ligne, pour nos jeunes et pour tous les passionnés qui les forment chaque jour à devenir des conducteurs responsables.


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